ACTE DEUXIÈME                              


(La Kermesse, a l'une des portes de la 
ville, à gauche se tient une auberge 
dont l'enseigne représente Bacchus 
le Dieu du Vin.)

LES ÉTUDIANTS
Vin ou bière,
Bière ou vin,
Que mon verre
Soit plein!
Sans vergogne,
Coup sur coup,
Un ivrogne
Boit tout!

WAGNER
Jeune adepte
Du tonneau
N'en excepte
Que l'eau!
Que ta gloire,
Tes amours
Soient de boire
Toujours!

LES ÉTUDIANTS
Jeune adepte
Du tonneau etc.

(Trinquent et boivent)

LES SOLDATS
Filles ou forteresses,
C'est tout un, morbleu!
Vieux burgs, jeunes maîtresses,
Sont pour nous un jeu!
Celui qui sait s'y prendre,
Sans trop de façon,
Les oblige à se rendre
En payant rançon,
En payant rançon!

LES BOURGEOIS
Aux jours de dimanche et de fête;
J'aime à parler guerre et combats;
Tandis que les peuples là-bas
Se cassent la tête.
Je vais m'asseoir sur les coteaux
Qui sont voisins de la rivière
Et je vois passer les bateaux
En vidant mon verre!

(Entre un groupe des jeunes filles)

LES JEUNES FILLES
Voyez ces hardis compères,
Qui viennent là-bas;
Ne soyons pas trop sévères,
Retardons le pas

(Entre un deuxième groupe des étudiants)

LES JEUNES ÉTUDIANTS
Voyez ces mines gaillardes
Et ces airs vainqueurs!
Amis soyons sur nos gardes,
Tenons bien nos coeurs

LES MATRONES
Voyez après ces donzelles
Courir ces messieurs!
Nous sommes aussi bien qu'elles,
Sinon beaucoup mieux

LES JEUNES FILLES
On voudrait plaire,
Mais c'est en vain!
On voudrait plaire
Mais c'est en vain, en vain

(aux femmes les plus âgées)

De votre colère
Nous ne craignons rien!
Front qui se renfrogne
Rougit, voilà tout!
Un galant m'accepte,
Je le prends au mot
Certes l'on doit croire
A vox beaux discours!
De votre colère
Nous ne craignons rien

LES MATRONES
Vous voulez plaire,
On le sait bien!
Vous voulez plaire
Le mot est fin!

(aux jeunes filles)

Vous voulez leur plaire,
Nous le savons bien,
Soyez sans vergogne.
Comme ils sont sans goût.
Il faut être inepte,
Je le dis tout haut,
Pour se faire gloire
De telles amours!
vous voulez leur plaire
Nous le savons bien!

LES BOURGEOIS
Allons, voisin!
Vidons un verre de vin
Allons, voisin!
Vidons un verre du vin
Ma femme grogne
Sur tout.
Toujours il faut l'en croire
Ma femme grogne, grogne sur tout
Il faut l'en croire, l'en croire toujours.
Vidons un verre, un verre de vin!
Allons, voisin!
Vidons, un verre de vin!

LES JEUNES ÉTUDIANTS
De cette affaire
Voyons la fin!
Voyez leur colère,
Voyez leur maintien!
Leur front se renfrogne,
Elles ont du goût!
Gageons qu'on m'accepte
Dès le premier mot,
Fille au bras d'ivoire,
Voilà mes amours,
Oui, voilà, voilà mes amours!
Voyez leur colère
Voyez leur maintien!

LES ÉTUDIANTS
Vive le vin!
Vive le vin,
Vive le vin
Le vin, le vin,
Vin ou bière,
Bière ou vin,
Que mon verre
Soit plein!
Sans vergogne
Coup sur coup,
Un ivrogne,
Boit tout.
Jeune adepte
Du tonneau,
N'en excepte
Que l'eau
Que la gloire,
Tes amours
Soient boire
Toujours!
Jeune adepte
Du tonneau
N'en excepte
Que l'eau,
Que la gloire
Tes amours
soient de boire
Toujours!
Vin ou bière,
Bière ou vin,
Que mon verre
Soit plein!
Que mon verre
Soit plein

LES SOLDATS
Vive la guerre!
Métier divin!
Pas de beauté fière,
Nous savons leur plaire,
Nous savons leur plaire
E un tour de main!
Allons en besogne,
Sans peur ni vergogne,
A l'assaut partout
De ce grand précepte
Fier soldat n'excepte
Femme ni château,
Et couvert de gloire,
Chante la victoire
Au bruit des tambours!
Pas de beauté fière
Nous savons leur plaire
En un tour de main!
Nous savons leur plaire.

Scène, Récitatif et Air

(Valentin entre, tenant dans 
sa main une médaille.)

VALENTIN
O sainte médaille
Qui me viens de ma sur,
Au jour de la bataille,
Pour écarter la mort,
Reste-là sur mon coeur!

(Il met la médaille autour de son cou.)

WAGNER
Ah! Voici Valentin qui nous cherche sans doute!

VALENTIN
Un dernier coup, messieurs, 
et mettons-nous en route!

WAGNER
Qu'as-tu donc?
Quels regrets attristent nos adieux?

VALENTIN
Comme vous, pour longtemps, 
je vais quitter ces lieux!
J'y laisse Marguerite, 
et pour veiller sur elle,
Ma mère n'est plus là!

SIÉBEL
Plus d'un ami fidèle
Saura te remplacer à ses côtés!

VALENTIN
Merci!

SIÉBEL
Sur moi tu peux compter!

ÉTUDIANTS
Comte sur nous aussi!

VALENTIN
Avant de quitter ces lieux,
Sol natal de mes aïeux,
A toi, Seigneur et Roi de cieux
Ma sur je confie.
Daigne de tout danger
Toujours, toujours la protéger,
Cette sur se chérie,
Daigne de tout danger la protéger,
Daigne la protéger de tout danger
Délivré d'une triste pensée.
J'ira chercher la gloire, 
la gloire au sein des ennemis,
Le premier, le plus brave 
au fort de la mêlée
J'ira combattre pour mon pays,
Et si, vers lui, Dieu me rappelle
Je veillerai sur toi fidèle
O Marguerite! Avant de quitter ces lieux,
Sol natal des mes aïeux
A toi, Seigneur et Roi des cieux,
Ma sur je confie!
O Roi des cieux, jette les yeux,
Protège Marguerite, Roi des cieux!

WAGNER
Allons, amis! point de vaines alarmes
A ce bon vin ne mêlons pas de larmes!
Buvons! trinquons!
Et qu'un joyeux refrain
Nous mette en train.

ÉTUDIANTS
Buvons! trinquons!
Et qu'un joyeux refrain
Nous mette en train.

WAGNER
(montant sur un escabeau)
Un rat plus poltron que brave
Et plus laid que beau,
Logeait au fond d'une cave.
Sous un vieux tonneau; un chat

MÉPHISTOPHÉLÈS
(apparaît soudain et interrompant Wagner)
Un chat Pardon!

WAGNER
Hein!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Parmi vous, de grâce.
Permettez-moi de prendre place!
Que votre ami d'abord achève sa chanson!
Moi, je vous en promets 
plusieurs de ma façon.

WAGNER
(descendant de son escabeau)
Une seule suffit, pourvu qu'elle soit bonne!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Je ferai de mon mieux 
pour n'ennuyer personne!

(Les étudiants se groupent autour de
Méphistophélès. Valentin le regard 
avec défiance)

La Ronde du Veau D'or

MÉPHISTOPHÉLÈS
Le veau d'or est toujours debout!
On encense sa puissance
D'un bout du monde à l'autre bout!
Pour fêter l'infâme idole,
Rois et peuples confondus,
Au bruit sombre des écus,
Dansent une ronde folle,
autour de son piédestal
Et Satan conduit le bal, conduit le bal

SIÉBEL ET LES TÉNORS
Et Satan conduit le bal, conduit le bal

MÉPHISTOPHÉLÈS
Le veau d'or est vainqueur des dieux!
Dans sa gloire dérisoire
Le monstre abject insulte aux cieux!
Il contemple, ô rage étrange!
A ses pieds le genre humain,
Se ruant, le fer en main,
Dans le sang et dans la fange,
Où brille l'ardent métal
Et Satan conduit le bal, conduit le bal

WAGNER ET LES BASSES
Et Satan conduit le bal, conduit le bal

Récitatif, Choral des Épées et Scène

ÉTUDIANTS
Merci de ta chanson!

VALENTIN
(pour lui-même)
Singulier personnage!

WAGNER
(tendant un verre à Méphistophélès)
Nous ferez-vous l'honneur
de trinquer avec nous?

MÉPHISTOPHÉLÈS
Volontiers!

(Il prend la main de Wagner et lui 
fait les lignes de la main)

Ah ! voici qui m'attriste pour vous !
Vous voyez cette ligne ?

WAGNER
Eh bien !

MÉPHISTOPHÉLÈS
Fâcheux présage!
Vous vous ferez tuer en montant à l'assaut!

(Wagner retire sa main avec humeur.)

SIÉBEL
Vous êtes donc sorcier?

MÉPHISTOPHÉLÈS
(prenant la main de Siébel)
Tout juste autant qu'il faut
Pour lire dans ta main 
que le sort te condamne
A ne plus toucher une fleur
Sans qu'elle se fane.

SIÉBEL
(retirant vivement sa main)
Moi!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Plus de bouquets à Marguerite!

VALENTIN
Ma sur!
Qui vous a dit son nom?

MÉPHISTOPHÉLÈS
Prenez garde, mon brave!
Vous vous ferez tuer 
par quelqu'un que je sais!

(Il prend la coupe de Wagner)

A votre santé!

(Il goûte le vin et le jette.)

Peuh! que ton vin est mauvais!
Permettez-moi de vous en offrir de ma cave.

(Il découvre un tonneau sur lequel figure 
la reproduction de Bacchus, cette dernière 
servant d'enseigne à l'auberge.)

Holà ! seigneur Bacchus, à boire!

(Le vin coule à flot du tonneau.)

Approchez-vous !
Chacun sera servi selon ses goûts!
A la santé que tout à l'heure
Vous portiez, mes amis, à Marguerite!

VALENTIN
(lui arrachant le verre des mains)
Assez!
Si je ne te fais taire à l'instant, 
que je meure!

(Le vis s'enflamme dans la vasque placée 
au-dessous du tonneau. Valentin et Wagner
tirent leurs épées.)

WAGNER
Holà!

ÉTUDIANTS
Holà!

MÉPHISTOPHÉLÈS
(se moquant)
Pourquoi trembler! vous qui me menacez?

(Valentin en position d'attaque; son épée 
fendant l'air. Méphistophélès trace un 
cercle autour de lui avec son épée.)

VALENTIN
Mon fer, ô surprise,
Dans les airs se brise!

(Valentin, ainsi que les autres, s'avance 
vers Méphistophélès, pointant sur lui les 
gardes en forme de croix de leurs épées. 
Méphistophélès retire.)

Choeur des Épées

VALENTIN, WAGNER,
SIÉBEL ET ÉTUDIANTS
De l'enfer qui vient émousser nos armes
Nous ne pouvons pas repousser les charmes

VALENTIN
Mais puisque tu brises le fer, 

SIÉBEL, WAGNER ET ÉTUDIANTS
Mais puisque tu brises le fer, 

VALENTIN
Regarde!

SIÉBEL, VALENTIN,
WAGNER ET ÉTUDIANTS
Regarde!

VALENTIN, SIÉBEL,
WAGNER ET ÉTUDIANTS
C'est une croix qui de l'enfer nous garde!

(Tous le monde s'en va. Méphistophélès
 reste seul, déprimé.)

MÉPHISTOPHÉLÈS
(remettant son épée au fourreau)
Nous nous retrouverons, mes amis!
Serviteur!

FAUST
(entrant)
Qu'as-tu donc?

MÉPHISTOPHÉLÈS
Rien!
a nous deux, cher docteur!
Ou'attendez-vous de moi?
Par où commencerai-je?

FAUST
Par où se cache la belle enfant
Que ton art m'a fait voir?
Est-ce un vain sortilège?

MÉPHISTOPHÉLÈS
Non pas ! 
mais contre nous sa vertu la protège,
Et le ciel même la défend!

FAUST
Qu'importe! Je le veux! viens! 
conduis-moi près d'elle, 
ou je me sépare de toi!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Il suffit!
Je tiens trop à mon nouvel emploi,
Pour vous laisser douter un instant 
de mon zèle.
Attendons!
Ici même, à ce signal joyeux,
La belle et chaste enfant
Va paraître à vos yeux!

Valse et Choeur 

(Les étudiants et les jeunes filles entrent
bras dessus, bras dessous, suivis des 
musiciens. Les bourgeois et les villageois
sont derrière eux. Les musiciens 
commencent à jouer.)

CHOEUR
Ainsi que la brise légère
Soulève en épais tourbillons
La poussière des sillons
Que la valse nous entraîne!
Faites retentir la plaine
De l'éclat de vos chanson

MÉPHISTOPHÉLÈS
(à Faust)
Vois ces filles gentilles!
Ne veux-tu pas
Aux plus belles
D'entre elles
Offrir ton bras?

FAUST
Non! fais trêve à ce ton moqueur,
Et laisse mon coeur à son rêve!

SIÉBEL
(entrant)
C'est par ici que doit passer Marguerite!

LES SOPRANOS
(s'approchant de Siébel)
Faut-il qu'une fille
A danser vous invite?

SIÉBEL
Non! Non! je ne veux pas valser!

CHOEUR
Ainsi que la brise légère
Soulève en épais tourbillons
La poussière des sillons
Que la valse nous entraîne!
Faites retentir la plaine
De l'éclat de vos chanson.

(Marguerite paraît.)

FAUST
La voici! c'est elle!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Eh bien! abordez-la!

SIÉBEL
(s'approche de Marguerite)
Marguerite!

MÉPHISTOPHÉLÈS
(se tient devant Siébel 
et lui barre le chemin)
Plaît-il ?

SIÉBEL
Maudit homme! encore là!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Eh quoi! mon ami, vous voilà!
Ah! ah! vraiment! mon ami vous voilà!

(Siébel recule devant Méphistophélès, 
lequel le chasse de la scène et se dirige 
vers les danseurs. Marguerite traverse 
la scène.)

FAUST
(accostant Marguerite)
Ne permettez-vous pas,
Ma belle,
Et je n'ai pas besoin qu'on me donne la main!

MARGUERITE
Non monsieur! je ne suis demoiselle, ni belle,
Et je n'ai pas besoin qu'on me donne la main!

(Elle s'en va.)

FAUST
(la contemplant)
Par le ciel!
Que de grâce, et quelle modestie!
O belle enfant! je t'aime

SIÉBEL
(revenant)
Elle est partie!

MÉPHISTOPHÉLÈS
(à Faust)
Eh bien?

FAUST
Eh bien! On me repousse!

MÉPHISTOPHÉLÈS
(riant)
Allons! à tes amours,
Je le voix, cher docteur,
Il faut prêter secours!

(Il se retire avec Faust et prennent la 
même direction que Marguerite.)

JEUNES FILLES
Qu'est-ce donc?

AUTRES JEUNES FILLES
Marguerite,
Qui de ce beau seigneur refuse la conduite.

ÉTUDIANTS
Valsons! valsons!
Valsons encore! 

JEUNES FILLES ET ÉTUDIANTS
Valsons! Valsons toujours!
Ainsi que la brise légère
Soulève en épais tourbillons
La poussière des sillons,
Que la valse vous entraîne!
Faites retenir la plaine
De l'éclat de vos chansons.
Jusqu'à prendre haleine,
Jusqu'à mourir,
Un Dieu les entraîne;
C'est le plaisir!
La terre tournoie
Et fuit loin d'eux,
Quel bruit! quelle joie
Dans tous les yeux
Jusqu'à perdre haleine,
Jusqu'à mourir
Un Dieu les entraîne;
C'est le plaisir!
ACTO SEGUNDO


(La Kermesse, una de las puertas de  
la ciudad. A la izquierda, una taberna 
que muestra la insignia de Baco
el dios del vino)

ESTUDIANTES
Vino o cerveza,
cerveza o vino,
¡que mi vaso
se llene!
Sin vergüenza,
trago a trago,
¡un borracho
se lo bebe todo!

WAGNER
¡El joven adepto
al tonel,
sólo desprecia
el agua!
¡Que tu gloria,
tus amores,
te hagan beber
siempre!

ESTUDIANTES
¡El joven adepto
al tonel etc.

(Brindan y beben.)

SOLDADOS
Muchachas o fortalezas,
¡todo es lo mismo, voto a bríos!
¡Viejos castillos, jóvenes amantes,
son un juego para nosotros!
¡Quien sabe conquistarlos
sin muchos trabajos,
les obliga a rendirse
pagando rescate!
¡pagando rescate!

BURGUESES
Los domingos y días de fiesta
me gusta hablar de guerra y de combates;
mientras allá abajo la gente
se parte la cabeza.
Voy a sentarme en las riberas
que están junto al río,
¡y veré pasar las barcas
vaciando mi vaso!

(Entra un grupo de muchachas.)

MUCHACHAS 
Mirad a esos osados compadres 
que se acercan por allí; 
no seamos muy severas, 
acortemos el paso.

(Entra un segundo grupo de estudiantes.)

JÓVENES ESTUDIANTES
¡Mirad su aspecto gallardo
y sus aires de conquista!
¡Amigos, permanezcamos en guardia!
¡Contengamos nuestros corazones!

MATRONAS
¡Ved cómo corren esos señores
tras las doncellas!
¡Nosotras estamos tan bien como ellas,
si no mejor!

MUCHACHAS
¡Querríais gustarles
pero es en vano!...
Querríais gustarles
pero es en vano, en vano...

(A las mujeres de más edad)

¡Vuestra cólera
no nos da ningún miedo!
Un ceño fruncido
y enrojecido, ¡eso es todo!
Un galán me acepta,
¡le tomo la palabra!
Desde luego son creíbles
vuestros bellos discursos.
¡Vuestra cólera
no nos da ningún miedo!

MATRONAS
Queréis gustarles,
¡lo sabemos bien!
Queréis gustarles,
¡La palabra es fin!

(A las muchachas)

Queréis gustarles,
¡lo sabemos bien!
No tenéis vergüenza,
y ellos no tienen gusto.
Hay que ser inepto,
lo digo bien alto,
para vanagloriarse
de tales amores.
Queréis gustarles,
¡lo sabemos bien!

BURGUESES
¡Vamos! ¡Compañero!
¡Bebamos un vaso de vino!
¡Vamos! ¡Compañero!
¡Bebamos un vaso de vino!
Mi mujer se queja 
de todo,
siempre hay que hacerle caso.
Mi mujer se queja, se queja de todo
Es necesario creerla, creerla siempre.
¡Bebamos un vaso, un vaso de vino!
¡Vamos! ¡Compañero!
¡Bebamos, un vaso de vino!

JÓVENES ESTUDIANTES
¡Este asunto
vamos a verlo acabar!
¡Fijaos en su cólera,
fijaos en su actitud!
Su ceño se frunce
Ellas tienen gusto.
¡Apuesto a que me acepta
desde la primera palabra!
Muchacha de brazos de marfil,
aquí tienes mi amor.
Sí, aquí , aquí tienes mi amor
¡Fijaos en su cólera,
fijaos en su actitud!

ESTUDIANTES
¡Viva el vino!
Viva el vino,
Viva el vino...
Vino, vino,
Vino o cerveza,
cerveza o vino,
¡que mi vaso
se llene!
Sin vergüenza,
¡trago a trago!
¡Un borracho!
se lo bebe todo! 
¡El joven adepto 
al tonel, 
sólo desprecia 
el agua! 
¡Que tu gloria, 
tus amores, 
te hagan beber 
siempre!
¡El joven adepto 
al tonel, 
sólo desprecia 
el agua! 
¡Que tu gloria, 
tus amores, 
te hagan beber 
siempre!
Vino o cerveza,
cerveza o vino,
¡que mi vaso
se llene!...
¡que mi vaso
se llene!...

SOLDADOS
¡Viva la guerra!
¡Oficio divino!
¡Nada de belleza orgullosa!
¡Sabemos gustarles
Sabemos gustarles
en un abrir y cerrar de ojos!
Vamos a por ellas
sin miedo ni vergüenza.
¡Al asalto por doquier!
De este gran precepto,
el fiero soldado no exceptúa
ni mujer ni castillo.
¡Y cubierto de gloria,
canta la victoria
al son de los tambores!
¡Nada de belleza orgullosa!
¡Sabemos gustarles
en un abrir y cerrar de ojos!
Sabemos gustarles

Escena, Recitativo y Aria

(Aparece Valentín, que lleva una 
medalla en la mano.)

VALENTÍN
Oh, santa medalla
que me dio mi hermana
el día de la batalla, 
para alejar la muerte,
¡descansa sobre mi corazón!

(Se pone la medalla alrededor del cuello)

WAGNER
¡Aquí llega Valentín, buscándonos sin duda!

VALENTÍN
¡Un último trago, señores, 
y pongámonos en camino!

WAGNER
¿Qué te pasa, pues?
¿Qué pesares entristecen nuestra despedida?

VALENTÍN
Como vosotros, abandonaré 
estos lugares por largo tiempo;
aquí dejo a Margarita y, 
para cuidar de ella,
¡ya no está mi madre!

SIEBEL
¡Más de un amigo fiel 
sabrá reemplazarte a su lado!

VALENTÍN
¡Gracias!

SIEBEL
Puedes contar conmigo.

ESTUDIANTES
Cuenta también con nosotros.

VALENTÍN
Antes de abandonar estos lugares,
tierra natal de mis antepasados,
a ti, Señor y Rey de los cielos,
te confío a mi hermana. 
Dígnate proteger 
siempre, siempre de todo peligro 
a esta hermana tan querida.
Dígnate de todo peligro protegerla, 
dígnate protegerla de todo peligro 
Liberado de este triste pensamiento, 
iré a buscar la gloria a tierras enemigas, 
el primero, el más valiente 
en el fragor de la lucha, 
iré a combatir por mi país. 
Y, si Dios me lleva con él, 
¡velaré fielmente por ti, 
oh, Margarita! 
Antes de abandonar estos lugares,
tierra natal de mis antepasados,
a ti, Señor y Rey de los cielos,
te confío a mi hermana. 
Oh, Rey de los cielos, levanta los ojos, 
protege a Margarita, ¡oh Rey de los cielos!

WAGNER
¡Vamos, amigos! ¡Alejad alarmas vanas!
¡No mezclemos tan buen vino con lágrimas!
¡Bebamos, brindemos, 
y que un alegre estribillo
nos ponga alegres!

ESTUDIANTES
¡Bebamos, brindemos, 
y que un alegre estribillo
nos ponga alegres!

WAGNER
(subiéndose en un escabel)
Una rata más cobarde que valiente,
y más fea que hermosa,
vivía en el fondo de una bodega,
bajo un viejo tonel; un gato...

MEFISTÓFELES
(Aparece de repente e interrumpe a Wagner.)
Un gato... ¡Perdón!

WAGNER
¿Eh?

MEFISTÓFELES
¡Por favor, permitid
que me quede con vosotros!
¡Que vuestro amigo acabe primero su canción!
¡Yo os prometo 
algunas de mi invención!

WAGNER
(bajando del escabel)
¡Basta una sola, con tal de que sea buena!

MEFISTÓFELES
¡Haré cuanto pueda 
para no aburrir a nadie!

(Los estudiantes se agrupan alrededor de 
Mefistófeles. Valentín le mira con 
desconfianza.)

Rondó del Becerro de Oro

MEFISTÓFELES
El becerro de oro permanece erguido; 
¡se ensalza su poder 
de un extremo del mundo al otro! 
¡Para festejar al ídolo infame, 
reyes y pueblos mezclados, 
al ruido lóbrego de los escudos 
bailan una loca danza 
alrededor de su pedestal! 
¡Y Satanás dirige el baile!

SIEBEL Y LOS TENORES
¡Y Satanás dirige el baile!

MEFISTÓFELES
El becerro de oro vence a los dioses;
¡en su gloria irrisoria...
el monstruo abyecto insulta a los cielos!
¡Contempla, con extraño delirio,
al género humano a sus pies
precipitándose, acero en mano,
en la sangre y en el fango,
donde brilla el ardiente metal!
¡Y Satanás dirige el baile!, dirige el baile...

WAGNER Y LOS BAJOS
¡Y Satanás dirige el baile! dirige el baile...

Recitativo, Coro de las Espadas y Escena

ESTUDIANTES
¡Gracias por tu canción!

VALENTÍN
(para sí)
¡Singular personaje!

WAGNER
(ofreciéndole un vaso a Mefistófeles)
¿Nos haréis el honor 
de brindar con nosotros?

MEFISTÓFELES
¡Encantado!

(Toma la mano de Wagner y le lee 
las líneas de la mano)

¡Ah! ¡Me apeno por vos!
¿Veis esta línea?

WAGNER
¿Y bien?

MEFISTÓFELES
¡Triste presagio!
¡Haréis que os maten al lanzaros al asalto!

(Wagner retira su mano con enojo)

SIEBEL
¿Sois acaso brujo?

MEFISTÓFELES
(toma la mano de Siebel)
¡Justo lo necesario
para leer en tu mano 
que el cielo te condena
a no tocar ninguna flor
sin que se marchite!

SIEBEL
(retirando rápidamente la mano)
¡A mí!

MEFISTÓFELES
¡No más ramos para Margarita!

VALENTÍN
¡Mi hermana!... 
¿Quién os ha dicho su nombre?

MEFISTÓFELES
Tened cuidado, valiente.
¡Os vais a hacer matar 
por alguien que yo sé!

(toma la copa de Wagner)

¡A vuestra salud!

(Prueba el vino y lo tira)

¡Puf! ¡Qué malo es tu vino!
¡Permitid que os ofrezca el de mi bodega!

(Descubre el tonel en el que figura
la reproducción de Baco, esta última
sirve de rótulo de la posada)

¡Hola, señor Baco! ¡Bebamos!

(El vino fluye a raudales del tonel)

¡Aproximaos!
¡Cada uno será servido a su gusto! 
¡A la salud de lo que brindabais, 
amigos, a la salud de Margarita!

VALENTÍN
(arrancándole el vaso de las manos)
¡Ya basta!
¡Que me muera, 
si no te hago callar en el acto!

(El vino se inflama en el pilón colocado 
debajo del tonel. Valentín y Wagner
desenvainan  sus espadas.)

WAGNER
¡Basta!

ESTUDIANTES
¡Basta!

MEFISTÓFELES
(burlándose)
¿por qué tembláis, vosotros que me amenazáis?

(Valentín en posición de ataque; su espada
cortando el aire. Mefistófeles traza un círculo
alrededor de él con su espada)

VALENTÍN
Mi arma, ¡oh sorpresa!
En el aire se quiebra.

(Valentín, al igual que los otros, avanza
hacia Mefistófeles, apuntando sobre él las
guardas en forma de cruz de sus espadas.
Mefistófeles se retira)

Coro de las Espadas

VALENTÍN, WAGNER, 
SIEBEL Y ESTUDIANTES
¡Del infierno que debilita nuestras armas, 
no podemos rechazar los encantos!...

VALENTÍN
Pero puesto que el acero quieres romper...

WAGNER Y ESTUDIANTES
Pero puesto que el acero quieres romper...

VALENTÍN
¡Mira!

SIEBEL, VALENTÍN,
WAGNER Y ESTUDIANTES
¡Mira!

VALENTÍN, SIEBEL. 
WAGNER Y ESTUDIANTES
¡Es una cruz, la que del infierno nos protege!

(Salen todos, excepto Mefistófeles
que queda solo, deprimido.)

MEFISTÓFELES
(envainando su espada)
¡Volveremos a encontrarnos, amigos!
¡A vuestro servicio!

FAUSTO
(entrando)
¿Qué pasa?

MEFISTÓFELES
¡Nada! 
¡Entre nosotros, querido doctor!
¿Qué esperas de mí? 
¿Por dónde he de empezar?

FAUSTO
¿Dónde se esconde la bella niña
que tus artes me hicieron ver?
¿Se trata de un vano sortilegio?

MEFISTÓFELES
No, en absoluto
pero de nosotros su virtud la protege;
¡y el mismo cielo la defiende!

FAUSTO
¿Qué importa? ¡Yo la quiero! ¡Rápido!
¡Condúceme hasta ella 
o me separo de ti!

MEFISTÓFELES
¡Ya basta! 
¡Me interesa demasiado mi nuevo empleo
para permitir que dudes 
ni un instante de mi celo!
¡Esperemos...! 
¡Aquí mismo, a esta alegre señal,
la bella y casta niña 
aparecerá ante tus ojos!

Vals y Coro

(Los estudiantes y las muchachas, cogidos del 
brazo y precedidos por algunos violinistas, 
invaden la escena. Les siguen los burgueses y
los aldeanos que aparecieron al principio del 
acto. Los músicos comienzan a tocar.)

CORO
Al igual que la brisa ligera
levanta en espesos torbellinos
el polvo de los surcos,
¡que el vals nos arrastre!
¡Haced retumbar la llanura
con el estallido de vuestras canciones!

MEFISTÓFELES
(a Fausto)
¡Mira qué gentiles muchachas!
¿No quieres
ofrecer tu brazo
a las más bellas
de todas?

FAUSTO
¡No! ¡Abandona ese tono burlón!
¡Y deja a mi corazón con su sueño!

SIEBEL
(entrando)
¡Por aquí ha de pasar Margarita!

MUCHACHAS
(aproximándose a Siebel)
¿Es necesario que una joven 
os invite a bailar?

SIEBEL
¡No! ¡No! ¡No quiero bailar!

CORO
Al igual que la brisa ligera
levanta en espesos torbellinos
el polvo de los surcos,
¡que el vals nos arrastre!
¡Haced retumbar la llanura
con el estallido de vuestras canciones!

(Aparece Margarita.)

FAUSTO
¡Hela aquí! ¡Es ella!

MEFISTÓFELES
¡Y bien, acércate a ella!

SIEBEL
(se aproxima a Margarita)
¡Margarita!

MEFISTÓFELES
Se pone delante de Siebel 
y le cierra el paso)
¿Mande usted?

SIEBEL
¡Maldito hombre! ¡Todavía aquí!

MEFISTÓFELES
¡Y bien! ¡Amigo mío! ¡Henos aquí!
¡Ja,,ja!¡Verdaderamente! ¡Amigo! ¡Henos aquí!

(Siebel retrocede ante Mefistófeles, el cual
lo expulsa de la escena y se dirige hacia
los bailarines. Margarita atraviesa
la escena)

FAUSTO
(abordando a Margarita)
¿Me permitís, 
bella señorita,
que os ofrezca el brazo para acompañaros?

MARGARITA
¡No, señor! Ni soy señorita, ni bella,
¡y no necesito que me ofrezcan el brazo!

(Margarita pasa ante Fausto y se aleja.)

FAUSTO
(contemplándola)
¡Cielos! 
¡Qué gracia y qué modestia!
¡Oh, bella niña, te amo!..

SIEBEL
(volviendo)
¡Se ha marchado!

MEFISTÓFELES
(a Fausto)
¿Y bien?

FAUSTO
¡Y bien! ¡Me rechaza!

MEFISTÓFELES
(riéndose)
¡Vamos! ¡A tus amores,
querido doctor, veo
que hemos de prestar ayuda!

(Mefistófeles se aleja con Fausto 
tras los pasos de Margarita.)

MUCHACHAS
¿Qué ha sido eso?

OTRAS MUCHACHAS
¡Margarita, 
que rechaza el brazo de este guapo caballero!

ESTUDIANTES
¡Bailemos! ¡Bailemos!
¡Sigamos bailando!

MUCHACHAS Y ESTUDIANTES
¡Bailemos! ¡Sigamos bailando!
Al igual que la brisa ligera...
levanta en espesos torbellinos
el polvo de los surcos,
¡que el vals nos arrastre!
¡Haced retumbar la llanura
con el estallido de vuestras canciones!
Hasta perder el aliento,
hasta morir,
un dios les arrastra,
¡es el placer!
¡La Tierra gira,
y se aleja de ellos!
¡Qué ruido, qué alegría
en todos los ojos!
Hasta perder el aliento.
hasta morir,
un dios les arrastra,
¡es el placer!...

Acto III