ACTE  DEUXIÈME 
                 (Olympia)


(París. Un riche cabinet de physicien donnant
sur une galerie dont les portes sont closées par
des tapisseries; portes latérales fermées
également par des portières. Le théâtre 
est éclairé par des bougies)

SPALANZANI
(seul, il tient la portière 
de droite soulevée)
Là! dors en paix.. 
Eh! Eh!... sage, modeste et belle, 
je rentrerai par elle 
dans les cinq cents ducats 
que la banqueroute du juif Élias me coûte! 
Reste Coppélius dont la duplicité 
pour avoir de moi quelque somme, 
peut réclamer des droits à la paternité, 
Diable d'homme!... 
Il est loin, par bonheur! 

(Hoffmann entre) 

Ah! bonjour... enchanté!...

HOFFMANN
Je viens trop tôt, peut-être? 

SPALANZANI
Comment donc, un élève... 

HOFFMANN
Indigne de son maître. 

SPALANZANI
Trop modeste, en vérité! 
Plus de vers, plus de musique, 
et vous serez en physique 
professeur de faculté. 
Vous connaîtrez ma fille, 
un sourire angélique, 

(solennel!) 

La physique est tout, mon cher! 
Olympia vaut très cher!... 

HOFFMANN
(a part)
Quel rapport la physique 
a-t-elle avec sa fille? 

SPALANZANI
(appelant)
Holà! hé!... Cochenille! 

(Cochenille paraît.) 

Fais allumer partout... 

COCHENILLE
(bégayant)
Et... le champagne

SPALANZANI
Attends! Suis-moi. 

(à Hoffmann) 

Pardon, mon cher, 
je reviens dans l'instant. 

(ils sortent.) 

HOFFMANN
(seul)
Allons! Courage et confiance. 
Je deviens un puits de science. 
Il faut tourner selon le vent. 
Pour mériter celle que j'aime, 
je saurai trouver en moi- même 
l'étoffe d'un savant... 
Elle est là... Si j'osais!

(soulevant doucement le rideau 
qui dissimule l'une des portes) 

C'est elle! 
Elle sommeille!... Qu'elle est belle! 
Ah! vivre deux! 
N'avoir qu'une même espérance, 
un même souvenir! 
Partager te bonheur, partager la souffrance,
oui, la souffrance! Partager l'avenir! 
Laisse, laisse ma flamme verser 
en toi le jour! 
Ah! laisse éclore ton âme 
aux rayons de l'amour! 
Foyer divin! 
Soleil dont l'ardeur nous pénètre 
et nous vient embraser! 
Ineffable délire où l'on sent tout son être,
oui, tout son être, se fondre en un baiser. 

NICKLAUSSE
(faisant son entrée)
Pardieu! 
J'étais bien sûr de te trouver ici! 

HOFFMANN
Chut! 

NICKLAUSSE
Pourquoi? 
C'est là que respire la belle Olympia? 
Va, mon enfant! Admire! 

HOFFMANN
C'est un ange! Oui, je l'adore! 

NICKLAUSSE
Attends à la connaître mieux! 

HOFFMANN
L'âme qu'on aime est aisée â connaître! 

NICKLAUSSE
Quoi? d'un regard? 
Par la fenêtre? 

HOFFMANN
Il suffit d'un regard 
pour embrasser les cieux! 

NICKLAUSSE
Quelle chaleur! 
Au moins sait-elle que tu l'aimes? 

HOFFMANN
Non! 

NICKLAUSSE
Écris-lui! 

HOFFMANN
Je n'ose pas. 

NICKLAUSSE
Pauvre agneau! 
Parle-lui! 

HOFFMANN
Les dangers sont les mêmes 

NICKLAUSSE
Alors, chante, morbleu! 
Pour sortir d'un tel pas! 

HOFFMANN
Monsieur Spalanzani 
n'aime pas la musique. 

NICKLAUSSE
Oui, je sais! Tous pour la physique! 
Une poupée aux yeux d'émail 
jouait aux mieux de l'éventail 
auprès d'un petit coq en cuivre; 
tous deux chantaient á l'unisson 
d'une merveilleuse façon, 
dansaient, caquetaient, semblaient vivre. 

HOFFMANN
Plaît-il? Pourquoi cette chanson? 

NICKLAUSSE
Ah! le petit coq luisant 
et vif avec un air rébarbatif, 
tournait par trois fois sur lui-même; 
par un rouage ingénieux, 
la poupée, en roulant les yeux, 
soupirait et disait. Je t'aime! 

COPPÉLIUS
(comme il entre en scène, un sac au dos)
C'est moi, Coppélius.
Doucement, prenons garde! 

SEGUNDO  ACTO 
          (Olimpia)


(París. Un suntuoso gabinete de físico
que da a una galería cuyas aberturas
están cegadas por tapices. Puertas
laterales cerradas por postigos. El
escenario está iluminado por velas)

SPALANZANI
(solo, sostiene el postigo 
de la derecha levantado)
Duerme allí en paz. ¡Je! ¡Je!
Prudente, modesta y bella.
Ella me resarcirá de los quinientos
ducados que perdí a causa 
de la bancarrota del judío Elías...
¡Queda ese el diablo de Coppelius!
Espero que no quiera reclamar
su parte de la paternidad. 
¡Diablo de hombre!.... 
¡Está lejos, por fortuna! 

(Entra Hoffmann.) 

¡Ah! ¡Hola!... ¡Encantado!... 

HOFFMANN
¿Vengo tal vez muy temprano? 

SPALANZANI
No importa, un alumno... 

HOFFMANN
Indigno de su maestro. 

SPALANZANI
¡Muy modesto, en verdad! 
No más versos, no más música.
Debéis dedicaros a la física 
y llegaréis a ser profesor de facultad...
Conoceréis a mi hija...
posee una sonrisa angelical. 

(Solemne) 

¡La física lo es todo, amigo mío!
¡Olimpia vale mucho!... 

HOFFMANN
(aparte)
¿Qué relación tendrá la física 
con su hija? 

SPALANZANI
(llamando)
¡Hola! ¡Eh!... ¡Cochenille! 

(Aparece Cochenille) 

¡Enciende todas las luces!

COCHENILLE
(tartamudeando)
Y... el champán... 

SPALANZANI
¡Aguarda! Sígueme. 

(A Hoffmann) 

Perdón, amigo mío, 
vuelvo en un instante. 

(Salen.) 

HOFFMANN
(solo)
¡Vamos! Coraje y confianza. 
Me convertiré en un pozo de ciencia.
Hay que seguir la dirección del viento. 
Para merecer a la que amo, 
sabré encontrar en mí 
la disposición de un sabio...
¡Ella está allí!... ¡Si me atreviera! 

(Levantando suavemente la cortina
que disimula una de las puertas.) 

¡Es ella! 
¡Duerme!... ¡Qué bella es! 
¡Ah! ¡Vivir juntos! 
¡Con una misma esperanza, 
un mismo recuerdo! 
¡Compartir la dicha, el sufrimiento,
sí, el sufrimiento! 
¡Compartir el futuro! 
¡Deja que mi llama te ilumine! 
¡Ah! ¡Deja que tu alma 
se abra a los rayos del amor! 
¡Fuego divino! 
¡Sol cuyo ardor nos penetra y abrasa! 
Inefable delirio en que sentimos 
todo nuestro ser, sí, todo nuestro ser, 
fundirse en un beso. 

NICKLAUSSE
(entrando)
¡Lo sabía! 
Estaba seguro de encontrarte aquí. 

HOFFMANN
¡Calla!

NICKLAUSSE
¿Por qué? 
¿Es ahí donde respira la bella Olimpia?
¡Ve, muchacho! ¡Admírala! 

HOFFMANN
¡Es un ángel! ¡Sí, la adoro! 

NICKLAUSSE
¡Espera a conocerla mejor! 

HOFFMANN
Es fácil conocer el alma que se ama. 

NICKLAUSSE
¿Qué? ¿Con sólo una mirada? 
¿Por la ventana? 

HOFFMANN
¡Basta una mirada 
para abarcar el cielo! 

NICKLAUSSE
¡Qué pasión! 
¿Sabe ella al menos que la amas? 

HOFFMANN
¡No! 

NICKLAUSSE
¡Escríbele! 

HOFFMANN
No me atrevo. 

NICKLAUSSE
¡Pobre corderillo! 
¡Háblale! 

HOFFMANN
Los peligros son los mismos. 

NICKLAUSSE
¡Canta entonces, demonios, 
para salir de esta situación! 

HOFFMANN
Al señor Spalanzani 
no le gusta la música. 

NICKLAUSSE
¡Sí, lo sé! ¡Todo por la física! 
Una muñeca de ojos esmaltados 
se abanicaba junto 
a un gallito de cobre; 
cantaban al unísono maravillosamente
bailaban, charlaban, 
parecían estar vivos de verdad. 

HOFFMANN
¿Qué? ¿Por qué esa canción? 

NICKLAUSSE
¡Ah! El gallito parecía vivo 
con cara de pocos amigos, 
giraba tres veces sobre sí mismo, 
por un ingenioso mecanismo, 
la muñeca movía los ojos, 
suspiraba y decía: ¡Te amo! 

COPPELIUS 
(entra con un saco al hombro)
Soy yo, Coppelius. 
¡Despacio, con cuidado! 

(apercevant Hoffmann) 

Quelqu'un... 

NICKLAUSSE
(se relouant)
Hein!... 

COPPÉLIUS
(à part)
Qu'est-ce donc que ce monsieur regarde?

(regardant par-dessus l'épaule
d'Hoffmann) 

Notre Olympia!... fort bien... 

NICKLAUSSE
(à part)
Leur Olympia? 

COPPÉLIUS
(à Hoffmann)
Jeune homme. 

(Elevant la voix)

Eh! monsieur! Il n'entend rien! 

(voyant qu'Hoffmann ne répond
pas, luis frappant sur l'épaule)

Monsieur! 

HOFFMANN
Plaît-il? 

COPPÉLIUS
Je me nomme Coppélius, 
un ami de monsieur Spalanzani.

(Hoffmann le salue.)

Voyez ces baromètres hygromètres,
thermomètres, au rabais, 
mais au comptant. 
Voyez, vous en serez content. 

(Vidant à terre son sac rempli 
de lorgnons, lunettes et lorgnettes.) 

Chacun de ces lorgnons 
rend noir comme le jais, 
ou blanc comme l'hermine.
Assombrit, illumine, éclaire, 
ou flétrit les objets. 
J'ai des yeux, de vrais yeux, 
des yeux vivants, des yeux de flamme, 
des yeux merveilleux 
qui vont jusque au fond de l'âme 
et qui même en bien des cas 
en peuvent prêter 
une à ceux qui n'en ont pas. 
J'ai des yeux, de vrais yeux vivants, 
des yeux de flamme. 
J'ai des yeux, de beaux yeux! Oui! 
Veux-tu voir le cur d'une femme? 
S'il est pur ou S'il est infâme! 
Ou bien préfères-tu le voir, 
le voir tout blanc quand il est noir? 
Prends et tu verras ce que tu voudras. 
Prenez mes yeux, mes yeux vivants, 
mes yeux de flamme, 
mes yeux qui percent l'âme. 
Prenez mes yeux! 

HOFFMANN
Dis-tu vrai? 

COPPÉLIUS
Voyez! 

HOFFMANN
Donne! 

COPPÉLIUS
Trois ducats! 

HOFFMANN
(soulevant la portière
il regardant)
Dieu puissant! quelle grâce rayonne 
sur son front! 

COPPÉLIUS
Trois ducats. 

HOFFMANN
Cher ange, est-ce bien toi? 

COPPÉLIUS
(faisant retomber la portière)
Trois ducats! 

HOFFMANN
Ah! pourquoi me ravir cette image 
de bonheur et d'amour? 

(Nicklausse donne les ducats á Coppélius.) 

SPALANZANI
(entrant en se frottant les 
mains, puis apercevant Coppélius)
Hein! Vous? 

COPPÉLIUS
Ce cher maître!... 

SPALANZANI
Morbleu! Il était convenu... 

COPPÉLIUS
Rien d'écrit... 

SPALANZANI
Mais... 

COPPÉLIUS
Chimère!... 
L'argent sur vous pleuvra dans peu, 
je veux tout partager. 

SPALANZANI
Ne suis-je pas le père d'Olympia? 

COPPÉLIUS
Pardon, elle a mes yeux. 

SPALANZANI
Plus bas!... 

(á part) 

Bien lui prend que j'ignore son secret. 
Mais j'y pense, oui! 

(haut) 

Voulez-vous encore cinq cents ducats?
qu'un écrit de vous m'abandonne ses yeux,
ainsi que toute sa personne, 
et voici votre argent 
sur le juif Élias. 

COPPÉLIUS
Élias? 

SPALANZANI
Une maison sûre. 

HOFFMANN 
(bas, à Nicklausse)
Quel marche peuvent-ils conclure? 

COPPÉLIUS
(écrit sur ses tablettes)
Allons, c'est dit. 

SPALANZANI
(Ils échangent leurs papiers)
Donnant, donnant! Ce cher ami! 

(Viendo a Hoffmann.) 

Hay alguien... 

NICKLAUSSE
(volviéndose)
¡Eh!... 

COPPELIUS
(para sí)
¿Qué es lo que el señor está mirando? 

(Mirando por encima del 
hombro de Hoffmann)

¡Nuestra Olimpia!... muy bien... 

NICKLAUSSE
(aparte)
¿Su Olimpia? 

COPPELIUS
(a Hoffmann)
Joven. 

(Eleva la voz)

¡Eh! ¡Señor! ¡No oye nada! 

(Viendo que Hoffmann no 
responde le golpea el hombro.)

¡Señor! 

HOFFMANN
¿Qué? 

COPPELIUS
Me llamo Coppelius, 
un amigo del señor Spalanzani. 

(Hoffmann lo saluda.)

Vendo barómetros, higrómetros,
termómetros, a buen precio...
pero al contado. 
Mirad, quedaréis satisfecho. 

(Vaciando en el suelo su saco lleno 
de quevedos, anteojos y gemelos.) 

Cada uno de estos quevedos 
hace ver negro como la pez, 
o blanco como el armiño. 
Oscurece, ilumina, aclara 
o arruina los objetos. 
Tengo ojos, verdaderos ojos, 
ojos vivientes, ojos de fuego, 
ojos maravillosos 
que llegan hasta el fondo del alma 
y que incluso en muchos casos 
pueden darle una 
a quien no la tiene. 
Tengo ojos, verdaderos ojos vivos, 
ojos de fuego. 
¡Tengo ojos, hermosos ojos! ¡Sí! 
¿Queréis ver el corazón de una mujer? 
¿Saber si es puro o infame? 
¿O bien preferís verlo blanco 
cuando en realidad es negro? 
Tomad y veréis lo que deseéis. 
Tomad mis ojos, mis ojos vivos, 
mis ojos de fuego, 
mis ojos que penetran el alma.
¡Tomad mis ojos! 

HOFFMANN
¿Es posible?

COPPELIUS
¡Comprobadlo! 

HOFFMANN
¡Deme! 

COPPELIUS
¡Tres ducados! 

HOFFMANN
(levantando la cortina y 
mirando con los lentes)
¡Dios todopoderoso! 
¡Qué gracia nimba su frente! 

COPPELIUS
Tres ducados. 

HOFFMANN
Ángel amado, ¿eres en verdad tú?

COPPELIUS
(haciendo caer el postigo)
¡Tres ducados! 

HOFFMANN
¡Ah! ¿Por qué robarme esa imagen 
de dicha y amor? 

(Nicklausse paga los ducados)

SPALANZANI
(entrando y frotándose las manos.
Luego, viendo a Coppelius)
¡Eh! ¿Vos? 

COPPELIUS
¡Mi querido maestro!... 

SPALANZANI
¡Diablos! Habíamos convenido que...

COPPELIUS
Nada hay escrito... 

SPALANZANI
Pero... 

COPPELIUS
¡Diablos!... Dentro de poco 
el dinero lloverá sobre vos; 
yo quiero compartirlo todo. 

SPALANZANI
¿No soy yo el padre de Olimpia? 

COPPELIUS
Perdón, ella tiene mis ojos. 

SPALANZANI
¡Hablad más bajo!... 

(Aparte) 

Yo no ignoro el secreto pero...
piense en él. 

(En voz alta.) 

¿Seguís pidiendo quinientos ducados? 
Que un escrito vuestro 
me ceda sus ojos y toda su persona. 
Y aquí está vuestro dinero 
un pagaré del judío Elías. 

COPPELIUS
¿Elías? 

SPALANZANI
Es un buen negocio. 

HOFFMANN
(bajo, a Nicklausse)
¿Qué negocio estarán haciendo? 

COPPELIUS
(escribiendo)
¡Bueno, está bien! 

SPALANZANI
(intercambian sus papeles)
¡Dádmelo! ¡Mi querido amigo!

(Ils s'embrassent.) 

COPPÉLIUS
Ce cher ami! 

SPALANZANI
(á part)
Va, maintenant! 
Va te faire payer! 

COPPÉLIUS 
A propos, une idée, 
Mariez Olympia!

(montrant Hoffmann)

Le jeune fou que voilà.
Ne vous ¡'a donne pas demandée? 

SPALANZANI
(l'embrassant)
Ce cher ami! 

COPPÉLIUS
(même jeu)
Ce cher ami.

(II sort en ricanant.) 

SPALANZANI
(à Hoffmann)
La physique, mon cher!. 

HOFFMANN
Ah! ... C'est une manie. 

COCHENILLE
(paraissant  au fond)
Monsieur, voilà toute la compagnie. 

LES INVITÉS
Non, aucun hôte, vraiment, non, 
mais vraiment, ne reçoit plus richement! 
Par le goût, sa maison brille! 
Tout s'y trouve réuni. 
Ça, monsieur Spalanzani, 
présentez-nous votre fille. 
On la fit faite à ravir, 
aimable, exempte de vices. 
Nous comptons nous rafraîchir 
après quelques exercices. 
Non, aucun hôte vraiment, non, 
mais vraiment ne reçoit plus richement! 

SPALANZANI
(tout en se dirigeant vers la porte de 
droite en compagnie de Cochenille)
Vous serez satisfaits, messieurs, 
dans un moment. 

NICKLAUSSE
Enfin, nous allons voir de près 
cette merveille, cette merveille sans pareille! 

HOFFMANN
Silence! La voici! 

(Entrée de Spalanzani conduisant Olympia
Cochenille les suit. Curiosité générale)

Mesdames et messieurs, 
je vous présente ma fille Olympia. 

LES INVITÉS
Charmante! Charmante! 
Elle a de très beaux yeux! 
Sa taille est fort bien prise! 
Voyez comme elle est mise! 
Il ne lui manque rien! 
Vraiment, elle est très bien! 

HOFFMANN
Ah! qu'elle est adorable! 

NICKLAUSSE
Charmante, incomparable! 

SPALANZANI
(à Olympia)
 Quel succès est le tien! 

NICKLAUSSE
Vraiment elle est très bien. 

SPALANZANI
Mesdames et messieurs, 
fière de vos bravos, 
et surtout impatiente 
d'en conquérir de nouveaux, 
ma fille, obéissant 
à vos moindres caprices, 
va, s'il vous plaît... 

NICKLAUSSE
(d part)
Passer à d'autres exercices.

SPALANZANI
 ... vous chanter un grand air, 
en suivant de la voix, talent rare! 
le clavecin ou la guitare, ou la harpe, 
á votre choix! 

COCHENILLE
La harpe! 

(Une voix basse faisant 
écho dans les coulisses)

La harpe! 

SPALANZANI
Fort bien! 
Cochenille, va vite nous chercher 
la harpe de ma fille! 

(Cochenille disparaît dans 
la chambre d'Olympia.) 

HOFFMANN
Je vais l'entendre 
... O joie! 

NICKLAUSSE
O folle passion! 

SPALANZANI
(d'Olympia)
Maîtrise ton émotion, mon enfant! 

OLYMPIA
Oui! Oui! 

COCHENILLE
(revenant avec la harpe)
Voilà! 

SPALANZANI
Messieurs, attention! 

COCHENILLE
A... attention! 

LES INVITÉS
Attention, attention. 

OLYMPIA
(Spalanzani l'accompagne à la harpe) 
Les-oiseaux-dans-la-char- mille- 
dans-les-cieux-l'astre-du- jour 
tout-parle-á-la-jeune-fille 
tout-parle-á-la-jeune-fille- d'amour! 
Ah-tout-parle-d'amour! 
Ah-Voilà-la-chanson- gentille- 
la-chanson-d'Olympia! 

(sa voix semble mourir)

Ah!... 

SPALANZANI
(extrêmement agité)
Enfin... Mais qu'est-ce qui se passe?
Cochenille! 
Fais quelque chose, voyons!

(Se abrazan.) 

COPPELIUS
¡Querido amigo! 

SPALANZANI
(aparte)
¡Vete, ahora! 
¡Si, si, vete a que te pague Elías!...

COPPELIUS
A propósito, se me ocurre una idea:
¡Casad a Olimpia! 

(Señalando a Hoffmann.) 

El joven alocado que está allí 
¿no os lo ha pedido? 

SPALANZANI
(abrazándolo)
¡Querido amigo! 

COPPELIUS
(haciendo el mismo juego)
¡Querido amigo!

(Sale riendo socarronamente)

SPALANZANI
(a Hoffmann)
¡La física, querido amigo! 

HOFFMANN
¡Ah!... ¡Es como una obsesión! 

COCHENILLE
(apareciendo por el fondo)
Señor, aquí están los invitados. 

INVITADOS
¡En verdad ningún anfitrión,
recibe con mayor riqueza!
¡Su casa brilla de buen gusto! 
Todo aquí está reunido. 
Ahora, señor Spalanzani,
presentadnos a vuestra hija. 
Dicen que es encantadora, 
amable y exenta de vicios. 
Queremos refrescarnos 
después del paseo. 
¡No, ningún anfitrión en verdad,
recibe con mayor riqueza!

SPALANZANI
(mientras se dirige hacia la puerta 
en compañía de Cochenille)
Os atenderé, señores, 
en un momento. 

NICKLAUSSE
Por fin veremos de cerca a
¡esa maravilla sin par! 

HOFFMANN
¡Silencio! ¡Aquí está! 

(Entra Spalanzani conduciendo 
a Olimpia, Cochenille los sigue)

Señoras y señores, les presento 
a mi hija Olimpia. 

INVITADOS
¡Encantadora! ¡Encantadora! 
¡Tiene muy bellos ojos! 
¡Su talle es muy esbelto! 
¡Qué bien vestida luce! 
¡No le falta nada! 
¡En verdad, es muy bonita! 

HOFFMANN
¡Ah! ¡Qué adorable es!

NICKLAUSSE
¡Encantadora, incomparable! 

SPALANZANI
(a Olimpia)
¡Cuánto éxito tienes! 

NICKLAUSSE
En realidad, es muy bella.

SPALANZANI
¡Señoras y señores, mi hija,
está orgullosa de vuestras alabanzas
e impaciente sobre todo 
de conquistar otras nuevas!
Dispuesta a obedecer 
vuestros menores caprichos, 
ella va, si así lo deseáis... 

NICKLAUSSE
(aparte)
A enseñarnos otros encantos.

SPALANZANI 
... a cantaros un gran aria,
pues posee una portentosa voz.
¡El clave, la guitarra o el arpa, 
a vuestra elección!

COCHENILLE
¡El arpa! 

(Una voz haciendo eco
desde bastidores)

¡El arpa! 

SPALANZANI
Muy bien! 
¡Cochenille, rápido, 
trae el arpa de mi hija! 

(Cochenille desaparece en la
habitación de Olimpia.)

HOFFMANN
¡Voy a oírla! 
¡Oh, alegría! 

NICKLAUSSE
¡Oh, loca pasión! 

SPALANZANI
(a Olimpia)
¡Domina tu emoción, hija mía! 

OLIMPIA
¡Sí! ¡Sí! 

COCHENILLE
(volviendo con el arpa)
¡Aquí está! 

SPALANZANI
¡Señores, atención! 

COCHENILLE
¡A... atención! 

INVITADOS
¡Atención! ¡Atención! 

OLIMPIA
(Spalanzani la acompaña al arpa)
Las aves en la enramada, 
en los cielos el astro diurno, 
todo habla a la joven 
¡todo habla a la joven de amor! 
¡Ah, todo habla de amor! 
¡Ah! Esta es la canción gentil, 
¡la canción de Olimpia! 

(su voz comienza a perder fuerza)

¡Ah! ... 

SPALANZANI
(muy angustiado)
Pero... ¿Pero qué es lo que sucede?
¡Cochenille! 
¡Vamos, haz cualquier cosa!

(on entend un bruit semblable 
à celui d'un ressort)

OLYMPIA
(comme auparavant)
Ah-Voilà-la-chanson- gentille- 
la-chanson-d'Olympia!...

LES INVITÉS
C'est la chanson d'Olympia...

OLYMPIA
Tout-ce-qui-chante- résonne- et-soupire
tour- à -tour- émeut-son-cur-qui
frissonne-d'amour! 
Ah-frissonne-d'amour! 
Ah-voilà- la-chanson-mignonne- 
la-chanson-d'Olympia. 
Ah!... 

(sa voix semble encore mourir)

SPALANZANI
(presqu'en pleurs)
Et alors ça commence!
Cochenille, tu va me faire mourir!

(le même bruit métallique)

OLYMPIA
(comme auparavant)
Ah-voilà- la-chanson-mignonne- 
la-chanson-d'Olympia. 

LES INVITÉS
C'est la chanson d'Olympia. 

(applaudissements)

HOFFMANN
(à Nicklausse)
Ah! mon ami! quel accent! 

NICKLAUSSE
Quelles gammes! 

(Cochenille emporte la harpe. Tous font
cercle autour d'Olympia qui remercie,
d'abord de la main droite, et puis de la 
main gauche. Hoffmann est transporté
d'ivresse. Un valet de pied chuchote
quelque chose à l'oreille de Spalanzani.) 

SPALANZANI
Allons, messieurs! La main aux dames! 
Le souper nous attend! 

LES INVITÉS
Le souper! Le souper! Bon cela! 

SPALANZANI
A moins qu'on ne préfère danser d'abord! 

LES INVITÉS
Non! non! le souper! bonne affaire, 
ensuite on dansera. 

SPALANZANI
Comme il vous plaira!

HOFFMANN
(s'approchant d'Olympia)
Oserai-je? 

SPALANZANI
Elle est un peu lasse; 
attendez le bal. 

(Il touche l'épaule d'Olympia.) 

OLYMPIA
Oui, oui. 

SPALANZANI
Vous voyez, jusque-là 
voulez-vous me faire la grâce 
de tenir compagnie à mon Olympia? 

HOFFMANN
O bonheur! 

SPALANZANI
(à part, riant sous cape)
Nous verrons ce qu'il lui chantera! 

NICKLAUSSE
Elle ne soupe pas? 

SPALANZANI
Non, non, non! 

NICKLAUSSE
Âme poétique! 

(Spalanzani passe derrière Olympia. 
Bruit d'un ressort. Nicklausse se 
retourne brusquement.) 

NICKLAUSSE
Plaît-il? 

SPALANZANI
Rien! la physique! 
ah! monsieur! la physique. 

COCHENILLE
Le-e souper vousous attend. 

(Spalanzani conduit Olympia 
vers un siège et la fait s'asseoir.) 

LES INVITÉS
Le souper nous attend! 
Non, aucun hôte vraiment, non, 
mais vraiment ne reçoit plus richement! 

(Spalanzani accompagne ses 
invités dans la salle à manger.) 

HOFFMANN
(une fois seul)
Ils se sont éloignés enfin! Ah! je respire!
Seuls! seuls tous deux! 
Que j'ai de choses à te dire. 
O mon Olympia, laisse-moi t'admirer! 
De ton regard charmant 
laisse-moi m'enivrer! 

(Il lui touche légèrement l'épaule.) 

OLYMPIA
Oui, oui. 

HOFFMANN
N'est-ce pas un rêve enfanté par la fièvre? 
J'ai cru voir un soupir 
s'échapper de ta lèvre! 

(I1 lui touche à nouveau l'épaule.) 

OLYMPIA
Oui, oui. 

HOFFMANN
Doux aveu, gage de nos amours, 
tu m'appartiens, 
nos curs sont unis pour toujours! 
Ah! comprends-tu, dis moi, 
cette joie éternelle des curs silencieux?
Vivants, n'être qu'une âme, 
et du même coup d'aile 
nous élancer aux cieux! 
Laisse, laisse ma flamme 
verser en toi le jour! 
Oh! laisse éclore ton âme 
aux rayons de l'amour! 

(se escucha el sonido de un 
resorte mecánico)

OLIMPIA
(continúa igual que antes)
¡Ah! Esta es la canción gentil, 
¡la canción de Olimpia!...

INVITADOS
¡Es la canción de Olimpia!...

OLIMPIA
Todo eso canta resuena y suspira
alrededor de su emocionado corazón.
¡que se estremece de amor! 
¡Ah! ¡Se estremece de amor! ¡Ah! 
Esa es la canción encantadora, 
la canción de Olimpia. 
¡Ah!... 

(su voz vuelve a perder fuerza)

SPALANZANI
(casi llorando de desesperación)
¿Qué pasa? ¡Otra vez!
¡Cochenille, me vas a matar!

(el mismo sonido metálico de antes)

OLIMPIA
(continúa)
Esa es la canción encantadora, 
la canción de Olimpia. 

INVITADOS
¡Es la canción de Olimpia!...

(todos aplauden)

HOFFMANN
(a Nicklausse)
¡Ah! ¡Amigo mío, qué acentos! 

NICKLAUSSE
¡Qué matices!

(Cochenille retira el arpa. Todos
hacen círculo en torno de Olimpia
que da las gracias, primero con 
la mano derecha, y luego con la
izquierda. Hoffmann está loco de
embriaguez) 

SPALANZANI
¡Señores, dad la mano a las damas! 
¡La cena nos aguarda!

INVITADOS
¡La cena! ¡La cena! ¡Magnífico! 

SPALANZANI
¡A menos que antes prefieran bailar!

INVITADOS
¡No! ¡No! ¡La cena! ¡Buena idea! 
Luego bailaremos. 

SPALANZANI
¡Como os plazca! 

HOFFMANN
(acercándose a Olimpia)
¿Podría?... 

SPALANZANI
Está un poco fatigada; 
aguardad al baile. 

(Toca la espalda de Olimpia.) 

OLIMPIA
¡Sí, sí! 

SPALANZANI
Ya veis, hasta entonces. 
¿queréis hacerme el favor 
de acompañar a mi Olimpia? 

HOFFMANN
¡Oh! ¡Ventura!

SPALANZANI
(aparte, riendo solapadamente)
¡Veamos lo que él le cantará! 

NICKLAUSSE
¿Ella no cena? 

SPALANZANI
¡No, no, no! 

NICKLAUSSE
¡Alma romántica!

(Spalanzani pasa por detrás de
Olimpia. Ruido de un resorte.
Nicklausse se vuelve bruscamente.) 

NICKLAUSSE
¿Qué decís? 

SPALANZANI
¡Nada! ¡La física! 
¡Ah, señor! ¡La física! 

COCHENILLE
La cena está servida.

(Spalanzani conduce a Olimpia 
hacia una silla y la hace sentar.) 

INVITADOS
¡La cena nos aguarda! 
¡Ningún anfitrión en verdad
recibe con mayor riqueza! 

(Spalanzani acompaña a 
sus invitados al comedor) 

HOFFMANN
(una vez solo)
¡Al fin se han alejado! ¡Ah! ¡Respiro!
¡Solos, solos los dos! 
¡Cuántas cosas tengo que decirte!
¡Oh, Olimpia mía, déjame admirarte! 
¡Déjame embriagarme 
con tu mirada encantadora! 

(Le toca ligeramente el hombro.)

OLIMPIA
¡Sí, sí! 

HOFFMANN
¿No es un sueño nacido de la fiebre? 
¡Creí ver un suspiro 
escapar de tus labios!

(Le toca de nuevo la espalda)

OLIMPIA
¡Sí, sí!

HOFFMANN
¡Dulce confesión, 
testimonio de nuestro amor, 
tú me perteneces, nuestros corazones
están unidos para siempre! 
¡Ah! Dime, ¿comprendes 
esta alegría eterna 
de nuestros corazones silenciosos? 
No ser más que un alma 
y en un mismo vuelo
¡elevarnos hasta el cielo! 
¡Deja que mi fuego vierta en ti la luz! 
¡Abre tu alma a los rayos del amor! 

(I1 lui presse ardemment la main. Comme
mise en mouvement par un ressort, Olympia
se lève aussitôt il se précipite de tous
côtés, pour sortir finalement par l'une des
nombreuses portes aux rideaux épais sans
repousser les rideaux de la main. Hoffmann,
stupéfait, la suit en lui faisant des
remontrances d'un bout à l'autre de 
ces évolutions.) 

Tu me fuis? qu'ai-je fait? 
Tu ne me réponds pas? 
Parle! T'ai-je irritée? 
Ah! je suivrai tes pas! 

(Comme Hoffmann se prépare à suivre
Olympia par la porte, Nicklausse 
reparaît et l'apostrophe.) 

NICKLAUSSE
Eh! morbleu! modère ton zèle! 
Veux-tu qu'on se grise sans toi? 

HOFFMANN
Nicklausse! ... je suis aimé d'elle! 
Aimé, Dieu puissant! 

NICKLAUSSE
Par ma foi, 
si tu savais ce qu'on dit de ta belle! 

HOFFMANN
Que peut-on dire? Quoi? 

NICKLAUSSE
Qu'elle est morte. 

HOFFMANN
Dieu juste! 

NICKLAUSSE
Ou ne fut pas en vie. 

HOFFMANN
Nicklausse, je suis aimé d'elle! aimé! 
Dieu puissant! 

(Il sort précipitamment; Nicklausse le suit.) 

COPPÉLIUS
(revenant, furieux)
Voleur! brigand! quelle déroute! 
Élias a fait banqueroute! 
Va, je saurai trouver 
le moment opportun pour me venger...
Volé! moi... Je tuerai quelqu'un. 

(Les invites entrent de nouveau. Coppélius
se cache dans la chambre d'Olympia. Les
musiciens commencent à jouer une valse,
au son de laquelle les invités se mettent à
danser.)

SPALANZANI
Voici les valseurs. 

COCHENILLE
(comme se fait entendre 
à nouveau l'air principal)
Voici la ritournelle! 

HOFFMANN
C'est la valse qui nous appelle. 

SPALANZANI
(conduisant Olympia vers Hoffmann)
Prends la main de monsieur, mon enfant. 

(Il lui prend la main: bruit d'un ressort.)

Allons! 

OLYMPIA
Oui, oui. 

(Hoffmann et Olympia sortent 
à droite tout en valsant.) 

LES INVITÉS
Elle danse! en cadence! 
C'est merveilleux, prodigieux! 
Place! place! 
Elle passe, elle fend l'air 
comme un éclair! 

(Pendant tout ce qui précède, Olympia
et Hoffmann ont plusieurs fois traversé 
la scène en tous sens, tournant sur
eux-mêmes à une vitesse extraordinaire.) 

LA VOIX D'HOFFMANN
(de la coulisse, avec la fureur du désespoir)
Olympia! 

SPALANZANI
Qu'on les arrête! 

LES INVITÉS
Qui de nous les arrêtera? 

NICKLAUSSE
Elle va lui casser la tête! 

(Tournoyant toujours follement, le couple
apparaît une fois encore. Nicklausse
s'avance pour les arrêter. Violemment
bousculé, il tourne trois ou quatre fois 
sur lui-même, avant de s'effondrer sur 
un canapé tout proche.) 

Eh! mille diables! 

LES INVITÉS
Patatra! 

SPALANZANI
(se précipitant à son tour en avant)
Halte-là! 

(il touche l'épaule d'Olympia; elle 
s'arrête net. Hoffmann, complètement
étourdi, s'effondre sur un canapé.
Spalanzani s'adresse aux invités.) 

Voilà.

(à Olympia)

Assez, assez, ma fille.

OLYMPIA
Oui. 

SPALANZANI
Il ne faut plus valser. 

OLYMPIA
Oui 

SPALANZANI
Assez, assez, ma fille. 
Toi, Cochenille, reconduis-la. 

COCHENILLE
(à Olympia)
Va-a donc! Va-a donc! Va! 

OLYMPIA
Oui. Ah!... ... Ah! Ah! 

LES INVITÉS
Que voulez-vous qu'on dise? 
C'est une fille exquise! 
Il ne lui manque rien! Elle est très bien! 

(Le aprieta apasionadamente la
mano. Como puesta en movimiento
por un resorte, Olimpia se incorpora
súbitamente y se abalanza en todas
direcciones, para salir finalmente por
una de las muchas puertas decoradas
con espesos cortinajes, sin apartarlos
con la mano. Hoffmann la observa
estupefacto)

¿Huyes de mí? ¿Qué he hecho? 
¿No me respondes? 
¡Habla! ¿Te he irritado? 
¡Ah, seguiré tus pasos! 

(Cuando Hoffmann se prepara a
seguir a Olimpia, Nicklausse
reaparece y lo llama.) 

NICKLAUSSE
¡Eh! ¡Demonios! ¡Modera tu ardor! 
¿Quieres que bebamos sin ti? 

HOFFMANN
¡Nicklausse!... ¡Ella me ama! 
¡Soy amado! ¡Dios todopoderoso! 

NICKLAUSSE
¡A fe mía! 
¡Si supieras lo que se dice de tu bella! 

HOFFMANN
¿Qué pueden decir? ¿Qué? 

NICKLAUSSE
Que está muerta. 

HOFFMANN
¡Santo Dios! 

NICKLAUSSE
O que nunca ha tenido vida. 

HOFFMANN
Nicklausse, ¡Me ama! ¡Soy amado! 
¡Dios todopoderoso! 

(Sale corriendo; Nicklausse lo sigue.)

COPPELIUS
(entrando, furioso)
¡Ladrón! ¡Bandido! ¡Qué derrota!
¡Elías ha quebrado! 
Sabré encontrar 
el momento para vengarme... 
¡Robarme a mí!... ¡Mataré a alguien! 

(Los invitados entran nuevamente.
Coppelius se oculta en la habitación
de Olimpia. Los músicos comienzan 
a tocar un vals con cuya melodía los
invitados comienzan a bailar) 

SPALANZANI
¡He aquí están los bailarines! 

COCHENILLE
(mientras se deja escuchar 
de nuevo la melodía principal)
¡Ese es el estribillo!

HOFFMANN
El vals nos llama. 

SPALANZANI
(lleva a Olimpia hasta Hoffmann)
Toma la mano del señor, mi niña. 

(Le toma la mano, ruido de resorte.) 

¡Vamos! 

OLIMPIA
¡Sí, sí!

(Hoffmann y Olimpia salen 
por la derecha, bailando.) 

INVITADOS
¡Ella baila! ¡Cadenciosa! 
¡Es maravilloso, prodigioso! 
¡Haced sitio! ¡Dejad pasar! 
¡Ella pasa hendiendo el aire 
como un relámpago! 

(Durante lo que precede Olimpia y
Hoffmann han atravesado varias
veces el escenario girando sobre 
sí mismos a una gran velocidad)

LA VOZ DE HOFFMANN
(con el furor de la desesperación)
¡Olimpia! 

SPALANZANI
¡Que los detengan! 

INVITADOS
¿Quién de nosotros los detendrá? 

NICKLAUSSE
¡Ella le va romper la cabeza! 

(Siempre girando alocadamente la
pareja vuelve a aparecer una vez
más. Nicklausse se adelanta para
detenerlos. Tropieza violentamente.
gira sobre sí mismo, antes de
desplomarse en un sofá cercano.) 

¡Eh! ¡Por mil diablos!... 

INVITADOS
¡Crash!

SPALANZANI
(abalanzándose a hacia adelante)
¡Alto ahí!. 

(Toca el hombro de Olimpia; ella 
se detiene bruscamente. Hoffmann,
aturdido, se desploma sobre un sofá.
Spalanzani se dirige a los invitados.) 

¡Ya está! 

(A Olimpia)

¡Basta, basta, hija mía!

OLIMPIA
Sí. 

SPALANZANI
No hay que bailar más. 

OLIMPIA 

SPALANZANI
Basta, basta, hija mía. 
Tú, Cochenille, acompáñala. 

COCHENILLE
(a Olimpia)
¡Vamos, pues! ¡Vamos! 

OLIMPIA
Sí. ¡Ah!... 

INVITADOS
¿Qué queréis que digamos? 
¡Es una joven exquisita! 
¡No le falta nada! ¡Está muy bien! 

(Olympia rentre dans sa chambre,
accompagnée de Cochenille.) 

NICKLAUSSE
(examinant Hoffmann)
Est-il mort? 

SPALANZANI
Non! en somme, 
son lorgnon seul est en débris. 
Il reprend ses esprits. 

LES INVITÉS
Pauvre jeune homme! 

NICKLAUSSE
Il reprend ses esprits. 

LES INVITÉS
Pauvre jeune homme! 

(On entend, venant du côté de 
la chambre d'Olympia; un bruit 
de rouages mis en pièces.) 

LA VOIX DE COCHENILLE
(sortant du coulisse)
Ah! 

SPALANZANI
(à Cochenille, qui entre en courant, 
complètement bouleversé)
Quoi? 

COCHENILLE
L'homme aux lunettes! ... Là! 

SPALANZANI
Miséricorde! Olympia! 

HOFFMANN
Olympia!

SPALANZANI
Ah! terre et cieux! Elle est cassée! 

HOFFMANN
Cassée! 

COPPÉLIUS
(sortant de la chambre d'Olympia)
Ha! ha! ha! ha! 
oui... Fracassée!

(Hoffmann se précipite dans la 
chambre d'Olympia; Spalanzani et
Coppélius s'empoignent d la gorge.) 

SPALANZANI
Gredin!

COPPÉLIUS
Voleur! 

SPALANZANI
Brigand! 

COPPÉLIUS
Païen! 

SPALANZANI
Bandit! 

COPPÉLIUS
Pirate! 

HOFFMANN
(rappariassent, pâle et bouleversé)
Un automate! un automate! 

(ils s'affaisse sur une chaise. 
Nicklausse s'efforce de l'apaiser.) 

LES INVITÉS
Ha! ha! ha! 
la bombe éclate! 
Il aimait un automate! etc. 

(Tous répètent à satiété les mêmes 
sentiments, en s'exaltant de plus en 
plus jusqu'à la fin du second acte.) 


(Olimpia regresa a su habitación
acompañada por Cochenille.) 

NICKLAUSSE
(examinando a Hoffmann)
¿Está muerto? 

SPALANZANI
¡No! 
Sólo sus lentes se hicieron añicos. 
Se está recuperando. 

INVITADOS
¡Pobre joven! 

NICKLAUSSE
Se está recuperando. 

INVITADOS
¡Pobre joven! 

(Proveniente del lado de la
habitación de Olimpia se oye un
ruido de mecanismos destrozados.)

LA VOZ DE COCHENILLE
(saliendo de entre bastidores)
¡Ah! 

SPALANZANI
(a Cochenille, que entra corriendo,
completamente alterado)
¿Qué sucede? 

COCHENILLE
¡El hombre de los lentes!... ¡Ahí!

SPALANZANI
¡Misericordia! ¡Olimpia! 

HOFFMANN
¡Olimpia! 

SPALANZANI
¡Ah! ¡Cielos y tierra! ¡Se ha roto! 

HOFFMANN
¡Roto! 

COPPELIUS
(sale de la habitación de Olimpia)
¡Ja! ¡Ja! ¡Ja! 
¡Sí!.. ¡Totalmente destrozada! 

(Hoffmann se precipita a la
habitación de Olimpia; Spalanzani y
Coppelius se aferran por la garganta) 

SPALANZANI
¡Canalla!

COPPELIUS
¡Ladrón! 

SPALANZANI
¡Bandido! 

COPPELIUS
¡Pagano! 

SPALANZANI
¡Bandido! 

COPPELIUS
¡Pirata! 

HOFFMANN
(reaparece, pálido y trastornado)
¡Una autómata! ¡Una autómata! 

(Se desploma en una silla. Nicklausse
trata de tranquilizarlo.) 

INVITADOS 
¡Ja! ¡Ja! ¡Ja! 
¡El globo ha estallado! 
¡Amaba a una autómata! 

(Todos repiten hasta el cansancio la
misma idea, exaltándose cada vez
más hasta el fin del acto.) 


ACTE  TROISIÈME 
           (Giulietta)


(A Venise. Galerie de fête dans un palais
donnant sur le grand canal. Eau praticable
au fond pour les gondoles. Balustrade,
escaliers, colonnes lampadaires, lustres,
coussins, fleurs. Portes latérales sur le
premier plan plus loin de larges portes 
ou arcades en pans coupés, conduisant á
d'autres galeries. Les hôtes de Giulietta
sont groupés debout ou étendus sur des
coussins. Tableau brillant et animé.)

NICKLAUSSE
Belle nuit, ô nuit d'amour, 
souris à nos ivresses, 
nuit plus douce que le jour, 
ô belle nuit d'amour! 

GIULIETTA, NICKLAUSSE
Le temps fuit 
et sans retour emporte nos tendresses! 
Loin de cet heureux séjour, 
le temps fuit sans retour. 
Zéphyrs embrasés, 
versez-nous vos caresses; 
zéphyrs embrasés, 
versez-nous vos baisers, Ah! 
Belle nuit, ô nuit d'amour, 
souris à nos ivresses, 
nuit plus douce que le jour, 
ô belle nuit d'amour! 

LES INVITÉS
Ah! 

GIULIETTA, NICKLAUSSE
Ah! Ah! 

(Giulietta et Nicklausse entrent en scène,
venant lentement de la galerie du fond.) 

HOFFMANN
Et moi, ce n'est pas là, pardieu! 
ce qui m'enchante! 
Aux pieds de la beauté 
qui nous vient enivrer 
le plaisir doit-il soupirer? Non!... 
Le rire à la bouche, 
écoutez comme il chante! 
Amis! l'amour tendre et rêveur, erreur! 

LES INVITÉS
Erreur! 

HOFFMANN
L'amour dans le bruit et le vin, divin! 

LES INVITÉS
Divin! 

HOFFMANN
Que d'un brûlant désir 
votre cur s'enflamme! 
Aux fièvres du plaisir consumez votre âme!
Transports d'amour, durez un jour! 
Ah! Au diable celui qui pleure, 
pour deux beaux yeux; 
a nous l'ivresse meilleure 
des chants joyeux! 
Vivons une heure dans les cieux! Ah! 

LES INVITÉS
Au diable celui qui pleure, 
pour deux beaux yeux! 
A nous l'ivresse meilleure des chants joyeux!
Oui, vivons dans les cieux!

HOFFMANN
Le ciel te prête sa clarté, beauté. 

LES INVITÉS
Beauté! 

HOFFMANN
Mais vous cachez, 
ô curs de fer, 
l'enfer! 

LES INVITÉS
L'enfer! 

HOFFMANN
Bonheur du paradis, où l'amour convie,
serments, espoirs maudits, 
rêves de la vie! O chastetés! 
O puretés, mentez! mentez! Ah! 
Au diable celui qui pleure, 
pour deux beaux yeux.
A nous l'ivresse meilleure 
des chants joyeux!
Vivons une heure dans les cieux! 

LES INVITÉS
Au diable celui qui pleure, 
pour deux beaux yeux!
A nous l'ivresse meilleure 
des chants joyeux! 
Oui, vivons dans les cieux! 

SCHLEMIL
(entrant en scène)
Je vois qu'on est en fête.
À merveille, madame! 

GIULIETTA
Comment!... 
Mais je vous ai pleuré trois grands jours. 

PITICHINACCIO
Dame! 

SCHLEMIL
(à Pitichinaccio)
Avorton! 

PITICHINACCIO
(à Schlemil)
Holà! 

GIULIETTA
(les calmant)
Calmez-vous! 
Nous avons un poète étranger 
parmi nous. 

(présentant Hoffmann)

Hoffmann!

SCHLEMIL
(de mauvaise grâce)
Monsieur! 

HOFFMANN
(ironique)
Monsieur! 

GIULIETTA
(à Schlemil)
Souriez-nous, de grâce. 
Et venez prendre place au pharaon! 

LES INVITÉS
Vivat! Au pharaon! 

(Giulietta, après avoir invité du geste tout
le monde à la suivre dans la salle de jeu, 
se dirige vers la sortie. Hoffmann va pour
offrir sa main à Giulietta, Schlemil
intervient vivement.) 

SCHLEMIL
(prenant la main de Giulietta 
qui essaie de le calmer)
Morbleu! 

GIULIETTA
Au jeu, au jeu, messieurs! 

LES INVITÉS
(s'éloignant à la hâte)
Au jeu! au jeu! au jeu! 

TERCER  ACTO 
          (Julieta)


(En Venecia. Galería de baile en un
palacio del Gran Canal. Escalinatas,
columnas, faroles, arañas, sillones,
flores. Puertas laterales en primer
plano, más lejos puertas anchas o
arcadas en paneles, que conducen 
a otras galerías. Los huéspedes de
Julieta están agrupados de pie o
tendidos sobre almohadones. 
Cuadro brillante y animado)

NICKLAUSSE
¡Bella noche, oh, noche de amor!
Sonríe a nuestra embriaguez,
noche más dulce que el día.
¡Oh, bella noche de amor! 

JULIETA, NICKLAUSSE
¡El tiempo huye sin cesar 
y se lleva nuestras ternuras! 
Lejos de esta feliz morada, 
el tiempo huye sin cesar. 
Céfiros ardientes, 
dadnos vuestras caricias.
Céfiros ardientes, 
dadnos vuestros besos. ¡Ah! 
¡Bella noche, oh, noche de amor! 
Sonríe a nuestra embriaguez, 
noche más dulce que el día.
¡Oh, bella noche de amor! 

INVITADOS
Ah! 

JULIETA, NICKLAUSSE
¡Ah! ¡Ah! 

(lentamente Julieta y Nicklausse
vienen de la galería del fondo.) 

HOFFMANN
¿No está aquí el objeto de mi deseo?
¿Debe contenerse el amor a los pies
de la belleza que lo embriaga? 
¡No!... 
Con la risa en los labios, 
¡Escuchad como él canta! 
¡Amigos! 
¡El amor tierno y soñado error! 

INVITADOS
¡Error! 

HOFFMANN
¡El amor entre ruido y vino, divino!

INVITADOS
¡Divino! 

HOFFMANN
¡Que de ardiente deseo 
vuestro corazón se inflame! 
¡En la fiebre del placer 
consumid vuestra alma! 
¡Arrebatos de amor, duran un día!
¡Al diablo quien llora por unos ojos!
¡Para nosotros, la mejor embriaguez 
son los cantos dichosos! 
¡Vivamos pues, una hora en el cielo!

INVITADOS
¡Al diablo quien llora por unos ojos!
¡Para nosotros la mejor embriaguez 
son los cantos dichosos! 
¡Sí, vivamos en los cielos! 

HOFFMANN
El cielo os da su claridad y belleza. 

INVITADOS
¡Belleza! 

HOFFMANN
¡Pero ocultáis, 
oh, corazones de hierro, 
el infierno! 

INVITADOS
¡El infierno! 

HOFFMANN
¡Dicha del paraíso, 
a la que el amor invita, 
juramentos, esperanzas,
ilusiones de la vida!
¡Castidades, purezas! ¡Mentís! 
¡Al diablo quien llora por unos ojos!
¡Para nosotros, la mejor embriaguez
son los cantos dichosos! 
¡Vivamos pues, una hora en el cielo!

INVITADOS
Al diablo quien llora por unos ojos!
¡Para nosotros, 
la mejor embriaguez
son los cantos dichosos! 
¡Sí, vivamos en los cielos! 

SCHLEMIL
(entrando en escena)
Veo que estáis de fiesta. 
¡Qué maravilla, señora!

JULIETA
¡Cómo!... 
¡Pero si os he llorado tres largos días!

PITICHINACCIO
¡Pero señora! 

SCHLEMIL
(a Pitichinaccio)
¡Engendro! 

PITICHINACCIO
(a Schlemil)
¡Eso tú!

JULIETA
(calmándolos)
¡Calmaros, señores! 
Tenemos a un poeta extranjero 
entre nosotros. 

(Presentando a Hoffmann)

¡El señor Hoffmann! 

SCHLEMIL
(de mal modo)
¡Señor! 

HOFFMANN
(irónico)
¡Señor! 

JULIETA
(a Schlemil)
Sonreíd, por favor. 
¡Y venid a ocupar el lugar del faraón! 

INVITADOS
¡Viva! ¡Al faraón! 

(Julieta, después de invitar con un
gesto a todo el mundo a seguirla a 
la sala de juego, se dirige hacia la
salida. Hoffmann va a ofrecer su
mano a Julieta. Schlemil interviene) 

SCHLEMIL
(tomando la mano de Julieta 
que trata de calmarlo)
¡Diablos! 

JULIETA
¡Al juego, al juego, señores!

INVITADOS
(alejándose presurosos)
¡Al juego! ¡Al juego! ¡Al juego!

(Tout le monde sort, moins 
Nicklausse et Hoffmann.) 

NICKLAUSSE
(à Hoffmann)
Un mot!... 
J'ai deux chevaux sellés.
Au premier rêve dont se laisse affoler 
mon Hoffmann, je l'enlève. 

HOFFMANN
Et quels rêves, jamais, pour raient être
enfantés par de telles réalités? 
Aime-t-on une courtisane? 

NICKLAUSSE
Ce Schlemil, cependant... 

HOFFMANN
Je ne suis pas Schlemil. 

NICKLAUSSE
Prends-y garde, te diable est malin. 

(Dapertutto apparaît à l'arrière plan) 

HOFFMANN
Le fût-il s'il, me 1a fait aimer, 
je consens qu'i1 me damne. 
Allons! 

NICKLAUSSE
Allons! 

(Nicklausse et Hoffmann sortent.) 

DAPERTUTTO
(seul)
Allez!... pour te livrer combat les yeux 
de Giulietta sont une arme certaine. 
Il a fallu que Schlemil succombât... 
Foi de diable et de capitaine! 
Tu feras comme lui. 
Je veux que Giulietta 
t'ensorcelle aujourd'hui. 

(Tirant de son doigt une bague où brille 
un gros diamant et le faisant scintiller ) 

Scintille, diamant, 
miroir où se prend l'alouette, 
scintille, diamant, fascine, attire-la! 
L'alouette ou la femme 
à cet appât vainqueur 
vont de l'aile ou du cur.
L'une y laisse sa vie 
et l'autre y perd son âme. 
Ah! Scintille, diamant, 
miroir où se prend l'alouette, 
scintille, diamant, attire-la, attire-la! 

(Giulietta paraît et s'avance, comme
fascinée, vers le diamant que 
Dapertutto tend vers elle.) 

DAPERTUTTO
(passant la bague au doigt de Giulietta)
Cher ange! 

GIULIETTA
Qu'attendez-vous de votre servante? 

DAPERTUTTO
Bien, tu m'as deviné, 
à séduire les curs entre toutes savante, 
tu m'as déjà donné l'ombre de Schlemil! 
Je varie mes plaisirs et te prie 
de m'avoir aujourd'hui 
le reflet d'Hoffmann! 

GIULIETTA
Quoi! son reflet! 

DAPERTUTTO
Oui! Son reflet!... 
Tu doutes de la puissance de tes yeux? 

GIULIETTA
Non 

DAPERTUTTO
Qui sait? 
Ton Hoffmann rêve peut-être mieux 

(Avec dureté.) 

Oui, j'étais là, tout à l'heure, aux écoutes, 

(Avec ironie.)

Il te défie... 

GIULIETTA
Hoffmann?... C'est bien! ... 
dès aujourd'hui j'en ferai mon jouet. 

(Hoffmann entre.) 

DAPERTUTTO
C'est lui! 

(Dapertutto sort après avoir baisé la main
de Giulietta. Hoffmann traverse le théâtre,
salue Giulietta et fait mine de s'éloigner.) 

GIULIETTA
(à Hoffmann)
Vous me quittez?

HOFFMANN
(railleur)
J'ai tout perdu... 

GIULIETTA
Quoi!... Vous aussi!... 
Ah! vous me faites injure 
sans pitié, ne merci. Partez!... Partez!... 

HOFFMANN
Tes larmes t'ont trahie. 
Ah! je t'aime... 
fût-ce au prix de ma vie. 

GIULIETTA
Malheureux, 
tu ne comprends donc pas qu'une heure,
qu'un moment peuvent t'être funestes? 
Que mon amour te perd à jamais 
si tu restes? 
Que la mort peut ce soir 
t'arracher de mes bras? 
Ne repousse pas ma prière; 
ma vie est á toi toute entière. Pars! pars!
demain je te promets d'accompagner tes pas. 

HOFFMANN
O Dieu! 
de quelle ivresse embrases tu mon âme?
Comme un concert divin 
ta voix m'a pénétrée; 
d'un feu doux et brûlant 
mon être est dévoré; 
tes regards dans les miens 
ont épanché leur flamme 
comme des astres radieux, et je sens,
ô ma bien-aimée, passer ton haleine
embaumée sur mes lèvres et sur mes yeux, 
passer ton haleine embaumée, etc. 
O Dieu! 
de quelle ivresse embrases-tu mon âme? 
Tes regards dans les miens 
ont épanché leur flamme! 

GIULIETTA
Aujourd'hui, cependant, 
affermis mon courage 
en me laissant quelque chose de toi! 

HOFFMANN
Que veux-tu dire? 

GIULIETTA 
Ecoute, et ne ris pas de moi. 

(Todo el mundo sale, menos
Nicklausse y Hoffmann)

NICKLAUSSE
(a Hoffmann)
¡Una palabra!... 
Tengo dos caballos ensillados. 
Al primer sueño con el que Hoffmann
se deje enloquecer. ¡Me lo llevo! 

HOFFMANN
¿Y qué sueños podrían nacer 
de semejantes realidades? 
¿Puede amarse a una cortesana? 

NICKLAUSSE
Ese Schlemil, sin embargo... 

HOFFMANN
Yo no soy Schlemil. 

NICKLAUSSE
Tened cuidado, el diablo es astuto. 

(Dapertutto aparece sin ser visto) 

HOFFMANN
Aunque lo sea, si me hace amarla, 
consiento en que me condene.
¡Vamos! 

NICKLAUSSE
¡Vamos! 

(Nicklausse y Hoffmann salen.) 

DAPERTUTTO
(solo)
¡Id!... para enamorar 
los ojos de Julieta 
son un arma segura.
Si Schlemil sucumbió... 
¡A fe de diablo y de capitán, 
que tú caerás como él! 
Quiero que Julieta te hechice hoy. 

(haciendo destellar en su dedo un
anillo con un grueso diamante.) 

Brilla, diamante, 
espejo donde se aprisiona la alondra.
¡Brilla diamante, fascínala, atráela! 
La alondra o la mujer 
hacia este atractivo cebo
van con el ala o con el corazón. 
Una deja en él la vida 
y la otra pierde su alma, 
¡ah! Brilla, diamante, 
espejo donde se aprisiona la alondra.
¡Brilla diamante, atráela, atráela! 

(Julieta aparece y se adelanta como
fascinada, hacia el diamante que
Dapertutto tiende hacia ella.) 

DAPERTUTTO
(ponen el anillo en el dedo de Julieta)
¡Ángel amado! 

JULIETA
¿Qué ordenáis a vuestra servidora? 

DAPERTUTTO
¡Bien! Has adivinado. 
Entre todas, eres la más sabia, 
para seducir corazones. 
¡Ya me diste la sombra de Schlemil! 
Yo varío mis caprichos y te pido hoy
¡el reflejo de Hoffmann! 

JULIETA
¿Qué? ¿Su reflejo? 

DAPERTUTTO
¡Sí, su reflejo!... 
¿Dudas acaso del poder de tus ojos? 

JULIETA
No 

DAPERTUTTO
¿Quién sabe? Quizás Hoffmann 
sueñe con algo mejor. 

(Con dureza.) 

Sí, yo he estado escuchando. 

(Con ironía.) 

Él te desprecia... 

JULIETA
¿Hoffmann?... ¡Está bien! ... 
Desde hoy lo haré mi juguete. 

(entra Hoffmann) 

DAPERTUTTO
¡Es él!

(Dapertutto besa la mano de Julieta y
sale, Hoffmann atraviesa la escena,
saluda a Julieta y finge alejarse.) 

JULIETA
(a Hoffmann)
¿Me abandonáis?

HOFFMANN
(burlón)
He perdido todo... 

JULIETA
¿Qué?... ¡Vos también!... 
¡Ah! Me insultáis sin piedad.
¡Marchaos!... ¡Marchaos!... 

HOFFMANN
Tus lágrimas te traicionan. 
¡Ah! Te amo... 
aún al precio de mi vida. 

JULIETA
Desdichado, 
¿no comprendes que una hora, 
un momento, pueden serte funestos? 
¿Que mi amor te perderá para siempre
si te quedas? 
¿Que la muerte puede esta noche
arrancarte de mis brazos? 
No desoigas mi ruego; 
mi vida es tuya por entero. ¡Vete!
Mañana te prometo seguir tus pasos. 

HOFFMANN
¡Oh, Dios! 
¿Con qué ebriedad enciendes mi alma?
Como un concierto divino 
tu voz me ha penetrado.
Por un fuego dulce y ardiente 
mi ser es devorado.
Tu mirada ha transmitido a la mía 
su llama como dos astros radiantes, 
y noto, ¡oh, mi bien amada!
tu aliento perfumado 
sobre mis labios y mis ojos. 
Tu aliento perfumado 
sobre mis labios y ojos. ¡Oh, Dios! 
¿Cómo enciendes mi alma?
¡Tu mirada ha transmitido a la mía
su llama! 

JULIETA
Hoy, sin embargo, 
aplaca mi enojo 
¡dejándome algo de ti! 

HOFFMANN
¿Qué quieres decir? 

JULIETA
Escucha, y no te rías. 

(Elle prend un miroir sur la tabla.) 

Ce que je veux de toi c'est 
la fidèle image qui reproduit tes traits, 
ton regard, ton visage, 
ce reflet que tu vois sur le mien se pencher. 

HOFFMANN
Quoi! mon reflet? quelle folie!

GIULIETTA
Non! car il peut se détacher de la glace polie
pour venir tout entier 
dans mon cur se cacher. 

HOFFMANN
Dans ton cur? 

GIULIETTA
Dans mon cur. 
C'est moi qui t'en supplie, Hoffmann,
comble mes vux! 

HOFFMANN
Tu le veux? 

GIULIETTA
Je le veux, sagesse ou folie, 
je l'attends, je le veux. 
Si ta présence m'est ravie... 

HOFFMANN
Extase: ivresse inassouvie! 

GIULIETTA
... je veux garder de toi... 

HOFFMANN
Etrange et doux effroi! 

GIULIETTA
... ton reflet, ton âme et ta vie! 

HOFFMANN
Mon reflet, mon âme... et ma vie!

GIULIETTA
Ami... donne-les moi! 

HOFFMANN
À toi, à toi, toujours à toi! 

GIULIETTA
Ton reflet, donne-le moi! 

HOFFMANN
À toi!

GIULIETTA
Mon cur... 

HOFFMANN
À toi! 

GIULIETTA
... l'attend de toi! Ah! 

HOFFMANN
Oui, à toi! Ah! 

TOUS LES DEUX
Aujourd'hui les larmes, 
mais demain les cieux.
Aujourd'hui les larmes, etc. 

GIULIETTA
Ne repousse pas ma prière! 
Ma vie est à toi tout entière! 
Ton reflet donne-le moi! 

HOFFMANN
Etrange et doux effroi! 
Ivresse inassouvie! 
Mon âme et ma vie à toi 
toujours á toi! 

GIULIETTA
Hoffmann! Hoffmann, 
comble mes vux! 

HOFFMANN
Giulietta! 

GIULIETTA
Ton reflet! 

HOFFMANN
Tu le veux? 

GIULIETTA
Je le veux!... 
... je l'attends! je te veux! Ah! 

HOFFMANN
Quelle folie? Tu le veux! Ah! 

(Schlemil entre suivi de Nicklausse,
Dapertutto, Pitichinaccio et 
quelques autres invites.)

GIULIETTA
(vivement)
Schlemil! 

SCHLEMIL
J'en étais sûr! Ensemble! 

(Il remonte, s'adressant aux invités.) 

Venez, messieurs, venez, 
C'est pour Hoffmann, à ce qu'il semble, 
Que nous sommes abandonnés., 

(Rires ironiques.) 

HOFFMANN
(presque parlé)
Monsieur! 

GIULIETTA
(à Hoffmann)
Silence! 

(bas) 

je t'aime, il a ma clef.

PITICHINACCIO
(à Schlemil)
Tuons-le. 

SCHLEMIL
Patience. 

DAPERTUTTO
(s'approchant d'Hoffmann)
Comme vous êtes pâle! 

HOFFMANN
Moi! 

DAPERTUTTO
(lui pressentant un miroir)
Voyez plutôt! 

HOFFMANN
(stupéfait, en regardant le miroir)
Ciel! 

NICKLAUSSE
(à Hoffmann)
Quoi? 

HOFFMANN
(avec une sorte d'effroi)
Mon reflet! J'ai perdu mon reflet 

NICKLAUSSE
(en montrant Giulietta ironiquement)
Pour madame. 

(Toma un espejo de la mesa) 

Lo que quiero de ti es la fiel imagen
que reproduce tus rasgos, tu mirada,
tu rostro, ese reflejo 
que ves inclinarse sobre el mío. 

HOFFMANN
¡Qué! ¿Mi reflejo? ¡Qué locura! 

JULIETA
¡No! Pues puede desprenderse 
del espejo pulido para venir entero 
a ocultarse en mi corazón.

HOFFMANN
¿En tu corazón? 

JULIETA 
En mi corazón. 
Yo soy quien te lo suplica, Hoffmann
¡cumple mi deseo! 

HOFFMANN
¿Tú lo quieres? 

JULIETA
Lo quiero, sea prudencia o locura, 
lo espero, lo quiero. 
Si se me niega tu presencia... 

HOFFMANN
Éxtasis. ¡Embriaguez insatisfecha! 

JULIETA
... quiero conservar de ti... 

HOFFMANN
¡Extraño y dulce terror! 

JULIETA
... tu reflejo, tu alma y la vida! 

HOFFMANN
¡Mi reflejo, mi alma... y mi vida!

JULIETA
Amigo... ¡dámelos! 

HOFFMANN
¡A ti! ¡A ti! ¡Siempre a ti! 

JULIETA
¡Tu reflejo! ¡Dámelo! 

HOFFMANN
¡A ti! 

JULIETA
Mi corazón... 

HOFFMANN
¡A ti! 

JULIETA
¡Lo espero de ti! ¡Ah! 

HOFFMANN
¡Sí! ¡A ti! ¡Ah! 

AMBOS
Hoy las lágrimas, 
pero mañana el cielo. 
Hoy las lágrimas... 

JULIETA 
¡No desoigas mi ruego! 
¡Mi vida es tuya por entero! 
¡Tu reflejo! ¡Dámelo! 

HOFFMANN
¡Extraño y dulce terror! 
¡Embriaguez insatisfecha! 
Mi alma y mi vida son tuyas. 
¡Siempre tuyas! 

JULIETA
¡Hoffmann! ¡Hoffmann! 
¡Cumple mi deseo! 

HOFFMANN
¡Julieta! 

JULIETA
¡Tu reflejo! 

HOFFMANN
¿Lo deseas? 

JULIETA
¡Lo deseo!... 
... ¡Lo espero! ¡Lo deseo! ¡Ah! 

HOFFMANN
¡Qué locura! ¿Lo deseas? ¡Ah! 

(Schlemil entra seguido de
Nicklausse, Dapertutto, 
Pitichinaccio y algunos invitados.)

JULIETA
(vivamente)
¡Schlemil! 

SCHLEMIL
¡Estaba seguro! ¡Juntos!

(Sube, dirigiéndose a los invitados.) 

¡Venid, señores, venid!
¡Al parecer es por Hoffmann
por quien ella nos ha abandonado! 

(Risas irónicas.) 

HOFFMANN
(casi hablando)
¡Señor! 

JULIETA
(a Hoffmann)
¡Silencio! 

(Por lo bajo.)

Es mi amante,... tiene mi llave. 

PITICHINACCIO
(a Schlemil)
¡Matémosle!

SCHLEMIL
Paciencia. 

DAPERTUTTO
(acercándose a Hoffmann) 
¡Qué pálido estás! 

HOFFMANN
¿Yo? 

DAPERTUTTO
(presentándole un espejo)
¡Miraros! 

HOFFMANN
(estupefacto, mirando el espejo)
¡Cielos! 

NICKLAUSSE
(a Hoffmann)
¿Qué?

HOFFMANN
(con espanto)
¡Mi imagen! ¡He perdido mi reflejo! 

NICKLAUSSE
(señalando a Julieta, irónicamente)
Por la señora. 

TOUS
(moins Hoffmann et Nicklausse 
en riant, d'une voix étouffée)
Ha! ha! ha! voyez son effroi. 

NICKLAUSSE
Ah! viens, fuyons ces lieux 
où tu perdras ton âme. 

HOFFMANN
(éperdu)
Non! non! je l'aime. Laisse-moi! Hélas! 
mon cur s'égare encore.
Mes sens se laissent embraser.
Maudit l'amour qui me dévore-
Ma raison ne peut s'apaiser. 
Sous ce front clair comme une aurore 
L'enfer même vient me griser. 
Je la hais et je l'adore. 
Je veux mourir de son baiser. 

DAPERTUTTO
(à part)
Pauvre Hoffmann, l'amour encore 
vaincinent vient t'embraser; 
Ta belle au regard d'aurore 
nous a vendu son baiser. 

GIULIETTA
(à part)
Mon bel Hoffmann, je vous adore, 
Mais n'ai point l'âme à refuser.
Ce diamant aux feux d'aurore 
qui ne me coûte qu'un baiser. 
Car je suis femme et j'adore 
ce qui me fait plus belle encore 
pour vous griser. 
Poète, il faut vous apaiser. 

SCHLEMIL
(à part)
Ce poète que j'abhorre 
aurait bientôt son baiser 
sans ce fer clair et sonore 
dont je sais fort bien user. 
Un fol amour te dévore? 
Je suis là pour t'apaiser. 
Tu prétends que l'on t'adore, 
c'est bon, nous allons causer. 

DAPERTUTTO
(à part)
Car la coquette s'adore; 
un bijou qui peut encore 
l'embellir et nous griser 
vaut bien pour elle un baiser. 

PITICHINACCIO
(à part)
Pauvre Hoffmann, 
l'amour encore,
vainement vient t'embraser. 

NICKLAUSSE, LES INVITÉS
(à part)
Hélas! son cur s'enflamme encore! 
Par elle il s'est laissé griser. 
L'amour le brûle et le dévore. 
Rien ne pourra l'apaiser. 
La perfide qu'il adore 
prend les curs pour les briser. 
Fuis la belle au front d'aurore, 
car on meurt de son baiser. 

GIULIETTA
Écoutez, messieurs, voici les gondoles, 
L'heure des barcarolles 
et celle des adieux! 

NICKLAUSSE
¿Viens-tu? 

HOFFMANN
Pas encore. 

NICKLAUSSE
Pourquoi? Bien, je comprends! adieu! 
Mais je veille sur toi. 

(i1 sort.) 

SCHLEMIL
Qu'attendez-vous, monsieur? 

HOFFMANN
Que vous me donniez certaine clef 
que j'ai juré d'avoir. 

SCHLEMIL
Vous n'aurez cette clef, monsieur, 
qu'avec ma vie! 

HOFFMANN
J'aurai donc l'une et l'autre. 

SCHLEMIL
C'est ce qu'il faut voir! En garde! 

DAPERTUTTO
Vous n'avez pas d'épée 

(lui présentant son épée)

prenez la mienne! 

HOFFMANN
Merci! 

(Hoffmann et Schlemil se battent, après
quelques passes, Schlemil est blessé à mort,
et tombe. Hoffmann, jette son épée, se
penche sur le corps de Schlemil et lui prend
une petite clef pendue à son cou. Hoffmann
s'élance dans l'appartement de Giulietta.
Pitichinaccio regarde Schlemil avec
curiosité et s'assure qu'il est bien mort.
Dapertutto ramasse tranquillement son
épée et la remet au fourreau puis il 
remonte vers la galerie ... )

CHOEUR
(dans la coulisse qui se termine 
au baisser du rideau)
Belle nuit, ô nuit d'amour! 
Souris à nos ivresses, 
nuit plus douce que le jour, 
o belle nuit d'amour! 

(Giulietta paraît dans une gondole; 
au même moment entre Hoffmann) 

HOFFMANN
Personne... 

GIULIETTA
Ha! Ha! Ha! 

DAPERTUTTO
Qu'en fais-tu maintenant?

GIULIETTA
Je te l'abandonne! 

PITICHINACCIO
(entre dans la gondole, avec une coupe)
Tenez madame, tenez! Buvez!

(a peine a-t-elle touché le verre des lèvres
elle chancelle)

HOFFMANN
Misérable! 

(Elle mort. Pitichinaccio lui s'arrache 
le diamant du doigt, éclate d'un rire 
de fou et se sauve)

NICKLAUSSE
Hoffmann! Hoffmann! Les sbires! 

(Nicklausse entraîne Hoffmann.) 
TODOS
(menos Hoffmann y Nicklausse 
riendo con voz ahogada)
¡Ja! ¡Ja! ¡Ja! Mirad su espanto. 

NICKLAUSSE
¡Ah, ven, huyamos de este lugar
donde perderás el alma!

HOFFMANN
(enloquecido)
¡No! ¡No! ¡La amo! ¡Déjame! 
¡Ay! Mi corazón se confunde más. 
Mis sentidos se inflaman.
Maldito el amor que me devora.
Mi razón no puede calmarse bajo 
esa frente clara como una aurora.
El mismo infierno me embriaga. 
La detesto y la adoro. 
Quiero morir de sus besos. 

DAPERTUTTO
(para sí)
¡Pobre Hoffmann! 
Todavía el vano amor le enardece.
Su bella mirada de aurora 
nos ha vendido sus besos. 

JULIETA
(para sí)
Mi bello Hoffmann, yo te adoro, 
pero no tengo fuerzas para rechazar
ese diamante luminoso cual aurora 
que no me cuesta más que un beso.
Pues soy mujer, y adoro 
lo que me hace más hermosa aún 
para embriagaros. 
¡Poeta, es necesario que os calméis!

SCHLEMIL
(para sí)
Ese poeta al que aborrezco 
tendría pronto su beso 
con este hierro claro y sonoro 
que sé usar muy bien. 
¿Un loco amor te devora?
Aquí estoy para calmarte. 
¿Tú pretendes que te adoren?
Está bien, vamos a conversar. 

DAPERTUTTO
(para sí)
Esta coqueta adora una joya 
que puede embellecerla aún más 
y seducirnos a todos.
¡Bien vale para ella un beso!

PITICHINACCIO
(para sí)
Pobre Hoffmann, 
el amor una vez más,
en vano te enardece. 

NICKLAUSSE, INVITADOS
(para ellos)
¡Su corazón se inflama una vez más!
Por ella se dejó embriagar. 
El amor lo enardece y lo devora. 
Nada podrá calmarlo. 
La pérfida que él adora 
toma y rompe los corazones. 
¡Huye de la bella de frente de aurora,
porque sus besos matan!

JULIETA
¡Señores, aquí están las góndolas!
¡La hora de las barcarolas 
es la de las despedidas! 

NICKLAUSSE
¿Vienes? 

HOFFMANN
Todavía no. 

NICKLAUSSE
¿Por qué? ¡Bien! ¡Ya comprendo!
¡Adiós! Pero velo por ti.

(Sale.) 

SCHLEMIL
¿A qué esperáis, señor? 

HOFFMANN
A que me deis cierta llave 
que he jurado obtener.

SCHLEMIL
¡Sólo tendréis esa llave, señor, 
al precio de mi vida! 

HOFFMANN
Tendré pues una y otra. 

SCHLEMIL
¡Eso habrá que verlo! ¡En guardia!

DAPERTUTTO
No tenéis espada 

(entregándole su espada)

¡tomad la mía! 

HOFFMANN
¡Gracias! 

(Hoffmann y Schlemil se baten.
Después de algunos lances, Schlemil
es herido de muerte y cae. Hoffmann
arroja la espada, se inclina sobre él 
y le quita una pequeña llave colgada
del cuello. Offmann se precipita a los
aposentos de Julieta. Pitichinaccio
mira a Schlemil con curiosidad y 
se asegura que está bien muerto.
Dapertutto recoge tranquilamente 
su espada y sube hacia la galería.) 

CORO
(entre bastidores, que finaliza 
al bajarse el telón)
¡Hermosa noche! ¡Oh, noche de amor! 
Sonríe a nuestra embriaguez, 
noche más dulce que el día. 
¡Oh, bella noche de amor! 

(Julieta aparece en una góndola; a la
vez que vuelve a entrar Hoffmann) 

HOFFMANN
Nadie... 

JULIETA
¡Ja! ¡Ja! ¡Ja! 

DAPERTUTTO
¿Qué harás con él ahora? 

JULIETA
¡Te lo cedo! 

PITICHINACCIO
(entra en la góndola con una copa)
¡Tomad señora, tomad! ¡bebed!

(apenas a puesto Julieta sus labios 
en la copa, cae al suelo)

HOFFMANN
¡Miserable! 

(Julieta muere, Pitichinaccio 
le arranca de su dedo el anillo 
y sale riéndose salvajemente)

NICKLAUSSE
¡Hoffmann! ¡Hoffmann! ¡Los esbirros! 

(Nicklausse se lleva a Hoffmann) 

Acto IV