ACTE III


Premier Tableau

(Le camp des anabaptistes dans une forêt de
Westphalie. En face du spectateur un étang glacé 
qui s'étend à l'horizon et qui se perd dans les 
brouillards et dans les nuages. A droite et à gauche 
une antique forêt dont les arbres bordent un côté 
d'étang. De l'autre côté de cet étang, les tendes des 
anabaptistes. Le jour et sur le déclin, on entend 
dans le lointain un bruit de combat qui augmente et 
rapproche. Des soldats anabaptistes se précipite 
au théâtre par la droite. Des femmes et des enfants, 
sortant du camp, accourent à leur rencontre au moment 
où un autre groupe de soldats entre par la gauche, 
traînant enchaînes plusieurs prisonniers, hommes et 
femmes richement vêtus, hauts barons et dames 
châtelaines, un moine, des enfants, etc.)

CHOEUR
Du sang! Du sang! Du sang que Judas succombe!
Dansons, dansons sur leur tombe!
Dansons, etc., Voilà l'hécatombe
que Dieu, Dieu vous demande encore!
Frappez l'épi quand il se lève,
et frappez l'arbre dans sa sève!
Tous tomberont sous notre glaive,
car Dieu l'a dit; il veut leur mort,
frappez, etc.
Gloire, gloire au Dieu des fidèles!

(Ils tombent à genoux acte de prière)

Te Deum laudamus!

(Ils se relèvent et menacent les prisonniers)

Dansons, dansons sur leur tombe! etc. 

MATHISEN
(se plaçant devant les prisonniers 
et s'adressant aux soldats)
Arrêtez!

PREMIER ANABAPTISTE
Quoi, ton coeur connaîtrait la pitié?

MATHISEN
Non, non, mais ces nobles Seigneurs
peuvent payer rançon.

(On emmène les prisonniers vers le camp qui est 
à gauche. En ce moment Zacharie revient du combat 
à la tête de un groupe d'anabaptistes. Il brandit sa 
hache joyeusement en signe de victoire.) 

ZACHARIE
Aussi nombreux que les étoiles,
ou bien que les flots, que les flots,
furieux de la mer,
comme un chasseur que tend ses toiles
contre les aigles du désert,
contre les aigles du désert,
vers nos phalanges immortelles
les mécréants furent poussés.
Où donc sont-ils ces guerriers si braves?
Où donc? Où donc?
Comme le sable du désert tous dispersés
dispersés, dispersés, etc.

CHOEUR
Comme le sable du désert tous dispersés
dispersés, etc.

ZACHARIE
Les mécréants aussi nombreux que les étoiles,
qui vers nous comme les flots furent poussés
où donc sont-ils?
Eux qui venaient comme un chasseur
qui tend ses toiles contre l'aigle du désert,
ces mécréants, où donc sont-ils?
Dispersés, dispersés ah! tous,
dispersés.

CHOEUR
Où donc sont-ils? où donc sont-ils, etc.
Dispersés, etc... Tous, oui, tous, etc.

ZACHARIE
Couvrant les monts, couvrant les plaines,
leurs chars qu'on voyait,
qu'on voyait défiler, défiler,
pour nous lier traînait des chaînes,
des roseaux pour flageller,
des roseaux pour flageller!
Pour nous punir, pauvres esclaves,
venaient ces maîtres courroucés;
où donc sont-ils? Ces vainqueurs si braves?
Où donc? Où donc?
Comme le sable du désert tous dispersés
tout dispersés, etc.

CHOEUR
Comme le sable dispersés, etc.

ZACHARIE
Les mécréants aussi nombreux, etc.

CHOEUR
Où donc sont-ils? Etc...

(a la fin ce couplet les soldats anabaptistes, accablés 
de fatigue, se sont assis ou étendus sur la neige pour 
reposer) 

MATHISEN
(prenant Zacharie à part)
Voici la fin du jour, nos fidèles soldats 
depuis l'aurore on tous combattu!

ZACHARIE
Pour la gloire!

MATHISEN
Aux estomacs du jeun elle ne suffit pas!

ZACHARIE
Voici venir pour eux
les fruits de la victoire;
sur cet étang glacé de tous les environs
de nombreux pourvoyeurs, le front haut,
le pied leste, accourt vers le camp!

MATHISEN 
(se frappant joyeusement les mains)
C'est la manne céleste!

ZACHARIE 
(en rient)
C'est la manne céleste!
Qui viens conforter
nos pieux bataillons, qui viens, etc.

MATHISEN
Qui viens conforter, etc.

(Pendant se choeur on voit dans le fond du théâtre, 
défiler sur l'étang glacé, des traîneaux attelés de 
chevaux, des petites voitures a quatre roues, chargées 
de provisions. La fermière est assise sur la banquette 
de devant, et un homme, debout derrière elle, pousse 
le traîneau en patinant. Des hommes, des femmes et 
des enfants, portant sur leurs têtes des paniers ou de 
pots de lait, sillonnent l'étang glacé dans les sens en 
patinant et abordent auprès du camp.)

CHOEUR
Voici les fermières,
lestes et légères,
sur leurs têtes fières 
portant les fardeaux;
leurs pieds sur la glace, 
courant avec grâce,
sans laisser de trace,
glissent sur les flots,
sans laisser de trace, etc.

DEUX PAYSANS
Achetez, achetez, achetez, achetez,
pour vous servir nous quittons las cabanes!
Achetez, tous! Loin de nous les profanes;
nous ne vendons qu'aux soldats de vrai Dieu,
nous ne vendons, etc.
Achetez, etc.

CHOEUR
Voici les fermières, etc.

(Les anabaptistes courent recevoir les provisions qu'on 
leur apporte et offrent en échange aux pourvoyeurs et 
jeunes filles des étoffes précieuses, des vases, etc., 
entassés dans le camp. Les jeunes filles, qui ont défait 
les patins se mettent a danser pendant que les soldats 
anabaptistes, qui se sont assis, boivent et mangent, 
servis par leurs femmes et leurs enfants.)

ZACHARIE
(après la danse, aux anabaptistes)
Livres-vous au repos, frères,
voici, la nuit!

(Les anabaptistes s'éloignent, on place des sentinelles;
des patrouilles partent voler autour du champ.)

Deuxième Tableau

(Le théâtre change et représente le tente de Zacharie: 
une table, des sièges, etc. Zacharie et Mathisen entrent 
ensemble par l'ouverture que les rideaux relevés 
formant au fond de la tente.)

ZACHARIE 
Tu reviens de Munster?

MATHISEN
J'ai sommé de se rendre
son gouverneur le vieil Oberthal!

ZACHARIE
Qu'a-t-il dit?

MATHISEN
Le château de son fils 
par nous réduit en cendres
là rendu furieux;
il ne veut rien entendre, l'impie!

ZACHARIE
Il a beau faire
il cèdera bientôt!

MATHISEN
Oui, mais attendant, 
si Münster nous résiste,
c'en fait dès demain
du dogme anabaptistes,
car l'empereur accourt!

ZACHARIE
Il faut donner l'assaut!
Prend trois cent de nos gens!
Saisissons L'avantage de la nuit…

MATHISEN
Mais pourtant…

ZACHARIE
Hâtons nous! Il le faut!
C'est l'ordre du Prophète!
Enflamme leur courage,
promets leur en son nom 
la gloire et le pillage!
J'ignore quel projet, quel remords,
le tourmente,
mais, Jean depuis hier retiré sous sa tente
refuse de paraître!

(Mathisen sort)

ZACHARIE
Qui marche là? Qui vive?

(Jonas arrive, suive de quelques soldats 
qui entourent Oberthal)

JONAS
Un voyageur errant,
que je viens de surprendre
aux environs de camp!
ACTO III


Cuadro Primero

(Campamento anabaptista en un bosque 
de Westfalia. Frente al espectador un lago 
congelado que se pierde en el horizonte. A 
un lado del lago, árboles; al otro, las tiendas 
de los anabaptistas. El día está declinando, 
se escucha en la lejanía un ruido de batalla 
que aumenta y se acerca. Los soldados 
anabaptistas corren de prisa por el escenario
saliendo hacia la derecha. Las mujeres y los
niños, salen del campamento, acuden a su 
encuentro en el momento en que otro grupo de 
soldados entra por la izquierda, trayendo 
encadenados a muchos prisioneros, hombres 
y mujeres ricamente vestidos, caballeros y 
damas, un monje, niños, etc.) 

CORO
¡Sangre! ¡Sangre! 
¡La sangre de Judas sucumbe!
¡Bailemos sobre su tumba! ¡Bailemos!... etc. 
¡Es una hecatombe que Dios ordena!
¡Golpead la espiga cuando se levanta!
¡Golpead el árbol cuando esté en savia!
¡Todos caerán bajo nuestra espada,
pues Dios así lo desea!
¡Golpead!... etc.
¡Gloria al Dios de los fieles!

(caen de rodillas en acto de plegaria)

¡Te Deum lauda mus!

(se alzan amenazando de nuevo a los prisioneros)

¡Bailemos sobre su tumba!... etc.

MATHISEN
(colocándose delante de los prisioneros 
y dirigiéndose a sus soldados)
¡Deteneos!

PRIMER ANABAPTISTA
¿Qué?... ¿Tu corazón conoce la piedad?

MATHISEN
No, no, pero estos nobles señores 
pueden pagar el rescate.

(Zacarías, con expresión exultante, vuelve del
combate a la cabeza de un grupo de 
anabaptistas. Él agita su hacha alegremente 
en señal de victoria)

ZACARÍAS
Tan numerosos como las estrellas,
tan incontables como las olas del furioso mar;
como un cazador que viniera a cazar
águilas en el desierto,
águilas en el desierto;
así, hacia nuestras falanges inmortales,
los descreídos fueron conducidos.
¿Dónde están aquellos guerreros tan bravos?
¿Dónde pues?... ¿Dónde?...
Como la arena del desierto: 
¡Todos dispersos! 
¡Dispersos!... etc.

CORO
Como la arena del desierto:
¡Todos dispersos!... etc.

ZACARÍAS
Los descreídos, tan numerosos como las estrellas,
que hacia nosotros, como olas, fueron conducidos
¿dónde están?
Ellos, que venían como un cazador
que tiende su red contra las águilas del desierto,
esos descreídos, ¿dónde están?
¡Dispersos, dispersos!
¡Ah, todos dispersos!

CORO
¿Dónde están? ¿Dónde?... etc.
¡Dispersos!... etc. ¡Todos, sí, todos!... etc.

ZACARÍAS
Cubriendo los montes y los llanos,
sus carros avanzaban.
Se los veía venir cargados de cadenas 
para atarnos.
¡Con varas para azotarnos!
¡Con varas para azotarnos!
¡Para castigar a los pobres esclavos
venían los amos coléricos!
¿Dónde están?... ¿Dónde?...
¿Dónde están esos bravos vencedores?
Como la arena del desierto: ¡Todos dispersos!
¡Todos dispersos!... etc.

CORO
Como la arena... etc.

ZACARÍAS
Los descreídos tan numerosos, etc.

CORO
¿Dónde están?... etc.

(al final de esta estrofa los soldados anabaptistas 
abrumados de cansancio, se sientan sobre la 
nieve para descansar)

MATHISEN
(llevando aparte a Zacarías)
El día declina, nuestros fieles soldados
han combatido desde la aurora.

ZACARÍAS
¡Por la gloria!

MATHISEN
¡Para un estómago joven, ella no es suficiente!

ZACARÍAS
Aquí están, para ellos, los frutos de la victoria.
Por todas partes, sobre este lago congelado,
numerosos colaboradores, 
con la frente alta y el pie ágil, 
acuden al campamento.

MATHISEN 
(Palmeando alegremente las manos)
¡Es el maná celestial!

ZACARÍAS 
(riendo)
Es el maná celestial
que viene a reconfortar
a nuestros piadosos batallones... etc.

MATHISEN
Que viene a confortar... etc.

(Durante el siguiente coro se ve, al fondo del 
escenario, desfilar sobre el lago, trineos tirados 
por caballos y pequeños carros cargados con 
provisiones. Una granjera esta sentada en la 
banqueta delantera y un hombre detrás de ella 
empuja el trineo patinando. Hombres, mujeres, 
y niños llevan sobre sus cabezas panes o potes 
de leche cruzando el lago en todos los sentidos 
hacia el campamento.)

CORO
Aquí llegan los granjeros,
ágiles y ligeros.
Sobre sus altivas cabezas
traen los fardos.
Sus pies sobre el hielo,
corren con gracia,
sin dejar rastro.
Deslizándose sobre las olas,
sin dejar rastro... etc.

DOS CAMPESINOS
¡Compren, compren!
¡Por servirlos abandonamos nuestras cabañas!
¡Compren! ¡No queremos a los descreídos!
¡Sólo vendemos a los soldados 
del verdadero Dios!
¡No vendemos!... etc. ¡Compren!... etc.

CORO
Aquí llegan los granjeros... etc.

(Los anabaptistas corren a recibir las 
provisiones  ofreciendo a cambio telas 
preciosas, vasos de oro y plata que se 
amontonan en el campamento. Las jóvenes 
se han quitado los patines y se ponen a bailar 
mientras que los soldados anabaptistas, beben 
y comen con sus mujeres e hijos.)

ZACARÍAS
(después del baile, a los anabaptistas)
¡Entregaos al reposo, hermanos!
¡Ya está aquí la noche!

(Los anabaptistas se acuestan. Se colocan 
centinelas. Las patrullas salen a vigilar.) 

Segundo Cuadro

(La escena cambia y muestra la tienda de 
Zacarías; una mesa, asientos, etc. Zacarías y 
Mathisen entran juntos por la abertura que 
las cortinas dejan al fondo de la tienda)

ZACARÍAS
¿Vienes de Münster?

MATHISEN
Rendirse he ordenado a su gobernador... 
¡El anciano Oberthal (padre)!

ZACARÍAS
¿Qué te ha contestado?

MATHISEN
El castillo de su hijo
quedó reducido a cenizas,
eso lo puso furioso.
¡El impío no quiere escuchar nada!

ZACARÍAS
Hicisteis bien...
¡Cederá pronto!

MATHISEN
Sí, eso espero.
Porque si Münster resiste un día más 
a los dogmas anabaptistas...
¡Dará tiempo a que el Emperador 
acuda en su ayuda!

ZACARÍAS
¡Es necesario asaltarla!
¡Toma trescientos hombres!
¡Aprovecharemos la ventaja de la noche!

MATHISEN
Entonces…

ZACARÍAS
¡Démonos prisa! ¡Es necesario!
¡Es la orden del Profeta!
Inflama el coraje de los nuestros...
¡Promételes en su nombre 
la gloria y el pillaje!
Ignoro qué remordimiento lo atormenta, 
pero Juan, desde ayer,
vive retirado en su tienda.
¡Rehúsa aparecer!
			
(Mathisen sale)

ZACARÍAS
¿Quién anda ahí?... ¿Quién vive?...

(Jonás llega, seguido de algunos 
guardias trayendo a Oberthal(hijo)

JONÁS
¡Acabo de sorprender
a un viajero errante merodeando
por los alrededores del campamento!
OBERTHAL
(avec embarras)
Egaré dans la nuit 
et dans ce bois immense…

JONAS
Il venait, m'a-t-il dit
se joindre à nous.

ZACHARIE 
(à Oberthal)
Avance!

(à Jonas)

Tu dis qu'en nos rangs
il venait à s'engager?

OBERTHAL 
(à part)
Laissons-lui son erreur,
seul moyen, je pense,
de pénétrer plus tard a Munster sans danger!

(à Jonas et Zacharie)

Sous votre bannière 
que faudra-t-il faire?
Je veux le savoir,

JONAS
Tu veux le savoir?

ZACHARIE 
Puis que tu persistes,
des anabaptistes
voici le devoir!

JONAS
Voici le devoir! 

(Jonas va à chercher au fond de la tente 
un broc et des verres, qu'il place sur la table.)

ZACHARIE 
(Comme s'il récitait une prière)
Le paysan et sa cabane
en tout le temps tu respecteras!

OBERTHAL
Je le jure! Je le jure!

ZACHARIE
Abbaye où couvent profane
par le feu tu purifieras! 

OBERTHAL
Je le jure! Je le jure!

JONAS
Les barons, les marquis, les comtes
au premier chêne tu pendras!

OBERTHAL
Je le jure! Je le jure!

ZACHARIE
Toujours et quel que soit leur comte,
leurs beaux écus d'or tu prendras!

OBERTHAL
Je le jure! Je le jure!

JONAS 
(d'un ton hypocrite)
Du reste, en bon chrétien, mon frère,
toujours saintement tu vivras,
saintement, saintement, saintement!

LES TROIS
Verse, verse, frère,
le doux choc, le doux choc de verres
fait les coeurs, les coeurs sincères,
et les vrais amis, les vrais, les vrais amis!
Verse, verse, frère,
le doux choc, etc.

ZACHARIE, JONAS
(à part)
Ah! Prenons garde frère,
vois, s'il est sincère!
Si par un faux frère
nous étions trahis, tous!

OBERTHAL
(à part)
Infâme repaire!
Race sanguinaire!
Au ciel et sur la terre
soyez tous maudits!
Au ciel, etc. Tous!

LES TROIS
Verse, verse, etc.
Le doux choc de verres
fait les coeurs sincères
et les vrais, les vrais amis!

OBERTHAL
(à part)
Infâme repaire, etc.

ZACHARIE, JONAS
(à part)
Prudence, mystère,
prend garde, mon frère, etc.
Si étions trahis, etc.

JONAS 
(s'adressant à Oberthal)
Pour pendre Munster l'invincible
dès demain tu viendras!

OBERTHAL
Oui, j'irai!

JONAS
Son gouverneur si fier,
ce traître d'Oberthal…

OBERTHAL 
(à part)
Quoi, mon père!

JONAS
…massacré!

OBERTHAL
(à part)
Juste ciel!

(à Jonas)

Massacré?

ZACHARIE, JONAS 
Massacré!

OBERTHAL
Massacré?

ZACHARIE, JONAS
Massacré! Quel plaisir! Tra, la, la...
Quel plaisir! etc. Massacré!

OBERTHAL
(à part)
O ciel! O ciel ¡Que faire?
O ciel!

JONAS
Et son fils, si je prendre,
aux créneaux des remparts sera pendu!

OBERTHAL
Vous croyez?

JONAS 
Oui, pendu!

ZACHARIE
Aux créneaux.

OBERTHAL
Quoi! Pendu?

ZACHARIE, JONAS
Aux créneaux.

OBERTHAL
Quoi! Pendu?

ZACHARIE, JONAS
Des remparts! Quel plaisir! Tra, la, la...
Quel plaisir quand il sera pendu!

OBERTHAL
(à part)
O ciel, etc.

ZACHARIE
(à Oberthal)
Tu le jures!

OBERTHAL 
(hésitant)
Quoi? Moi?

ZACHARIE
Par la Bible! 
Veux-tu jurer avec nous de le prendre?

OBERTHAL 
Quoi? Moi?

ZACHARIE 
(avec colère)
Eh bien!

OBERTHAL
(avec résolution)
Je le jure!

JONAS
(d'un ton hypocrite)
Du reste, en bon chrétien, etc.

LES TROIS
Verse, verse, etc.

JONAS
Mais pourquoi dans l'ombre demeurer ainsi?
Chassons la nuit sombre qui nous couvre ici!

(Battant le briquet)

La flamme scintille, scintille
et grâce a se fer,
de caillou pétille, pétille, pétille
et jaillit l'éclair!
O douce rencontre
qui sans doute ici
l'un à l'autre nous montre
les traits d'un ami,
d'un ami, etc. Ah!

OBERTHAL, ZACHARIE
O douce rencontre
qui sans doute ici
va montrer l'un à l'autre 
les traits d'un ami,
d'un ami, etc. Ah!

ZACHARIE
(reconnaissant Oberthal)
Ah!

JONAS
(reconnaissant Oberthal)
O ciel!

ZACHARIE
C'est lui!

OBERTHAL
(reconnaissant Jonas)
Brigand!

OBERTHAL
(con embarazo)
Perdido en la noche...
Este inmenso bosque…

JONÁS
Él me ha dicho que viene 
a unirse a nosotros.

ZACARÍAS
(a Oberthal) 
¡Acércate!

(a Jonás)

¿Y dices que a nuestras filas
él desea alistarse?

OBERTHAL 
(aparte)
Dejémosle en su error, 
es el único medio, yo pienso,
de entrar en Münster sin peligro.

(a Jonás y Zacarías)

¿Bajo vuestra bandera
qué habrá que hacer?
Lo quiero saber.

JONÁS
¿Lo quieres saber?

ZACARÍAS
Puesto que insistes,
te diré cual es el deber 
de los anabaptistas.

JONÁS
¡Éste es el deber!

(Jonás va a buscar al fondo de la tienda una 
jarra y vasos, que coloca sobre la mesa.)

ZACARÍAS 
(como recitando una plegaria)
Al campesino y a su cabaña...
¡En todo momento respetarás!

OBERTHAL
¡Lo juro! ¡Lo juro!

ZACARÍAS
Abadía o convento hereje...
¡Por el fuego purificarás!

OBERTHAL
¡Lo juro! ¡Lo juro!

JONÁS
Los barones, marqueses y condes...
¡En el primer roble tú colgarás!

OBERTHAL
¡Lo juro! ¡Lo juro!

ZACARÍAS
Pero siempre...
¡Sus hermosos escudos de oro tú tomarás!

OBERTHAL
¡Lo juro! ¡Lo juro!

JONÁS 
(con un tono hipócrita)
El resto, como buen cristiano, hermano,
siempre santamente vivirás.
¡Santamente, santamente, santamente!

LOS TRES
¡Sirve, sirve, hermano!
El dulce choque de los vasos
hace a los corazones sinceros
y verdaderos amigos.
¡Sirve, sirve, hermano!
El dulce choque... etc.

ZACARÍAS, JONÁS
(aparte)
¡Ah, cuidado hermano!
Comprobemos si es sincero...
Si fuera un falso hermano,
todos seríamos traicionados... ¡Todos!
 
OBERTHAL
(a parte)
¡Guarida de infames!
¡Raza sanguinaria!
¡En el cielo y sobre la tierra
sean todos malditos!
¡En el cielo... etc. ¡Todos!

LOS TRES 
Sirve, sirve... etc.
¡El dulce choque de los vasos
hace a los corazones sinceros
y verdaderos amigos!

OBERTHAL
(para sí)
¡Guarida de infames!

ZACARÍAS, JONÁS
(para sí)
Prudencia... secreto...
Ponte en guardia, hermano... etc.
Si fuéramos traicionados... etc.

JONÁS 
(dirigiéndose a Oberthal)
Para tomar Münster, la invencible...
¡Mañana tú vendrás con nosotros!

OBERTHAL
¡Sí, iré!

JONÁS
Su orgulloso gobernador es
el traidor d'Oberthal...

OBERTHAL 
(aparte)
Mi padre...

JONÁS
…al que masacraremos!

OBERTHAL
(para sí)
¡Justo cielo!

(a Jonás)

¿Masacrado?

ZACARÍAS, JONÁS
¡Masacrado!

OBERTHAL
¿Masacrado?

ZACARÍAS, JONÁS
¡Masacrado!... ¡Qué placer!...¡Tra, la, la!...
¡Qué placer!... etc. ¡Masacrado!

OBERTHAL
(para sí)
¡Oh, cielos!...¿Qué hacer?
¡Oh, cielos!

JONÁS
Y si agarramos a su hijo...
¡De las almenas lo colgaremos!

OBERTHAL
¿Así lo haréis?

JONÁS
¡Sí, lo colgaremos!

ZACARÍAS
¡De las almenas!

OBERTHAL
¿Colgado?...

ZACARÍAS, JONÁS
¡De las almenas!

OBERTHAL
¿Colgado?...

ZACARÍAS, JONÁS
¡De las murallas!... ¡Qué placer!... ¡Tra, la, la!...
¡Qué placer cuando lo colguemos!

OBERTHAL
(para sí)
¡Oh, cielos!... etc.

ZACARÍAS
(a Oberthal)
¡Lo juras!

OBERTHAL 
(dudando) 
¿Quién?... ¿Yo?...

ZACARÍAS
¡Por la Biblia!....
¿Quieres jurar que lo capturarás?

OBERTHAL
¿Quién?... ¿Yo?...

ZACARÍAS 
(colérico)
¡Y bien!...

OBERTHAL
(resuelto)
¡Lo juro!

JONÁS
(con tono hipócrita)
Del resto, como buen cristiano... etc.

LOS TRES
Sirve, sirve... etc.

JONÁS
Pero ¿por qué estamos a oscuras?
¡Alejemos la oscuridad!

(Encendiendo un farol)

La llama centellea...
Y gracias a este hierro,
el pedernal da chispas...
¡Y surge el resplandor! 
¡Oh, dulce encuentro
que sin duda
a unos y a otros nos otorgas
los favores de un amigo!
De un amigo... etc. ¡Ah!

OBERTHAL, ZACARÍAS
¡Oh, dulce encuentro
que sin duda
a unos y a otros nos otorgas 
los favores de un amigo!
De un amigo... etc. ¡Ah!

ZACARÍAS
(reconociendo a Oberthal)
¡Ah!

JONÁS
(reconociendo a Oberthal)
¡Cielos!

ZACARÍAS
¡Es él!

OBERTHAL
(reconociendo a Jonás)
¡El bandolero!

ZACHARIE
Oberthal!

JONAS
Cet infâme!

OBERTHAL
Mon sommelier! Fils du Satan!

JONAS
Mon ancien maître! Ah! Mon tyran!

OBERTHAL
Vous que tous les deux l'enfer réclame,
l'enfer réclame tous deux!

ZACHARIE, JONAS
Toi, toi qui fis couler notre sang!

OBERTHAL
Grand Dieu, ta juste colère
anéantira, j'espère,
cette race sanguinaire,
soyez tous maudit!
Infâme repaire!
O race perverse!
Au ciel et sur la terre
soyez tous, tous, tous,
soyez tous maudit!
O Dieu tutélaire,
ta juste colère
châtiera, j'espère,
ces bandits maudits!

ZACHARIE, JONAS
Le ciel nous éclaire, frère
a notre bannière sainte,
tu seras pendu, j'espère,
tu seras pendu!
O destin prospère!
A notre bannière 
tu seras pendu, j'espère,
pendu par un frère,
pendu par un ami!
O destin prospère, etc.

(les soldats qui étaient en sentinelles à la porte de la 
tente son accourus au bruit et entourent Oberthal)

ZACHARIE
(à Jonas lui montrant Oberthal)
Qu'on le mène au supplice!

(s'arrêtant et réfléchissant)

Ah! Qu'un moine l'escorte!

JONAS
Sans consulter le Prophète?

ZACHARIE
Il n'importe…C'est lui…va-t'en!

(Jonas sort par la gauche avec Oberthal et les soldats. 
Jean entre par la droite, l'air pensif et la tête baisse.)

ZACHARIE
(s'approchant de Jean)
Quel air pensif et soucieux?
Quand le guerrier prophète,
inspiré par les cieux,
apparaît dans sa gloire
a l'Allemagne entière
comme la France révère!

JEAN
Jeanne d'Arc, sur ses pas
fit naître des héros,
et je n'ai sur miens traînés
que de bourreaux;
je n'en irai pas plus loin!

ZACHARIE
Qu'oses tu dire?

JEAN
Que je veux voir ma mère
ma mère chérie!

ZACHARIE
Ou plutôt son trépas!
Car si tu la revis,
-Ne t'en souvient-il pas?-
Dans l'intérêt du ciel, elle expire!

JEAN
(se levant et jetant son épée)
Pour m'immoler d'abord
reprenez donc ce fer,
je vous le rends, adieu!
L'Allemagne enchaînée
Est libre par mon bras!
Ma tâche est terminée,
je n'irai pas plus loin. Non, non!

ZACHARIE
Par l'enfer! Par la mort!

(Des soldats, un tambour à la tête, conduisent à 
Oberthal à la mort. Un moine est à ses côtés et 
l'exhorta) 

JEAN
Où va se prisonnier?

ZACHARIE
Qu'à la mort il vous suive!

JEAN
Qui peut dire il mourra,
quand je dis qu'il vive?
Je lui fais grâce

(Il reconnaît Oberthal)

Que vois-je? Oberthal!

ZACHARIE
Ton courroux lui fait-il grâce encore?

JEAN
(à Zacharie)
Laissez -nous, Laissez -nous,

(avec émotion, à Oberthal)

Le voilà, le voilà celui
par qui mes jours son flétris pour toujours!
Le ciel à moi te livre!

OBERTHAL
Il est juste,
mon crime a mérité la mort!
De haut de mes créneaux,
Berthe, pure et chaste victime
pour sauver son honneur
s'élança dans les flots!

JEAN
Morte! Morte!

OBERTHAL 
Non! Non!
Et touché de remords qui me accable
Dieu voulut épargnez ce forfait au coupable;
des flots il l'a sauvée!

JEAN
Et comment? Parle!

OBERTHAL
Hier un avis sûr m'apprend
qu'on l'a vu à Munster!

JEAN
A Munster!

OBERTHAL
J'allais implorer d'elle et du ciel
mon pardon; en tes mains me voilà;
j'ai tout dit! Frappe!

JEAN
(aux soldats qui avaient la hache levée)
Epargnez le infidèle.
Berthe sur lui prononcera!
Remparts que ma pitié
n'osait en réduire en cendres,
Vous qui me cachez Berthe,
il faudra me la rendre!
Fidèles compagnons,
vous me suivrez!

MATHISEN
(accourant effrayé)
O terreur! Toi seul peux désarmer
ces cohortes rebelles;
des portes de Munster des guerriers 
sont sortis et le nôtres…
Par eux mis en fuite!…

JEAN
(suivi de Mathisen)
Courons! Courons!

Troisième Tableau

(Le théâtre change a vue et représente le camp 
des anabaptistes. Les soldats révoltés accourent 
de toutes les côtes en désordre.)

SOLDATS
(avec fureur)
Par toi Munster nous fut promis,
il dut par nous être conquis,
par toi, etc.
Tu le disais: la palme est prête,
tu nos promis cette conquête,
tu le disais, etc.
Nos soldats lâchement surpris,
sont livrés à nos ennemis,
nos soldats, etc.
Mort à l'imposteur, à l'imposteur,
au faux prophète! Mort, etc.
Prophète imposteur!
Oui, la mort au faux prophète, etc.

JEAN
(aux soldats d'un ton sévère)
Qui vous a sans mon ordre
entraînes aux combats?

PREMIER, DEUXIEME ANABAPTISTES 
(montrant Mathisen)
C'est lui!

MATHISEN
(effrayé montrant Zacharie)
C'est lui! C'est lui!

JEAN
Perfides, que mon bras devrait punir!
Et vous, insensés que vous êtes,
depuis quand au trépas
ai-je voué vos têtes 
sans y marcher devant vous?
Du Dieu qui dans ses mains
tenait la palme prête,
votre rébellion, votre rébellion
excita le courroux!

SOLDATS
A ses accents
d'un saint effroi
j'ai tressailli,
car l'Eternel, car Dieu
est encore avec lui! Encore avec lui!
Ah! Quels accents!

ZACARÍAS
¡Oberthal!

JONÁS
¡El infame!

OBERTHAL
¡Mi copero!... ¡Hijo de Satanás!

JONÁS
¡Mi antiguo amo!... ¡Ah!... ¡El tirano!

OBERTHAL
¡A vosotros dos, el infierno os reclama!
¡El infierno os reclama a los dos!

ZACARÍAS, JONÁS
¡Tú, que hiciste derramar nuestra sangre!

OBERTHAL
¡Gran Dios, tu justa cólera
espero que aniquile
a esta raza sanguinaria!
¡Sean todos malditos!
¡Guarida de infames!
¡Oh, raza perversa!
En el cielo y en la tierra
sean todos, todos, todos...
¡Sean todos malditos!
¡Oh, Dios,
tu justa cólera
espero que castigue
a estos malditos bandidos!

ZACARÍAS, JONÁS
El cielo nos ilumina, hermano.
De nuestra santa bandera espero 
que muy pronto serás colgado.
¡Serás colgado!
¡Oh, feliz casualidad!
De nuestra  bandera espero
que muy pronto serás colgado.
¡Colgado por un hermano!
¡Colgado por un amigo!
¡Oh, feliz casualidad!... etc.

(los soldados que estaban de centinelas en la 
puerta, acuden con el ruido y rodean a Oberthal)

ZACARÍAS
(a Jonás, señalando a Oberthal)
¡Que se le conduzca al suplicio!

(reflexionando)

¡Ah!... ¡Y que lo acompañe un monje!

JONÁS
¿Sin consultar al Profeta?

ZACARÍAS
¡No importa… Ahí llega …¡Vete!

(Jonás sale con Oberthal y los soldados. 
A continuación Juan entra pensativo)

ZACARÍAS
(aproximándose a Juan)
¿Qué aire tan pensativo y atormentado?
Ahora, cuando el profeta guerrero
aparece en toda su gloria 
inspirado por el cielo...
¡Tanto Alemania como Francia 
te reverencian!

JUAN
¡Juana de Arco! 
A su paso, ella hizo nacer héroes...
Y yo... no he conseguido sino 
que broten verdugos...
¡Hasta aquí he llegado!

ZACARÍAS
¿Qué quieres decir?

JUAN
Que deseo ver a mi madre...
¡Mi querida madre!

ZACARÍAS
¡O más bien su muerte!
Porque si las ves de nuevo,
¿No recuerdas?...
¡Ella expirará!

JUAN
(levantándose y tomando su espada)
¡Para inmolarme, 
retomaré este acero!
¡Os digo adiós!
¡La encadenada Alemania
está libre por mi brazo!
Mi tarea ha terminado.
¡No iré más lejos, no, no!

ZACARÍAS
¡Por el infierno!... ¡Por la muerte!

(Soldados, con un tambor al frente, conducen 
a Oberthal a la muerte. Un monje está a su lado 
y lo reconforta.)

JUAN
¿Dónde va ese prisionero?

ZACARÍAS
¡A la muerte!

JUAN 
¿Quién puede decidir que él muera,
cuando yo quiero que viva?
Le otorgo la gracia...

(reconoce a Oberthal)

¿Qué veo?... ¡Oberthal!

ZACARÍAS
¿A tu carnicero le das el perdón?

JUAN
(a Zacarías)
¡Déjanos solos!

(emocionado, a Oberthal)

¡Aquí estás! ¡Tú eres aquel por quien 
condené mis días para siempre!
¡El cielo a mí te entrega!

OBERTHAL
Es justo.
¡Mi crimen merece la muerte!
¡Berta, pura y casta víctima,
para salvar su honor,
desde lo alto de las almenas,
se lanzó a las olas!

JUAN
¡Muerta!... ¡Muerta!

OBERTHAL
¡No!... ¡no!
Destrozado por los remordimientos 
Dios quiso ahorrarme ese castigo.
¡De las olas Él la salvó!

JUAN
¿Y cómo?... ¡Habla!

OBERTHAL
¡Ayer me informaron
que la han visto en Münster!

JUAN
¡En Münster!

OBERTHAL
¡Yo iba a implorar de ella y del cielo el perdón!
Ahora en tus manos me hallo. Eso es todo. 
¡Mátame!

JUAN
(a los soldados que tenían el hacha levantada)
¡Liberad al infiel!
¡Berta será quien le juzgue!
Las murallas que mi piedad 
impidió reducir a cenizas,
ahora me ocultan a Berta...
¡Me la entregaréis! 
¡Fieles compañeros!
¡Seguidme!

MATHISEN
(acudiendo asustado)
¡Oh, malas noticias! 
Sólo tú puedes vencer
a esos batallones de rebeldes
que han salido de las puertas de Münster
poniendo en fuga a los nuestros.

JUAN
(seguido de Mathisen)
¡Corramos! ¡Corramos!

Cuadro Tercero

(La escena cambia de vista y muestra el 
campamento de los anabaptistas. Los soldados 
acuden de todos lados en desorden)

SOLDADOS
(furiosos)
¡Tú nos prometiste Münster
y nosotros deseábamos conquistarla!
Nos prometiste... etc.
Nos decías: la fruta está madura...
¡Nos prometiste esa conquista!
Nos decías... etc.
Nuestros soldados, cobardemente sorprendidos,
están en manos de nuestros enemigos.
Nuestros soldados... etc.
¡Muerte al impostor!
¡Al falso profeta!... ¡Muerte... etc.
¡Profeta impostor!
¡Sí, muerte para el falso profeta!... etc.

JUAN
(a los soldados, en tono severo)
¿Quién, sin mis órdenes,
os condujo al combate?

PRIMER, SEGUNDO ANABAPTISTA
(señalando a Mathisen)
¡Fue él!

MATHISEN
(asustado, señalando a Zacarías)
¡Fue él!... ¡Fue él!...

JUAN
¡Pérfidos, a los que mi brazo debería castigar!
¡Sois unos insensatos!
¿Acaso alguna vez hemos ido
al encuentro de la muerte 
sin ir yo a la cabeza de todos?
Marchábamos 
por el sendero de la victoria,
pero vuestra precipitación,
puede avivar la cólera de Dios.

SOLDADOS
Sus santas palabras
nos llenan de temor
y nos hacen estremecer.
¡Pues Dios, el Eterno,
está con él! 
¡Ah, qué palabras!

JEAN
L'Eternel, dites vous,
a l'ennemi vous livrez: 
c'est que l'impiété
règne encore dans vos coeurs!
Ils n'avaient pas la foi,
ces tièdes serviteurs
que Dieu dans ses décrets
juge indignes de vivre;
craignez plutôt comme eux
le céleste courroux
et pour le calmer, et pour le calmer,
peuple impie, peuple, à genoux!
A genoux! À genoux!
Et sous bras vengeur,
coupables, courbez vous!

Eternel, Dieu sauver
qui voit notre faiblesse,
Dieu ne te détourne pas de nous.

SOLDATS
Miserere, miserere nobis!

JEAN
Eternel, Dieu sauver, 
dans la cendre mon front s'abaisse,
Dieu tu nous vois tous à genoux!

SOLDATS
Miserere, miserere nobis!

JEAN
Car ton appui...

SOLDATS
..m'est retiré!

JEAN 
Pitié! Pitié!
Seigneur, exauce ma prière!
Seigneur apaise ta colère!
Pardonne à ton peuple égaré,
a ton peuple, etc.
Dieu clément! Ah! Seigneur!
Pitié!

SOLDATS
Dieu puissant, pitié!
Dieu puissant, nous t'implorons!
Pardonnez, Seigneur!
Pardonne-nous, Seigneur!
Pardonne à ton peuple égaré,
Dieu puissant!

(on entend du loin un bruit de clairons
et des trompettes.)

JEAN
Ecoutez! Ecoutez!
Les clairons de Munster réveillent nos clairons!
Dieu m'inspire, ah venez! 
Et demain sur vos fronts
la victoire sainte va descendre,
et la grâce de Seigneur va s'étendre,
la grâce va s'étendre sur vous!

SOLDATS
Seigneur!

(Mathisen accourt suivi d'une foule 
de paysans armée.)

MATHISEN
Grand prophète, ton peuple se relève, et tu règnes,
oui, tous les paysans, en agitant leurs fers,
courent se ranger sous tes saintes enseignes!

DEUXIEME ANABAPTISTE
(accourant)
Maître, un seul cri s'élève:
l'assaut à Munster!
L'assaut à Munster!

PREMIER ANABAPTISTE
L'assaut à Munster!

JEAN
(sans écouter Mathisen et comme frappe d'une vision)
Que vois-je? Le ciel est ouvert!

(d'une voix mystérieuse)

Chantent en choeur: à Munster!
A Munster!

TOUS
A Munster!

(tout le peuple accourt armé)

JEAN
Roi du ciel et des anges.
Je dirai tes louanges
comme ton serviteur!

TOUS
Roi du ciel, etc.
Comme ton serviteur!

JEAN
Comme David ton serviteur!
Car Dieu m'a dit: ceins ton écharpe
et conduits les dans la salut!
Réveille-toi, ma harpe,
réveille-toi, mon luth,
veille, éveille-toi, ma harpe!
Roi du ciel, etc.

CHOEUR
Gloire a Dieu! Gloire! Gloire!

JEAN 
Victoire, c'est Dieu qui l'envoie,
que sa bannière se déploie!

CHOEUR
Victoire, etc.

JEAN
Que les monts tressaillent de joie,
tressaillent de joie.

CHOEUR
Que les monts, etc.

JEAN 
Et qu'ils disent la gloire de cieux!

CHOEUR
Et qu'ils disent, etc.

JEAN
L'Eternel est Roi sur terre,
roi des cieux! Roi! Roi! Ah!
Roi du ciel et des anges, etc.

CHOEUR
Roi des anges! Roi des anges!
Chantons le Seigneur!

(L'armée anabaptiste se range en bataille 
et commence à défiler.)

En marche, En marche,
En marche, En marche!

JEAN
En marche, etc.

CHOEUR
En marche, etc.
 
JEAN
En marche, etc.
Car Dieu nous suis de ses regards,
Car Dieu, car Dieu nous suis des ses regards!

CHOEUR
Car Dieu nous suis, etc.
Vous, clairons répétez
Notre chant triomphant;
Vous, clairons, etc.
A Munster, à Munster, à Munster!
Dieu nous suit!

JEAN
Vous clairons, etc.
Marchons! À Munster!
Oui! Oui! En marche!
Dieu nous suit!

(Dans ce moment le brouillard qui couvrait l'étang et 
la forêt se dissipe. Le soleil brille et laisse apercevoir
dans le lointain, au-delà de l'étang glacé, la ville et 
les remparts de Munster, que Jean montre de la main.
L'armée pousse des cris de joie, et incline devant lui 
les bannières)


JUAN
Decís que el Eterno
os entrega al enemigo...
¡Eso es debido a que la impiedad
reina en vuestros corazones!
Carecéis de fe,
sois unos creyentes débiles,
a los que Dios, 
en sus designios,
juzga indignos de vivir.
Temed la ira celestial
y para calmarla,
pueblo impío... ¡De rodillas!
¡De rodillas!... ¡De rodillas!
Y ante su brazo vengador...
¡Culpables, inclinaos!

Dios eterno y salvador
que ves nuestras debilidades,
no te apartes de nosotros.

SOLDADOS
¡Miserere, miserere nobis!

JUAN
¡Dios eterno y salvador,
mira nuestras frentes llenas de ceniza penitencial,
todos nos arrodillamos ante Ti!

SOLDADOS
¡Miserere, miserere nobis!

JUAN
¡No nos retires…

SOLDADOS
...tu apoyo!

JUAN
¡Piedad!... ¡Piedad!
¡Señor, acoge mi plegaria!
¡Señor, apacigua tu cólera!
Perdona a tu pueblo descarriado,
a tu pueblo, etc.
¡Dios clemente! ¡Ah, Señor!
¡Piedad!

SOLDADOS
¡Dios todopoderoso, piedad!
¡Dios todopoderoso, a Ti te imploramos!
¡Perdona, Señor!
¡Perdónanos, Señor!
Perdona a tu pueblo descarriado.
¡Dios todopoderoso!

(se escucha a lo lejos un ruido de clarines 
y trompetas.)

JUAN
¡Escuchad! ¡Escuchad!
¡Los clarines de Münster contestan a los nuestros!
Dios me inspira... ¡Vayamos! 
¡Y mañana sobre vuestras frentes
la santa victoria descenderá!
¡Y la gracia del Señor 
se esparcirá sobre todos nosotros! 

SOLDADOS
¡Señor!

(Mathisen viene seguido de una 
muchedumbre de aldeanos armados.) 

MATHISEN
¡Gran profeta! Tu pueblo se despierta y tú reinas.
¡Sí, los campesinos, enarbolando sus espadas,
corren a enrolarse bajo tus santas banderas! 

SEGUNDO ANABAPTISTA
(corriendo)
¡Maestro, un solo grito se oye!
¡Asaltemos Münster!
¡Asaltemos Münster!

PRIMER ANABAPTISTA
¡Asaltemos Münster!

JUAN
(como afectado por una visión.)
¿Qué veo?... ¡El cielo se abre!...

(con voz misteriosa)

Gritemos todos a coro: 
¡A Münster! ¡A Münster!

TODOS
¡A Münster!

(todos acuden armados)

JUAN
¡Rey del cielo y de los ángeles!
¡Tu siervo
cantará tus alabanzas!

TODOS
Rey del cielo... etc.
¡Tu siervo!

JUAN 
¡Como tu siervo David!
Porque Dios me dijo: 
¡ciñe tu manto y condúcelos a la salvación!
¡Que despierte mi arpa!
¡Que despierte mi laúd!
¡Despierta, despiértate, arpa mía!
Rey del cielo... etc.

CORO
¡Gloria a Dios! ¡Gloria! ¡Gloria!

JUAN
¡Dios es quien nos envía la victoria!
¡Desplegad sus estandartes!

CORO
¡Dios es... etc.

JUAN
¡Que los montes tiemblen de alegría!
¡Que tiemblen de alegría!

CORO
¡Que los montes... etc.

JUAN
¡Y que canten a la gloria celestial!

CORO
¡Y que canten...etc.

JUAN
¡El Eterno reinará sobre la tierra!
¡Rey de los cielos! ¡Rey! ¡Rey! ¡Ah!
¡Rey del cielo y de los ángeles... etc.

CORO
¡Rey de los ángeles! ¡Rey de los ángeles!
¡Cantemos al Señor!

(El ejército anabaptista se dispone para 
la batalla y comienza a desfilar.)

¡En marcha! ¡En marcha!
¡En marcha! ¡En marcha!

JUAN
¡En marcha... etc.

CORO
¡En marcha... etc.

JUAN
¡En marcha... etc.
¡Dios nos guía con su mirada!
¡Dios nos guía con su mirada!

CORO
Porque Dios nos guía... etc.
¡Vosotros, clarines,
repetid nuestro grito triunfal!
¡Vosotros, clarines... etc.
¡A Münster! ¡A Münster! ¡A Münster!
¡Dios nos guía!

JUAN
¡Vosotros, clarines... etc.
¡Marchemos!... ¡A Münster!
¡Sí, sí! ¡En marcha!
¡Dios nos guía! 

(la niebla que cubría el lago y el bosque se
disipa poco a poco. El sol brilla y deja ver, 
en la distancia, las murallas de Münster, 
que Juan señala con la mano. El ejército 
da gritos de alegría y se inclina ante las 
banderas)


ACTE IV


Premier Tableau

(Le théâtre représente une place publique de la villa de 
Munster. A droite la porte de Hôtel de la ville; Plusieurs 
marches y conduisent. Plusieurs rues aboutissent à la place 
publique. Au lever du rideau plusieurs bourgeois, portant de 
sacs d'argent ou des vases précieux, montent les marches de 
l'escalier de Hôtel de la ville; d'autres descendent les mains 
vides. Plusieurs arrivent par les différentes rues, s'avancent 
au bord du théâtre et forment des groupes. Ils regardent 
autour d'eux avec inquiétude, et se parlent a voix basse.)

BOURGEOIS DE MUNSTER
Courbons notre tête,
craignons les méchants!
Voici la tempête,
voici la tempête,
et tout les noirs autans!

(voyant venir une patrouille des soldats 
anabaptistes, ils crient à haute voix:)

Vive le Prophète,
vivent ses soldats, ses soldats!
Vive le Prophète,
¡Vivent ses soldats!

(à voix basse)

A bas le Prophète,
a bas ses soldats,
a bas, etc.

(une nouvelle patrouille passe)

Vive le Prophète, ses soldats!

TROISIEME BOURGEOIS
Il règne en maître en notre ville,
et dans Munster il faut encore
mettre à ses pieds, bourgeois dociles,
tout notre argent et tout notre or;
sinon la mort.

TOUS
Sinon la mort!

QUATRIEME BOURGEOIS
Voisin, quelles nouvelles?

PREMIERE BOURGEOIS
Elles sont de plus tristes:
ce Prophète ou Satan qui vient
pour nous damner,
Hélas! Dans nos murs, 
va, dit-on se faire couronner
comme Roi des Anabaptistes!

TOUS
Roi des Anabaptistes?

(une nouvelle patrouille passe)

Vive le Prophète,
vivent ses soldats, ses soldats!
Vive le Prophète, etc.

TROISIEME BOURGEOIS
(voyant Fidès assise sur une pierre au fond du théâtre)
Assise sur cette pierre, femme,
que tu fais là?

(quelques bourgeois conduisent du, qui 
paraît épuisée de fatigue, sur la avant-scène.)

FIDÈS
Donnez, donnez pour une pauvre âme;
ouvrez -lui le paradis, le paradis!
Donnez, donnez à une pauvre femme
qui prie, hélas!, qui prie,
Hélas pour son fils!
Donnez, donnez, donnez!
Nobles seigneurs, donnez de grâce!
Au sein de votre richesse,
pitié, seigneur opulent!
Donnez pour dire une messe,
hélas, a mon pauvre enfant, 
hélas, a mon pauvre enfant, etc.
Ah! Ah! Ah! Pitié, donnez!
Ah! Ah! Hélas! Pitié!

(quelques bourgeois font l'aumône a Fidès et partent. 
D'autres arrivent et l'entourent pour l'écouter.)

J'ai faim, j'ai froid! N'importe,
la tombe est plus froide encore!…
Et moi bientôt glacée et morte,
qui donc priera sur son sort?
Qui donc priera sur son sort?
Qui donc priera,
qui donc priera pour lui, qui donc?
Au sein de votre richesse,
pitié, seigneur opulent!
Donnez pour dire une messe, 
hélas, a mon pauvre enfant, 
hélas, a mon pauvre enfant, etc.
Ah! Ah! Ah! Pitié, donnez!
Ah! Ah! Ah! Hélas! 

(on entend le son de une crécelle dans 
une des cours intérieures du palais.)

UN BOURGEOIS
C'est l'heure!

LES HOMMES
On nous attend.

UN BOURGEOIS
Et si nous différons…

LES HOMMES
Il y va de nos jours!

DEUXIEME, TROISIEME BOURGEOIS
(donne de l'argent a du)
Tiens!

FIDÈS
Merci!

LES HOMMES
Et courons!

(Ils reprennent leurs sacs d'argent, et entrent tous 
dans l'intérieur du palais. du voit venir un pèlerin 
qui marche avec peine.)

FIDÈS
Un pauvre pèlerin!
De fatigue, mon frère,
vous semblez accablé!

BERTHE
Dieu! Quelle est cette voix?

FIDÈS 
Berthe! Berthe! Ces traits!

BERTHE
Fidès, ma bonne mère!

FIDÈS
Sous ces habits, c'est toi que je revois!

(elles se jettent dans les bras d'une de l'autre et
semblent s'interroger pendant la ritournelle.)

BERTHE
Pour garder à ton fils 
le serment qui m'engage,
j'ai cherche vainement 
le trépas dans les flots;
un pêcheur m'a portée,
expirante, au rivage,
où des soins généreux
m'ont cachée aux bourreaux,
et plus tard j'ai couru.
J'ai revu la chaumière.
Où sont-ils? Où sont-ils?
Disparus pour jamais!
Loin d'ici disaient-ils,
et le fils et la mère
pour Munster sont partis!
Suivons-les! Ai-je dit;
vers Munster j'ai tourné mon espoir.
La naguère mon aïeul, vieux soldat,
fut gardien du palais.
Et j'accours, je te vois,
mon amie et ma mère;
guide-moi vers ton fils,
conduis-moi dans ses bras!
O bonheur, ô transport! 
O bonheur, ô transport!
Je le vois
Ah! Conduis-moi vers ton fils!
Viens! Viens! Viens! Viens!
J'accours, je te vois!
Conduis-moi dans ses bras!
O bonheur!
Conduis-moi dans ses bras!

FIDÈS
(à part)
Pauvre fille, si joyeuse!
Comment faire pour t'apprendre ta misère,
pour te dire ici, moi, sa mère,
moi, sa mère, de Jean, le trépas!

(avec embarras et contenant à peine ses larmes)

Mon fils…

BERTHE
Hâtons nous!

FIDÈS
Mon fils…

BERTHE
En quels lieux est-il donc?

FIDÈS
Il est mort!

BERTHE
Il est mort! Il est mort!

FIDÈS
Hélas!

BERTHE
Dernier espoir, lueur dernière
qui pour jamais,
pour jamais ont disparu!
Que faire encore sur cette terre?
Mon bien-aimé, mon bien-aimé,
je t'ai perdu!
Je t'ai perdu, etc.
Non plus d'espoir en ma misère,
tout mon bonheur n'est plus!
Que faire encore, etc.

FIDÈS
Non, plus d'espoir, plus d'espoir,
mon bonheur, tout mon bonheur, a disparu!
Que faire encore sur cette terre?
Mon pauvre enfant, je t'ai perdu!
Je t'ai perdu, etc.
Non, plus d'espoir, etc.

Un matin je trouvai dans mon humble logis
des habits teints de sang,
c'étaient ceux de mon fils!
Une voix s'écriait:
le ciel voulait sa tête;
tu ne le verras plus;
c'est l'arrêt du Prophète!

BERTHE
Qui? lui? Ce tyran
qui remplit l'Allemagne de sang?

FIDÈS
Il a tué mon fils!

ACTO IV


Primer Cuadro

(Plaza de la ciudad de Münster. A la derecha 
una escalinata conduce a la puerta de la alcaldía.
Al levantarse el telón numerosos ciudadanos 
llevando sacos con plata y vasos preciosos, 
suben las gradas de la alcaldía, otros descienden 
con las manos vacías, muchos llegan por las 
diferentes calles, avanzan al borde del escenario 
y forman grupos. Miran con inquietud a su 
alrededor y conversan en voz baja.)

CIUDADANOS DE MÜNSTER
¡Inclinemos nuestra cabeza!
¡Temamos a los malvados!
¡Aquí está la tempestad!
¡Aquí está la tempestad,
con todos sus oscuros truenos! 

(viendo venir una patrulla de soldados 
anabaptistas, gritan en voz alta:)

¡Viva el profeta!
¡Vivan sus soldados!
¡Viva el profeta!
¡Vivan sus soldados!

(en voz baja)

¡Abajo el profeta!
¡Abajo sus soldados!
¡Abajo... etc.

(una nueva patrulla pasa)

¡Viva el profeta y sus soldados!

TERCER CIUDADANO
Él reina sobre nuestra ciudad
y Münster pone a sus pies, 
dóciles burgueses,
toda la plata y el oro.
¡Preferible la muerte!

TODOS
¡Preferible la muerte!

CUARTO CIUDADANO
Vecino, ¿hay noticias nuevas?

PRIMER CIUDADANO
De lo más triste:
Dicen que este profeta, o demonio, 
que ha venido a someternos,
¡ay! va a coronarse 
como el Rey de los Anabaptistas
dentro de nuestros propios muros.

TODOS
¿Rey de los Anabaptistas?

(una nueva patrulla pasa)

¡Viva el profeta!
¡Vivan sus soldados!
¡Viva el profeta... etc.

TERCER CIUDADANO
(viendo a Fidès sentada sobre una piedra)
Esa mujer... sentada sobre aquella piedra...
¿Qué hace ahí?

(algunos ciudadanos conducen a Fidès, 
quien parece agotada por la fatiga)

FIDÈS
¡Dad una limosna para una pobre alma!...
¡Abrid para ella el paraíso!
¡Dad una limosna a una pobre mujer!...
¡Yo rezo, ay, rezo por mi hijo!
¡Dad limosna!... ¡Dad, dad!
¡Nobles señores, una limosna por caridad!
¡Una migaja de vuestra riqueza!
¡Tened piedad, señores!
¡Dad una limosna para decir una misa, ay, 
por mi pobre hijo!
¡Ay, por mi pobre hijo... etc.
¡Ah, piedad!... 
¡Una limosna!...
¡Ay, por piedad!...

(algunos dan limosna a Fidès y se van. Otros 
llegan y la rodean para escucharla.)

¡Tengo hambre y frío, pero no importa!
¡La tumba estará más fría aún!…
Yo estaré pronto congelada y muerta.
¿Quién rezará por su suerte?
¿Quién rezará por su suerte?
¿Quién rezará?...
¿Quién rezará por él, quién?
¡Una migaja de vuestra riqueza!
¡Tened piedad, señores!
¡Dad una limosna para decir una misa, ay,
por mi pobre hijo!
¡Ay, por mi pobre hijo... etc.
¡Ah, piedad!... ¡Una limosna!...
¡Ay!...

(se oye el son de una matraca en uno de 
los patios interiores del palacio.)

UN CIUDADANO
¡Es la hora!

LOS HOMBRES
¡Nos esperan!

UN CIUDADANO
Si lo aplazáramos...

LOS HOMBRES
¡Sería el fin de nuestros días!

SEGUNDO, TERCER CIUDADANO
(dan dinero a Fidès)
¡Toma!

FIDÈS
¡Gracias!

LOS HOMBRES
¡Corramos!

(Ellos retoman sus sacos llenos de riquezas y 
entran al interior del palacio, Fidès ve venir 
a un peregrino que apenas puede caminar.)

FIDÈS
¡Pobre peregrino!...
Qué fatigado estás, hermano.
¡Pareces agotado!

BERTA
¡Dios!... ¿Esa voz?

FIDÈS
¡Berta!... ¿Berta?... Esa cara...

BERTA
¡Fidès, buena madre!

FIDÈS
Bajo esos hábitos... ¡Eres tú!

(se arrojan una en los brazos de la otra 
y parecen interrogarse con la mirada)

BERTA
Para mantener el juramento
que hice a tu hijo,
busqué vanamente
la muerte en las olas.
Un pescador me llevó, moribunda,
a la playa,
donde sus generosos cuidados 
me ocultaron del malvado.
Más tarde, regresé de nuevo a la aldea 
y pregunté por vosotros:
¿Dónde están?... ¿Dónde?
¿Desaparecieron para siempre?...
Me dijeron que el hijo y la madre 
se habían marchado muy lejos...
¡A Münster!
¡Sigámoslos! me dije.
Hacia Münster torné mis esperanzas,
pues mi abuelo, un viejo soldado,
fue guardián del palacio.
Y llego... ¡Y te veo!
¡Mi amiga y mi madre,
guíame hasta tu hijo!
¡Condúceme a sus brazos!
¡Oh, felicidad, oh arrebato!
¡Oh, felicidad, oh arrebato!
¡Me parece estar ya viéndole!...
¡Ah, condúceme hasta tu hijo!
¡Vamos! ¡Vamos!
¡Lo deseo!...¡Ya le veo!...
¡Condúceme a sus brazos!
¡Oh, felicidad!
¡Condúceme a sus brazos!

FIDÈS
(aparte)
Pobre hija, tan alegre...
¿Cómo hacer para desengañarla?...
Para decirle que yo, su madre...
Yo, su madre... Juan... ¡Su muerte!

(con embarazo)

Mi hijo…

BERTA
¡Démonos prisa!

FIDÈS
Mi hijo…

BERTA
¿Dónde está?

FIDÈS
¡Ha muerto!

BERTA
¿Él está muerto?... ¡Muerto!

FIDÈS
¡Ay!

BERTA
¡Mi última esperanza, mi último destello,
para siempre,
han desaparecido!
¿Qué hacer ahora en esta tierra?
Mi bien amado...
¡Te he perdido!
Te he perdido... etc.
A mi miseria ya no le queda la esperanza.
¡Toda mi felicidad ha desaparecido!
¿Qué hacer... etc.

FIDÈS
No queda esperanza...
¡Mi felicidad, toda mi felicidad, ha desaparecido!
¿Qué hacer ahora en esta tierra?
Mi pobre niño... ¡Te he perdido!
Te he perdido... etc.
No queda esperanza... etc.

Una mañana encontré en mi humilde casa 
unos hábitos teñidos de sangre...
¡Eran los de mi hijo!
Una voz gritó:
"El cielo quería su cabeza.
Tú no lo verás más.
¡Es el mandato del Profeta!"

BERTA
¿De quién?... 
¿Ese tirano que ha ensangrentado Alemania?

FIDÈS
¡Él mató a mi hijo!

BERTHE
Punissons ses forfaits!

FIDÈS
Hélas! Tu ne peux rien!

BERTHE
Peut-être! Si je puis seulement entrer 
dans son palais!

FIDÈS
Et que veux-tu?

BERTHE
Ce que je veux? Frapper!
Frapper ce traître!

(avec exaltation)

Dieu me guidera!
Dieu m'inspirera!
Sa voix, sa voix immortelle!
Sa voix, m'anime et m'appelle!
Sainte espérance
du la vengeance,
tu me soutiens!
Jean! Réveille-toi!
Jean marche avec moi!
Jean marche avec moi!
Jean, viens, etc.

FIDÈS
Mes yeux n'ont plus qu'à pleurer,
ma voix qu'à te conjurer;
a toi vierge sainte,
ma fidèle plainte;
a toi vierge sainte
ma seule espérance
est dans ta présence!

BERTHE
Non! Non! Point de grâce!
Non, non, non, non, non, non, non!
Dieu me guidera, etc.

FIDÈS
Ma voix te priera
et toujours dira;
o vierge, o vierge immortelle,
a toi ma plainte fidèle, etc.
Rappelle-moi, viens, rappelle-moi, 
mon fils, etc.

Deuxieme Tableau

(Le théâtre change es représente la Cathédrale de 
Munster. Une partie du cortège est censée déjà entrée, 
l'autre moitié continue a défiler; au fond de l'église 
des trabans de la garde du Prophète forment la haie. 
Marche des grands électeurs portant l'un la couronne, 
l'autre le spectre, l'autre la main de la justice, celui-ci 
le sceau de Etat, des autres les ornements impériaux. 
Jean paraît après eux, la tête nue et habillée en blanc. 
Il traverse le nef principale et se rende dans le Choeur 
au maître autel qui est dans le fond à droite et qu'on ne 
voit pas. Le peuple qui et sur le devant du théâtre veut 
se précipiter sur son pas. Il est repoussé par les trabans 
dans les chapelles latérales. Tous disparaissent. Fidès 
qui vient d'entrer est seule à gauche, à genoux, sur le 
devant du théâtre, ne s'occupant pas de ce qui passe 
autour d'elle et plongée en la rêverie et la prière. Tout 
à coup on entend un grand bruit d'orgues de clairons 
et des trompettes; c'est la marche du couronnement.)

QUATRE ANABAPTISTES, CHOEUR
(dans les coulisses)
Domine, salvum fac regem nostrum,
¡Et exaudi nos in die qua invocaverimus te!

FIDÈS
Que Dieu sauve le Roi Prophète,
disent-ils!

(avec force)

Grand Dieu, exaucez ma prière! 
Et qu'errant, misérable et proscrit,
il soit châtié sur la terre,
et que dans le ciel il soit maudit, que dans le ciel, etc.

QUATRE ANABAPTISTES, CHOEUR
Domine, salvum fac regem, etc.
Domine, etc.

FIDÈS
Ah! Ma fille, ô Judith nouvelle,
que Dieu protége,
que Dieu protège ton dessein! Va!
Qu'en ta main le glaive étincelle
et de leur roi frappe le sein,
frappe le sein, etc.
Dieu! Lui-même permet son trépas!
Va! Va! Le Seigneur conduira ton bras!

(pendant le choeur suivant a lieu une marche 
religieuse. Les enfant de choeur, l'encensoir à la main,
ouvrent la marche, d'autres frappent sur les timbres, 
par les lesquels invitent le peuple a s'agenouiller; puis 
viennent de jeunes filles jetant des fleurs sur la route où 
doit passer le Prophète; dans le fond du théâtre on voit 
passer les grands dignitaires, qui portent les objets de 
la couronnement (tels que le spectre , l'épée, la 
couronne, le manteau, l'ampoule, etc.,) qu'on passe 
alternativement aux enfant de choeur, qui les 
encensent.)

CHOEUR D'ENFANTS
Le voilà, le Roi Prophète,
le voilà le fils de Dieu!
A genoux, courbez la tête,
a genoux, a genoux,
a genoux devant son spectre de feu, etc.,

CHOEUR DE FEMMES
C'est le Roi Prophète,
courbez vous devant son spectre de feu!

PREMIER ENFANT
O prodige!
Nulle femme ne l'a porté,
ne l'a conçu!

DEUXIEME ENFANT
O prodige!
Nulle femme ne l'a porté,
ne l'a conçu!

PREMIER ENFANT
A genoux!

DEUXIEME ENFANT
A genoux!

PREMIER ENFANT
Courbez-vous!

DEUXIEME ENFANT
Courbez-vous!

ENFANT, CHOEUR
Le voici, le Roi Prophète, etc.
Courbez-vous, peuple! etc.
Voilà le Roi, le fils de Dieu!

(Tout le monde se prosterne. Jean, seule debout sur le 
haut de grand escalier, descend lentement quelques 
marches d'un air pensif; puis il porte la main a sa 
couronne et dit à voix basse, se rappelant la prédiction 
du deuxième acte:)

JEAN
Jean, tu régneras!
Ah! C'est donc vrai!
Oui, je suis l'Elu,
je suis le fils de Dieu!

(En ce moment Fidès, qui est en prière sur le devant du 
théâtre à droite, vient de se relever .Elle seule et Jean 
son debout dans l'église. Elle regarde le nouveau roi et 
pousse un cri.)

FIDÈS
Mon fils!

CHOEUR
Son fils? Son fils? Son fils?

(Jean, a voix de sa mère, veut courir vers elle, mais 
Mathisen, qui est près de lui parle à voix basse.)

MATHISEN
Si tu parle, sa mort!...

(Jean modérant son émotion, se retourne vers 
sa mère et parle froidement.)

JEAN
Quelle est cette femme?
Quelle est cette femme?

(Fidès hors d'elle-même, se frappe les mains; elle 
veut parler mais le saisissement lui coupe la parole.)

FIDÈS 
(d'une voix tremblante)
Qui je suis?

(Avec indignation)

Moi! Qui je suis?

(avec une douloureuse tendresse et en pleurant)

Moi! Qui je suis?

(d'une voix suffoqué par las larmes)

Je suis, hélas!
Je suis la pauvre femme
qui t'a nourri,
t'a porté dans ses bras,
qui t'a pleuré, t'appelle, te réclame,
qui n'aime rien,
rien que toi seul,
que toi seul ici-bas!
Que toi! Que toi! etc.
Hélas, hélas!
Et toi, tu ne me connais pas, 
et toi, tu ne me connais pas, 
Ah! L'ingrat, l'ingrat!
Il ne me reconnaît pas!
Il ne me reconnaît pas!
Ah! L'ingrat, etc.
Non, non, mon fils ne me reconnaît pas,
l'ingrat!

CHOEUR DES ANABAPTISTES
Qu'entends-je, ô ciel?
Fraude coupable!
Va! Le Prophète te punira!

CHOEUR DU PEUPLE
Qu'entends-je, ô ciel?
Et quel mystère?
Faut-il en croire un tel aveu?

JEAN
(troublé)
Quelque erreur abuse son âme;
J'ignore, ainsi que vous,
J'ignore, ainsi que vous,
Ce que veut cette femme!

FIDÈS
(indignée, l'émotion la gagne)
Ce que je veux? Ce que je veux? 
Ce que je veux? 

(en pleurant)

Ce voudrait, hélas! La pauvre femme?
Elle voudrait pardonner l'ingrat,
elle voudrait, même au prix de son âme,
un seul instant, un seul instant
te presser dans ses bras, un seul, seul instant
te presser dans se bras! ¡Hélas! ¡Hélas!

BERTA
¡Castiguemos sus crímenes!

FIDÈS
¡Ay! ¡Tú no puedes hacer nada!

BERTA
¡Quizás sí!
Si pudiese entrar en su palacio...

FIDÈS
¿Qué te propones?

BERTA
¿Qué me propongo?... ¡Asesinarlo!
¡Asesinar a ese malvado!

(exaltada)

¡Dios me guiará!
¡Dios me inspirará!
¡Su voz, su voz inmortal!
¡Su voz me anima y me llama!
Santa esperanza
de la venganza:
¡Tú me sostienes!
¡Juan, despierta!
¡Juan, ven conmigo!
¡Juan, ven conmigo!
¡Juan, ven... etc.

FIDÈS
Mis ojos ya no tienen más lágrimas,
pero mi voz aún puede suplicar...
¡A ti Virgen santa,
dirijo mi fiel lamento!
¡Tú, Virgen santa,
eres mi única esperanza!
¡Estoy en tu presencia!

BERTA
¡No!... ¡No!... ¡Nada de misericordia!
¡No, no, no!...
Dios me guiará... etc.

FIDÈS
Mi voz te rezará 
por siempre diciéndote:
¡Oh Virgen, oh Virgen inmortal!
Que llegue a ti mi fiel lamento... etc.
¡Acuérdate de mí!...
Mi hijo... etc.

Segundo Cuadro

(Corte transversal de la catedral de Münster. 
Un cortejo está entrando por un lateral, de 
izquierda a derecha. Los fieles, en la boca del 
escenario, de espaldas al público. Entran los 
alabarderos de la guardia del Profeta. Luego, 
los Electores llevando la corona, el cetro, el sello 
y los demás ornamentos imperiales. Juan va tras 
ellos, descubierto y vestido de blanco. Cruza la 
nave y desaparece hacia el altar mayor que está 
a la derecha y no se ve. La gente, que llena la 
catedral, quiere precipitarse sobre sus pasos, 
pero se lo impiden los alabarderos. Fidès, que 
está sola y de rodillas frente a la escena, no 
presta atención a lo que sucede a su alrededor 
pues está sumergida en la reflexión y el rezo. 
De improviso, se escucha el sonido del órgano, 
de clarines y trompetas, que tocan la marcha de 
la coronación.)

CUATRO ANABAPTISTAS, CORO
(fuera de escena)
Domine, salvum fac regem nostrum,
¡Et exaudi nos in die qua invocaverimus te!

FIDÈS
¡Que Dios salve al Rey Profeta!
¡Eso dicen ellos!...

(con fuerza)

¡Gran Dios, escucha mi rezo!
Que errante, miserable y proscrito,
él sea castigado en esta tierra,
y luego, que sea maldito en el cielo.

CUATRO ANABAPTISTAS, CORO
Domine, salvum fac regem, etc.
Domine, etc.

FIDÈS
¡Ah, mi hija!... ¡Una nueva Judith!
¡Que Dios la proteja!
¡Que Dios proteja su misión! ¡Adelante!
¡Que en su mano centellee la espada
y al rey hiera en el pecho!
¡Hiera en el pecho... etc.
¡Dios, permite su muerte!
¡Adelante!.. ¡El Señor conducirá su brazo!

(durante el siguiente coro tiene lugar la salida 
del cortejo de la catedral. Los niños del coro 
con el incensario en la mano, abren la marcha, 
mientras otros tocan las campanas. La gente 
se arrodilla. Después vienen las jóvenes que 
lanzan flores sobre el camino donde debe pasar 
el Profeta. Por último, se ve pasar a los grandes 
dignatarios que llevan los objetos de la 
coronación tales como: cetro, espada, corona, 
manto, etc. que los niños del coro sahuman 
con incienso.)

CORO DE NIÑOS
¡Aquí está, el Rey Profeta!
¡Aquí está el hijo de Dios!
¡De rodillas, inclinad la cabeza!
¡De rodillas, de rodillas!
¡De rodillas ante de su cetro de fuego... etc.

CORO DE MUJERES
¡Es el Rey Profeta!
¡Inclinaos ante su cetro de fuego!

PRIMER NIÑO
¡Oh, prodigio!
¡Ninguna mujer lo llevó en su seno,
ni lo concibió!

SEGUNDO NIÑO
¡Oh, prodigio!
¡Ninguna mujer lo llevó en su seno,
ni lo concibió!

PRIMER NIÑO
¡De rodillas!

SEGUNDO NIÑO
¡De rodillas!

PRIMER NIÑO
¡Inclinaos!

SEGUNDO NIÑO
¡Inclinaos!

NIÑOS, CORO
¡Aquí está, el Rey Profeta... etc.
¡Pueblo, inclinaos...etc.
¡Aquí está el Rey, el hijo de Dios!

(Todos se postran. Juan, solo, en pié sobre lo 
alto de la gran escalera, desciende lentamente 
algunos escalones con aire pensativo, después 
lleva su mano a la corona y dice en voz baja, 
acordándose de la predicción del segundo acto)

JUAN
¡Juan, tú reinarás!
¡Ah! ¡Se ha cumplido!
¡Sí, soy el Elegido!
¡Soy el hijo de Dios!

(En ese momento Fidès, que ha estado rezando 
delante del escenario a la derecha, se pone en 
pie. Sólo ella y Juan están de pie en la iglesia. 
Ella mira al nuevo rey y lanza un grito.)

FIDÈS 
¡Hijo!

CORO
¿Hijo?... ¿Su hijo?... ¿Su hijo?

(Juan, al oír la voz de su madre, quiere ir hacia 
ella, pero Mathisen, le habla en voz baja.)

MATHISEN
¡Si hablas, ella morirá!…

(Juan moderando su emoción, se vuelve 
hacia su madre y habla con frialdad.)

JUAN
¿Quién es esta mujer?
¿Quién es esta mujer?

(Fidès fuera de sí, se frota las manos, ella quiere 
hablar pero, sobrecogida, se le corta la voz)

FIDÈS
(con voz entrecortada)
¿Quién soy yo?...

(indignada)

¡Yo!... ¿Que quién soy?...

(con dolida ternura y llorando)

¡Yo! ¿Quién soy yo?

(con voz sofocada por las lágrimas)

Yo soy, ¡ay!
la pobre mujer
que te alimentó
y que te llevó en sus brazos.
Que te ha llorado, buscado y reclamado...
Que no ama nada,
nada más que a ti.
¡Sólo a ti en este mundo!
¡A ti!... ¡A ti... etc.
¡Ay, ay!
¡Y tú no me reconoces!
¡Y tú no me reconoces!
¡Ah, ingrato! ¡Ingrato!
¡No me reconoce!
¡No me reconoce!
¡Ah, ingrato... etc.
¡No, no, mi hijo no me reconoce!
¡Ingrato!

ANABAPTISTAS
¿Qué escucho, oh cielos?
¿Culpable de fraude?
¡Vete!... ¡El Profeta te castigará!

PUEBLO
¿Qué escucho, oh cielos?
¿Qué misterio?
¿Hay que creer en tal confesión?

JUAN
(turbado)
Algún error engaña su alma.
Yo ignoro igual que vosotros,
yo ignoro igual que vosotros...
¡Qué es lo que quiere esa mujer!

FIDÈS
(indignada, la emoción la embarga)
¿Qué es lo que quiero?... ¿Qué?
¿Qué quiero?

(llorando)

¡Esto querría, ay, la pobre mujer!...
Querría perdonar al ingrato...
Querría, incluso al precio de su alma,
tenerte entre sus brazos,
aunque fuera por un solo instante...
¡Poder abrazarte! ¡Ay! ¡Ay!

TOUS
Ah! Ciel!

FIDÈS
L'ingrat ne me reconnaît plus!
L'ingrat, etc.
Moi! Qui je suis?
Je suis la pauvre femme, etc.

DEUX ENFANTS
Qu'entends-je, ô ciel!
Et quel aveu!
Fraude! 
Mensonge que punira les fils de Dieu;
va-t'en, va t'en de ce lieu saint!
Va! Crains mon courroux! etc.
Notre courroux, notre fureur!
Que sur sa tête coupable
éclate enfin notre fureur!
Livrez-la nous,
et que sur sa tête coupable
tombe tout notre courroux,
notre juste courroux, notre juste fureur!
Livrez-la nous, etc.
C'est trop souffrir, etc.
A nous, à nous!

JONAS
Blasphème affreux! Blasphème affreux!
Livrez-la donc a nous, etc.
C'est trop souffrir, divin Prophète!
Et ce blasphème et son erreur!
Qu'éclate enfin notre fureur!
Livrez-la nous, etc.

MATHISEN, ZACHARIE
C'est trop souffrir, divin Prophète,
livrez-la nous, que sur sa tête,
éclate enfin notre fureur, etc.

QUATRE BOURGEOIS
(entr'eux, menaçant Jean)
L'Elu du ciel, le saint Prophète,
ne serait-il qu'un imposteur?
Quoi! Un imposteur!
Juste ciel!
Que sur sa tête
éclate enfin notre fureur!
Malheur â lui, malheur à lui,
que sur sa tête coupable, etc.

ANABAPTISTES
Ah! C'est trop souffrir, etc.
Ce blasphème, son erreur,
livrez-la, etc.

PEUPLE
Quoi! Le saint Prophète,
serait-il qu'un imposteur?
Malheur â lui, etc.
Que sur sa tête coupable, etc.

(Jonas et les anabaptistes, qui ont entouré 
Fidès, lèvent leurs poignards sur sa tête.)

JEAN
Arrêtez!

FIDÈS
(à part avec joie)
Il prend ma défense!

JEAN
Qu'on respecte ses jours!
Ne voyez-vous donc pas 
que cette femme est en démence?

(Fidès s'éloigne avec indignation.)

Un miracle peut seul 
lui rendre la raison!
 
PEUPLE
(ironiquement)
Tout est possible au roi Prophète,
tout est possible au fils de Dieu!

JEAN
Que Dieu m'inspire donc!

(Jean s'avance lentement vers Fidès)

Que la sainte lumière
descend sur ton front,
Pauvre insensée, et t'éclaire!

(à Fidès)

Femme à genoux!

(Fidès fait un geste d'indignation. Jean s'approche de 
Fidès, étend les mains sur sa tête et la fascine tellement 
de don regard qu'involontairement elle tombe à 
genoux.)

JEAN
(avec intention à Fidès)
Tu chérissais ce fils
dont j'offre les traits?

FIDÈS
(émue)
Si je l'aimais!

JEAN
Eh bien! Que maintenant
vers moi ton oeil se lève!

FIDÈS
(d'une voix tremblante)
Mon Dieu! Mon Dieu!

JEAN
(au peuple)
Et vous qui m'écoutez,
peuple tirez le glaive!

(Tous tirent leurs épées et leurs poignards.)

FIDÈS
Ah! Je frémis!

JEAN
Eh bien! Eh bien!
Si je suis son enfant,
si je vous ai trompé,
punissez l'imposteur,
punissez l'imposteur!
Frappez! Voici mon sein!
Frappez, etc.

(sur un signe de Jean plusieurs anabaptistes 
mettent le point de leurs poignards sur sa poitrine.)

JEAN
(à Fidès)
Suis-je ton fils?

CHOEUR
Parlez! Parlez!

JEAN
Suis-je ton fils?

CHOEUR
Parlez! Parlez!

(Fidès, troublée, se lève et passe au milieu du théâtre.)

FIDÈS
(d'une voix entrecoupée, pouvant â peine parler) 
Ah…peuple…je vous trompais!
Ce n'est pas là mon fils!
Non, non!

(faisant un effort sur elle-même)

Non, non, non,
je n'ai plus de fils, hélas!
Je n'ai plus de fils, hélas!

CHOEUR
Miracle, miracle du grand Prophète!
Miracle, miracle, miracle!

FIDÈS 
(à part)
O douleur!
Il faut donc pour le sauver
a jamais le quitter!
Mon Dieu! Veillez sur lui!

CHOEUR
Sublime spectacle, sublime spectacle!
Miracle, miracle, miracle!

ANABAPTISTES
(encensant Jean, qui part avec sa suite)
Domine, salvage fac!

CHOEUR
Sublime spectacle,
oui, sa voix rend la raison,
sa voix, sa voix,
sa voix rend la raison, 
rend la raison aux insensés!

FIDÈS
(à part)
Et Berthe, ô ciel! Qui veut l'assassiner!
Courons!

(Elle veut se précipiter sur les pas de Jean. Les  anabaptistes 
lui présentent la pointe de leurs lances et l'empêchent de 
passer. Elle voit Jean qui s'éloigne sans pouvoir le rejoindre)
TODOS
¡Ah, cielos!

FIDÈS
¡El ingrato ya no me reconoce!
¡El ingrato... etc.
¡Yo!... ¿Quién soy?...
Soy la pobre mujer... etc.

DOS NIÑOS
¿Qué escucho, oh cielos?
¡Qué confesión!
¡Fraude! 
Una mentira que castigará el Hijo de Dios...
¡Vete, vete de este lugar santo!
¡Vete! ¡Guárdate de nuestra ira! etc.
¡La ira y el furor,
sobre tu cabeza culpable,
finalmente estallarán!
¡Entregadla al pueblo
y que sobre su cabeza culpable
caiga todo el furor!
¡Nuestra santa ira!
¡Entregadla al pueblo... etc.
Esto no se puede tolerar... etc.
¡A nosotros, a nosotros!

JONÁS
¡Horrorosa blasfemia!
¡Entregadla a nosotros... etc.
¡Esto no se puede tolerar, divino Profeta!
¡Que sobre esta arpía 
estalle nuestro furor!
¡Entregadla a nosotros... etc.

MATHISEN, ZACARÍAS
¡Esto no se puede tolerar, divino Profeta!
¡Entregadla a nosotros y que sobre su cabeza
estalle nuestro furor... etc.

CUATROS CIUDADANOS
(hablando entre ellos, amenazando a Juan)
¡El Elegido del cielo!... ¡El santo Profeta!...
¿No será tan sólo un impostor?
¿Qué?... ¿Un impostor?...
¡Justo cielo!
¡Que sobre su cabeza
estalle nuestro furor!
¡Castigo para él, castigo para él!
Que sobre su cabeza culpable... etc.

ANABAPTISTAS
¡Ah, esto no se puede tolerar... etc.
¡Entregadnos a la arpía!
¡Entregadnos... etc.

PUEBLO
¡El santo Profeta!...
¿Será un impostor?
¡Desdicha para él... etc.
Que sobre su cabeza culpable... etc.

(Jonás y los anabaptistas, que han rodeado a 
Fidès, levantan sus puñales sobre su cabeza.)

JUAN
¡Deteneos!

FIDÈS
(aparte, alegre)
¡Él me defiende!

JUAN
¡Que se respete su edad!
¿No veis que esta mujer 
está loca?

(Fidès indignada se aleja)

¡Sólo un milagro
podría devolverle la razón!

PUEBLO
(irónicamente)
¡Todo es posible para el Rey Profeta!
¡Todo es posible para el Hijo de Dios!

JUAN
Entonces...¡Que Dios me inspire!

(Juan avanza lentamente hacia Fidès)

Que la santa luz
descienda sobre tu frente y te ilumine.
¡Pobre insensata!

(a Fidès)

¡Mujer, de rodillas!

(Fidès hace un gesto de indignación, Juan se 
acerca a Fidès, extiende las manos sobre su 
cabeza y la fascina tanto con su mirada que 
involuntariamente ella cae de rodillas.)

JUAN
(con intención a Fidès)
¿Tú amabas a ese hijo
al cual me parezco?

FIDÈS
(emocionada)
¡Sí, lo amaba!

JUAN
¡Está bien!
Ahora levanta la vista hacia mí.

FIDÈS
(con voz temblorosa)
¡Dios mío! ¡Dios mío!

JUAN
(a la gente)
Y todos vosotros que me escucháis...
¡Desenvainad vuestras espadas!

(Todos desenvainan sus espadas y puñales)

FIDÈS
¡Ah, temo!

JUAN
¡Y bien!...
Si yo soy su hijo,
si yo os he engañado,
entonces, castigad al impostor...
¡Castigad al impostor!
¡Matadme!... ¡Aquí está mi pecho!
¡Matadme... etc.

(a una señal de Juan algunos anabaptistas le 
ponen la punta de sus puñales sobre el pecho.)

JUAN
(a Fidés)
¿Soy tu hijo?

CORO
¡Contesta!... ¡Contesta!

JUAN
¿Soy tu hijo?

CORO
¡Habla!

(Fidès, turbada, se levanta)

FIDÈS
(con voz entrecortada, pudiendo apenas hablar)
¡Ah…a vosotros…os he engañado!
¡Ése de allí no es mi hijo!
¡No, no!

(haciendo un esfuerzo)

¡No, no!
¡Ya no tengo ningún un hijo, ay!
¡Ya no tengo ningún hijo, ay!

CORO
¡Milagro! ¡Milagro del gran Profeta!
¡Milagro, milagro!

FIDÈS 
(aparte)
¡Oh, dolor!
¡Para salvarlo
es necesario que lo abandone!
¡Dios mío! ¡Vela por él!

CORO
¡Sublime espectáculo!
¡Milagro, milagro!

ANABAPTISTAS
(sahumado con incienso a Juan, que sale)
Domine, salvum fac!

CORO
¡Sublime espectáculo!
¡Sólo con su voz 
devuelve la razón!
¡Sólo con su voz
devuelve la razón y sana a los dementes!

FIDÈS
(para sí)
¿Y Berta?... ¡Cielos!... ¡Quería asesinarlo!
¡He de impedirlo!

(se precipita sobre los pasos de Juan. Los anabaptistas 
le presentan la punta de las lanzas y le impiden pasar. 
Ella ve a Juan que se aleja sin poder advertirle)

Acto V