DANZA MACABRA (1873)

(Danse Macabre)

Música de Camille Saint-Saëns (1835 - 1921)

Texto de Jean Lahor (Henri Cazalis) (1840 - 1909)

 

«Zig et zig et zig», la mort en cadence
Frappant une tombe avec son talon,
La mort à minuit joue un air de danse,
«Zig et zig et zag», sur son violon.

Le vent d'hiver souffle, et la nuit est sombre;
Des gémissements sortent des tilleuls;
Les squelettes blancs vont à travers l'ombre,                      
Courant et sautant sous leurs grands linceuls.

«Zig et zig et zig», chacun se trémousse,
On entend claquer les os des danseurs;
Un couple lascif s'asseoit sur la mousse,
Comme pour goûter d'anciennes douceurs.

«Zig et zig et zag», la mort continue
De racler sans fin son aigre instrument.
Un voile es tombé ! La danseuse est nue, 
son danseur la serre amoureusement.

La dame est, dit-on, marquise ou baronne,
Et le vert galant un pauvre charron;
Horreur! Et voilà qu'elle s'abandonne
Comme si le rustre était baron.

«Zig et zig et zig», quelle sarabande!
Quels cercles de morts se donnant la main!
«Zig et zig et zag», on voit dans la bande
Le roi gambader auprès du vilain.

Mais «psit» ! tout à coup on quitte la ronde,
On se pousse, on fuit, le coq a chanté.
Oh ! la belle nuit pour le pauvre monde.
Et vivent la mort et l'égalité !



"Zig y zig y zig", la cadenciosa muerte llama, 
con el talón de su pie, a una tumba.
La muerte, a media noche, 
baila, "Zig y sig y zag", sobre su violín.

El viento invernal sopla y la noche está sombría.
Se escuchan los gemidos de los tilos.
En la oscuridad se ve a los blancos esqueletos
correr y saltar bajo sus mortajas.

"Zig y zig y zig", cada uno temblequea.
Se oyen chasquear los huesos de los bailarines.
Una pareja lujuriosa se sienta sobre la hierba,
como para saborear antiguas delicias.

"Zig y zig y zag", la muerte continúa 
rascando sin fin sus agrios instrumentos.
¡El velo se cayó! La bailarina está desnuda, 
su bailarín la abraza amorosamente.

La dama es... marquesa o baronesa,
y el lozano galán un pobre mecánico.
¡Horror! Y he aquí, que ella se confía
como si el patán fuera un barón.

"Zig y zig y zig", ¡Qué zarabanda! 
¡Círculos de muertos que se dan las manos!
"Zig y zig y zag", se ve en la cuadrilla
al rey y a los villanos bailando juntos.

¡Pero "shhh"! De momento se acaba la reunión,
se apresuran, se van, el gallo ha cantado.
¡Oh, qué bella noche para el desgraciado mundo!
¡Que vivan la muerte y la igualdad!



Escaneado y traducido por:
Ricardo Sepúlveda Rodríguez 2004