CANTATA PROFANA "ORFEO" RCT.27 (1715 / 1720)

(Orphée)

Música de Jean-Philippe Rameau (1683 - 1764)

 

Récitatif                                                                                 
Par le charme vainqueur d’un chant harmonieux
Orphée à l’empire des ombres
Arrachait l’objet de ses vœux,
Et le fils de Vénus dans ces routes trop sombres
Conduisait son triomphe à l’éclat de ses feux.
Un plaisir seul manquait à ce mortel heureux:
Pluton par une loi bizarre
Avait jusqu’au pied du Ténare
Contraint ses regards amoureux,
Mais de jeunes amours une escorte riante
Essayait d’amuser son âme impatiente
Per les chants gracieux.

Air très gai
Que du bruit de tes hauts exploits
l’Univers toujours retentisse
Et qu’aux son vainqueurs de ta voix
Désormais la terre obéisse
L’Enfer en respecte les lois.

Elle a su réparer l’outrage
Que l’avait fait l’injuste sort,
Et l’avare sein de la mort
Te rend la beauté qui t’engage.

Que du bruit de tes haurs exploits, etc.

Récitatif
Mais son âme sensible à la seule Eurydice
Ne songe qu’au plaisir dont le terme est prochain.
Cessez, dir-il, cessez un éloge si vain.

Air gracieux
J’ai pour témoin de ma victoire
Les beaux yeux qui m’ont enflamme.
C’est le seul prix, la seule gloire
Dont mon cœur puisse être charmé.

Récitatif accompagné
A ce penseur flatteur, il s’émeut, il se trouble,
Il cède enfin au violent transport
De sa flamme qui se redouble.
Attends, fais sur ton cœur encore quelque efforts,
C’en est fait et ses yeux ont vu ceux d’Eurydice
Triste jouet de l’infernal caprice
Prête à quitter les sombres bords
Une barbare main la retient chez les morts.
En vain par de nouveaux accords
Ce malheureux époux croit attendrir Mégère,
Elle est sourd, et ce n’est qu’à l’enfant de Cythère
Qu’il fait entendre ainsi sa plainte et ses remords.

Air (Arioso)
Amour, Amour, c’est toi qui fait mon crime
C’est à toi de le réparer.
Des feux que tu sens m’inspirer
Ma chère épouse est la victime.
Amour, Amour, c’est toi qui fait mon crime
Vole aux Enfers le réparer.
Ah! Devaient-ils nous séparer
Pour un transport si légitime.
Amour, Amour, c’est toi qui fait mon crime
Ne saumurais-tu le réparer?

Récitatif
Inutiles regrets, à sa douleur mortelle
Tout l’abandonne sans retour.
Ce n’est plus qu’en quittant le jour
Qu’il peut rejoindre ce qu’il aime.

Air ai
En amour, il est un moment
Marqué pour notre récompense.
Si quelquefois par indolence
On échappe ce point charmant
Plus souvent encore un amant
Se perd par trop d’impatience.

De ses désirs impétueux
L’amant habile est toujours maître,
Il tâche avec soin de connaître
L’instant qui doit combler ses vœux.
Tel aujourd’hui serait heureux
S’il n’avait voulu trop tôt l’être.

En amour. Etc.



Recitativo
Con el encanto irresistible de su dulce armonía
Orfeo, al imperio de las sobras,
le arrebató el objeto de sus deseos.
Y el hijo de Venus, por los caminos infernales,
Acompañó su triunfo con luces brillantes.
Sólo un placer se le negó a este alegre mortal:
Plutón, por un decreto especial,
Había prohibido sus miradas amorosas
Hasta llegar al promontorio de Ténaro.
Una escolta de alegres cupidos
Trató de entretener su alma impaciente
Con aires graciosos

Aria, muy viva
La fama de tus grandes hazañas
En el Universo resuenan,
Y con el encanto de tu voz
La Tierra obedece
Y el Infierno respeta tus leyes.

Ella fue capaz de reparar el ultraje
Que hizo el injusto destino.
Y así, la avara muerte,
Se rinde a la belleza que te inflama.

La fama de tus grandes hazañas, etc.

Recitativo
Pero su alma, sensible únicamente a Eurídice,
Sólo sueña con el placer que pronto llegará.
Cesa, ruega, cesa con esta frívola diversión.

Aria, con gracia
Recuerdo, como prueba de mi triunfo,
Los hermosos ojos que me excitaban.
Esa es la única recompensa, la única gloria
Que puede calentar mi corazón

Recitativo acompañado
Un pensamiento lo traspasa, él se agita, tiembla,
y cede al fin a la violenta emoción
que alimenta la llama de su pasión.
¡Espera! ¡Que tu corazón haga un esfuerzo más!
Ya está hecho, sus ojos han visto los de Eurídice.
Triste juguete de los caprichos del Hades.
Próximos a salir de las sombras
Una bárbara mano la retiene entre los muertos.
En vano servirán nuevos acordes.
El desolado esposo cree suavizar a Megara.
Pero ella es sorda, sólo el hijo de Afrodita
Oirá sus lamentos y remordimientos.

Aria
¡Cupido, Cupido, tuya es la culpa de mi delito!
Es tu deber repararlo.
Con tanta pasión inflamaste mi corazón
Que mi esposa fue la víctima.
¡Cupido, Cupido, tuya es la culpa de mi delito!
Vuela al Infierno a reparar el daño.
¡Ah! ¿Por qué nos separan
Si nuestra pasión es legítima?
¡Cupido, Cupido, tuya es la culpa de mi delito!
¿No sabes cómo reparar el daño?

Recitativo
Son vanos los lamentos y su dolor mortal.
Abandonado, y sin poder regresar,
Sólo le queda esperar el día
En que se reencuentre con su amada.

Aria
En el amor, hay un momento
Marcado para nuestra recompensa,
Y a veces, por indolencia,
Se pierde esa experiencia encantadora.
Más a menudo todavía, un amante
Se pierde por ser demasiado impaciente.

De sus deseos impetuosos
El amante inteligente es siempre el amo.
Cuidadosamente trata de reconocer
El instante perfecto para cumplir sus deseos.
Tal día como hoy sería feliz, si él
No hubiera amado mucho y demasiado pronto.

En el amor... etc.



Traducido y Digitalizado por:
Gustavo Giordano 2011