ACTE II


(La scène représente un grand salon du
palais du Gouverneur. Une porte à droite 
et une autre à gauche. On entend dans la
salle voisine, par la porte de gauche, 
toute grande ouvert, un bruit de verres,
d'assiettes et de voix confuses. Un
domestique sort à la course de la salle du
festin, traverse la scène et ressort par la
porte opposée. Une autre paraît, exécutant
l'évolution contraire, et entre dans la salle
du festin. Le premier reparaît, portant une
grande fiasque de vin.)

Scène 1

VOIX DE LA SALLE DU FESTIN.
Du vin! du vin!

PREMIER DOMESTIQUE
Oui! Oui! On y va. 
Après le festin des maîtres, 
le festin des valets. 
Parce que c'est jour de noces, 
il faut que tout le monde ici fasse ripaille,
jusqu'aux soldats du général, 
jusqu'à ces chanteuses, 
jusqu'à cette canaille de musiciens 
que Monseigneur a voulu festoyer aussi! 

DEUXIÈME DOMESTIQUE
Va donc leur porter la dame-jeanne! 
Ils sont altérés comme 
les cendres de l'Etna.
Et cela ne suffira pas encore. 

PREMIER DOMESTIQUE
Je n'ai pas besoin de me presser. 
N'est-ce pas une hote 
qu'il nous faille servir de tels misérables? 

DEUXIÈME DOMESTIQUE
Des soudards!

PREMIER DOMESTIQUE
Des bohémiens!

DEUXIÈME DOMESTIQUE
Des gourgandines!

PREMIER DOMESTIQUE
Des jouers de flûte!

DEUXIÈME DOMESTIQUE
Oui, mais le Somarone 
de me le faire sentir... 
en un certain endroit. 

PREMIER DOMESTIQUE
Il a rué?

DEUXIÈME DOMESTIQUE
Ah! et de quelle force!...

PREMIER DOMESTIQUE
Le voilà qui brait maintenant! 
Allons, je vais le faire taire. 

VOIX DE LA SALLE
Du vin! 
De partons les diables, du vin! 
La Cave est donc vide? 

PREMIER DOMESTIQUE
(se précipitant avec sa fiasque 
vers la salle du festin.) 
Voilà, messeigneurs!

(l'autre) 

Reviens vite!

(Il entre, le 2e domestique sort à la course.) 

VOIX DE LA SALLE DU FESTIN
Te moques-tu, maraud! 
une bouteille! Il en faut dix! 

(Autres voix) 

Vingt!

(Autres voix) 

Cent! Alerte! Décampe!

(Le 1º domestique sort à la course de la
salle du banquet; au moment où le 2e entre
sur la scène par la porte opposée, portant
une fiasque énorme sur chaque bras.) 

PREMIER DOMESTIQUE
(tournant la tête du côté 
de la salle du festin) 
J'y vole, messeigneurs! 
J'y vole!

DEUXIÈME DOMESTIQUE
(tournant la tête de la porte par laquelle,
ilentre, et ayant l'air de répondre à 
quelque interlocuteur éloigné) 
Impossible! on ne peut pas se passer de moi. 

(Les deux domestiques se heurtent l'un
contre l'autres et tombent sur le théâtre.) 

PREMIER DOMESTIQUE
Butor!

DEUXIÈME DOMESTIQUE
Animal! 
Tu as failli me faire casser mes bouteilles.
Au diable les gens serviles! 
Quel besoin as-tu de te presser ainsi? 

PREMIER DOMESTIQUE
Eh! pardieu! 
ils ont le diable au corps, 
ils boivent à faire frémir, 
ils crient, ils chantent, 
ils vont faire improviser le Somarone. 

DEUXIÈME DOMESTIQUE
Je veux entendre cela.

(Il entre. L'autre sort du côté opposé.
Chants dans la salle voisine. Préludes 
de trompettes et de guitares, rumeurs 
de table.) 

Scène 2

SOMARONE
Je veux bien vous improviser quelque chose,
mais accompagnez-moi tous: 
vous, les chanteuses, avec vos guitares,
vous les soldats, avec vos trompettes, 
avec les tambourins, 
avec tous les instruments favoris 
de Mars et de Bacchus! 
ACTO II


(La escena representa el gran 
salón del palacio del gobernador. 
Una puerta a la derecha y
otra a la izquierda. Se oye en el 
salón vecino, por la puerta de la
izquierda, abierta de par en par,
ruido de vasos, platos y voces
confusas. De las puertas, 
atravesando la escena, entran y 
salen criados que llevan fuentes 
con manjares y jarras de vino a la
sala del festín)

Escena 1

VOCES EN EL SALÓN
¡Vino, vino!

CRIADO PRIMERO
¡Sí, sí! ¡Ya va!
Antes del banquete de los señores,
el festín de los criados.
Porque en los días de boda,
es preciso que todos se diviertan:
los soldados del general,
los cantantes,
y hasta esa canalla de músicos que
monseñor ha querido traer.

CRIADO SEGUNDO
¡Vé a llevarles la jarra! 
Están tan alterados como 
las cenizas del Etna.
No los hagas esperar.

CRIADO PRIMERO
No tengo necesidad de correr.
¿No es una vejación que tengamos 
que servir a esos miserables?

CRIADO SEGUNDO
¡A esa soldadesca!

CRIADO PRIMERO
¡A esos desarrapados!

CRIADO SEGUNDO
¡A esas busconas!

CRIADO PRIMERO
¡A esos sopladores de flauta!

CRIADO SEGUNDO
Sí, pero el Somarone 
me ha tocado en... 
cierto sitio.

CRIADO PRIMERO
¿Te ha coceado?

CRIADO SEGUNDO
¡Ah, y con qué fuerza!...

CRIADO PRIMERO
¡Allí está rebuznando!
Vamos, le haremos callar.

VOCES DESDE EL SALÓN
¡Vino! 
¡Por todos los diablos, traed vino!
¿Es que la bodega está vacía?

CRIADO PRIMERO
(corriendo con la jarra de vino 
hacia el salón del banquete)
¡Ya va, ya va, señores!

(comensales)

¡Vamos, rápido!

(el primer criado entra en el salón)

VOCES DESDE EL SALÓN
¡Te estás burlando, viejo tunante! 
¡Una sola botella! ¡Queremos diez!

(otros)

¡Veinte!

(otros)

¡Cien! ¡Vamos, lárgate!

(el primer criado sale del salón en el
momento en que entra en escena el
segundo criado, llevando con las dos
manos una enorme jarra de vino)

CRIADO PRIMERO
(volviéndose hacia 
el salón del festín)
¡Enseguida estoy allí, señores!
¡Enseguida!

CRIADO SEGUNDO
(volviendo la cabeza a la puerta 
por donde ha entrado, respondiendo
a algún interlocutor lejano)
¡Imposible! ¡No se puede pasar!

(los dos criados chocan entre 
sí, cayendo al suelo)

CRIADO PRIMERO
¡Bestia!

CRIADO SEGUNDO
¡Animal!
¡Me has tirado las botellas!
¡Al diablo con los lacayos!
¿Cómo es que tienes tanta prisa?

CRIADO PRIMERO
¡Por todos los dioses!
¡Ellos tienen el demonio en el cuerpo!
¡Beben hasta caer rendidos!
¡Gritan! ¡Cantan!
¡Quieren que el Somarone improvise!

CRIADO SEGUNDO
¡No me quiero perder eso!

(entra mientras el otro sale por 
el lado opuesto. Se oyen cantos,
guitarras y trompetas en el salón 
del banquete)

Escena 2

SOMARONE
¡Quisiera improvisar algo,
pero deberéis acompañarme 
con vuestros cantos y guitarras...
y vosotros, soldados con vuestras
trompetas y tambores!
¡Los instrumentos favoritos de 
Marte y Baco!

No. 9. Improvisation

SOMARONE
Le vin de Syracuse
Accuse
Une grande chaleur
Au coeur de notre île
De notre île
De Sicile,
Vive ce fameux vin
Si fin! 

LES CHORISTES
Vive ce fameux vin
Si fin!

SOMARONE
Mais la plus noble flamme

LES CHORISTES
¡Ah!

SOMARONE
Douce l'âme
Comme au coeur
Du buveur,
C'est la liqueur, c'est la liqueur, 
la liqueur vermeille
De la treille
Des coteaux de Marsala
Qui là! 

LES CHORISTES
Il a raison, et sacre éloquence
S'unit à la science du vrai buveur.
Honneur, honneur à l'improvisateur! 

SOMARONE, LES CHORISTES
Le vin de Syracuse, et

No. 9 bis - 2d Couplet 

VOIX DIVERSES
Bravo! bravo! 
voyons le second couplet.

SOMARONE
(entrant, en scène, suivi d'une 
partie du cheour.) 
Le second! ah, le second, 
je ne suis pas plus embarrassé 
que le premier...
Je vous en improviserais trente. 

VOIX DIVERSES
Non, non, c'est assez de deux! 
Allez Maestro! 
silence! silence donc! 

SOMARONE
Le vin... le vin...(Hum!) 
le vin fin de Syracuse...
le vin de Syracuse accuse...oui, 
certes... le vin de Syracuse...
le vin de Syracuse 

LES CHORISTES
Poète divin,
Ta muse
Abuse,
Tu le vois,
De notre patience.
Assez d'éloquence!
Rimeur aux abois, bois! 

SOMARONE, LES CHORISTES
Le vin de Syracuse, etc

(Le domestique entre avec 
son panier plein d'énormes bouteilles.) 

VOIX DIVERSES
Vive! vive! à la bonne heure! 
Voilà un garçon intelligent! 

SOMARONE
Portons le panier le panier dans le jardin, nous
y boirons au clair de lune. 

VOIX
Oui, oui, c'est une idée.. 
nous danserons la Saltarello. 

SOMARONE
Mais dansons et buvons vite, 
car l'heure de la cérémonie approche 
et nous devons tous 
nous y présenter décemment, 
s'il est possible. 

VOIX
Au jardin! au jardin!

(Ils sortent en chantant le refrain suivant.) 

SOMARONE, LES CHORISTES
Mais la plus noble flamme,
C'est le vin de Marsala qui l'a! 

Scène 3

No. 10. Air

BÉATRICE
(Elle entre, très agitée. Récit, sotto voce) 
Dieu! que viens-je d'entendre? 
qui viens-je d'entendre?
Je sens un feu secret,
Dans mon sein, se répandre,
Bénédict... se peut-il?
Bénédict m'aimerait?
Il m'en souvient, il m'en souvient, 
le jour du départ de l'armée,
Je ne pus m'expliquer
L'étranger sentiment, 
l'étranger sentiment de tristesse alarmée
Qui de mon coeur vint s'emparer.
Il part disais-je, il part, je reste!
Est-ce la gloire, est-ce mort
Que réserve le sort
A ce railleur que je déteste?
Des plus noires terreurs
La nuit suivante fut remplie...
Les Mores triomphaient, 
j'entendais leurs clameurs,
Des flots du sang chrétien;
a terre était rougie. 
En rêve je voyais Bénédict haletant.
Sous un monceau de morts, 
sans secours, expirant.
Je m'agitais sur ma brûlante couche.
Des cris d'effroi s'échappaient 
de ma bouche, 
des cris 'effroi s'échappaient de ma bouche. 
En m'éveillant, enfin, je ris de mon émoi.
Je ris de Bénédict, de moi,
De mes sottes alarmes...
Hélas! hélas ce rire était baigné de larmes.
Il m'en souvient, il m'en souvient, etc

(avec explosion) 

Oui, Bénédict, je t'aime! 
je t'aime
Je ne m'appartiens plus, 
je ne suis plus moi-même...
je ne suis plus moi-même.
Sois mon vainqueur,
Dompte mon coeur!
Viens, viens, déjà ce coeur sauvage vole,
vole au-devant de l'esclavage! 
Oui Bénédict! 
Je t'aime! je t'aime, je t'aime, je t'aime, etc
Adieu, ma frivole gaîté! adieu, ma liberté,
Adieu dédains, adieu folies,
Adieu, mordantes raille ries!
Béatrice, à son tour,
Tombe victime de l'amour!
Tombe victime, tombe victime de l'amour!
Tombe victime, tombe victime, 
tombe victime de l'amour! 
tombe victime de l'amour! 

Nº 9 - Improvisación

SOMARONE
El vino de Siracusa
causa
un gran calor
en el corazón
de nuestra isla...
de Sicilia.
¡Viva ese famoso vino,
tan fino!

CORO
¡Viva ese famoso vino,
tan fino!

SOMARONE
Pero la más noble llama...

CORO
¡Ah!

SOMARONE
... dulce tanto al alma
como al corazón
del bebedor
es el licor,
es el licor rojizo
de la parra
de las tierras de Marsala...
¡De allá!

CORO
Así es, y su elocuencia se ha unido 
a la ciencia del verdadero bebedor.
¡Honor, honor al improvisador!

SOMARONE, CORO
El vino de Siracusa, etc.

Nº 9 bis - 2º Tonadilla

ALGUNOS
¡Bravo, bravo! 
¡Oigamos la segunda canción!

SOMARONE
(entra escena seguido por 
parte del coro)
¡La segunda, ah, la segunda canción!
No me costará más trabajo 
que la primera...
¡Puedo improvisar treinta!

CORO
¡No, nos conformamos con dos!
¡Vamos maestro!...
¡Silencio, silencio!

SOMARONE
¡El vino!... ¡el vino!... Uhm...
El vino...fino de Siracusa,
el vino de Siracusa acusa...
Sí, cierto... el vino de Siracusa...
¡El vino de Siracusa!

CORO
Poeta divino,
tu musa abusa,
ya lo ves,
de nuestra paciencia.
¡Basta de elocuencia!
¡Coplero desesperado!
¡Bebe!

SOMARONE, CORO
El vino de Siracusa, etc.

(los criados entran con enormes 
botellas de vino)

CORO
¡Viva! ¡Viva!
¡Vivan los muchachos inteligentes!

SOMARONE
¡Llevemos las botellas al jardín!...
¡Beberemos a la luz de la luna!

CORO
¡Sí, sí, es una gran idea!...
¡Bailaremos el Saltarello!

SOMARONE
Pero bebamos y bailemos rápido
que la hora de la ceremonia se acerca
y debemos presentarnos allí
decentemente...
Si es posible...

CORO
¡Al jardín! ¡Al jardín!

(salen cantando lo siguiente:)

SOMARONE, CORO
¡La más noble llama 
es la del vino de Marsala!

Escena 3

Nº 10 - Aria

BEATRIZ
(entra agitada y dice en voz baja:)
¡Dios! ¿Qué acabo de escuchar?
Siento un fuego secreto
que por mi seno se derrama.
¡Benedicto!... ¿Podría ser él?...
¿Benedicto me amará?
De él me acordé
el día que partió el ejército.
No puedo explicarme
el extraño sentimiento 
de tristeza alarmada
que de mi corazón vino a apoderarse.
Él se marcha, decía yo, 
él se marcha, yo me quedo.
¿Será la gloria, será la muerte
lo que reserva la suerte
a ese bromista al que detesto?
De los mas negros terrores
la noche siguiente se llenó...
Los moros triunfaban,
yo escuchaba sus clamores.
Ríos de sangre cristiana 
enrojecían la tierra.
En sueños veía a Benedicto jadeante,
bajo los muertos... expirando.
Me agité sobre mi ardiente lecho.
Gritos de terror 
se escapaban de mi boca.
Gritos de terror 
se escapaban de mi boca.
Y al despertar me reí de mi inquietud;
de Benedicto, de mis temores
Pero ¡ay! esa risa estaba 
bañada de lágrimas.
De él me acordé, etc.

(con energía)

¡Sí, Benedicto, te amo, te amo!
¡Te amo!
Ya no me pertenezco...
Ya no soy yo misma,
ya no soy yo misma...
Eres mi vencedor.
¡Doma mi corazón!
¡Ven, ven! ya este corazón salvaje
va al encuentro de la esclavitud.
Sí, Benedicto, yo te amo, etc.
¡Adiós a mi frívola alegría!
¡Adiós a mi libertad!
¡Adiós, desdenes, adiós, locuras!
¡Adiós, mordaces burlas!
A Beatriz le llegó su hora...
¡Cae víctima del amor!
¡Del amor!
¡Cae víctima!
¡Cae víctima del amor!
¡Cae víctima del amor!

Scène 4

HÉRO
(entrant de gauche) 
Qu'as-tu donc, Béatrice? 
Quelle agitation! 
Je ne te vis jamais ainsi. 

BÉATRICE
Moi?... je... rien!

HÉRO
Allons! tu auras vu Bénédict, je gage. 
Tu ne peux le rencontrer 
sans te laisser aller à des accès de colère qui,
pardonne à ma franchise! 
semblent peu dignes de toi. 

URSULE
Et qu'il est si loin de mériter!

HÉRO
Ursule a raison. 
Le caractère de Bénédict est bien changé. 
Il ne parle maintenant de toi qu'avec des
expressions qui t'étonneraient fort...
Mais tu le hais à un point...

BÉATRICE
Assez, cousine!

HÉRO
C'est pourtant un brave et charmant
gentilhomme. 

URSULE
Plus à plaindre qu'a blâmer.

BÉATRICE
Si vous continuez, je vous guitte.

HÉRO
Allons! taisons-nous! 
Mais je te voudrais voir devenir 
plus humaine. 
Je suis si heureuse...

No. 11. Trio

HÉRO
Je vais, d'un coeur aimant,
Etre la joie et le honneur suprême.
Mon cher Claudio m'aime,
Et mon époux restera mon amant...
et mon époux restera mon amant, 
restera mon amant. 

HÉRO, URSULE
Je vais, d'un coeur aimant,
Etre la joie et le honneur suprême.
Mon cher Claudio l'aime,
Et son époux restera son amant...
et son époux restera son amant, 
restera son amant. 

BÉATRICE
(tendrement) 
Tu vas, d'un coeur aimant,
Etre la joie et le bonheur suprême.
Ton cher Claudio t'aime 
Et ton époux restera ton amant...

HÉRO, URSULE
(à part et regardant Béatrice) 
Quelle douceur!
Quel changement!

URSULE
(animez) 
Et quoi! madame, un seul moment,
A ces deux coeurs, porteriez vous envie?
Et cette liberté, charme de votre vie, 
charme de votre vie,
Pourriez-vous la donner 
pour un époux amant? 

BÉATRICE
(animez) 
Un amant! un époux! à moi! de l'esclavage,
Traîner la chaîne en frémissant!
Ah! jamais mieux, dans un couvent,
Voir se flétrir la fleur de mon bel âge
Sous le cilice et le noir vêtement. 

HÉRO
Certes, belle cousine,
A ton coeur fier l'hymen serait fatal!
Et si, d'un cavalier que ta taille divine,
Tes traits si beaux, 
ton esprit sans égal,
Auraient forcé de te rendre les armes,
Les yeux, pour toi, fondaient en larmes. 

HÉRO, URSULE
Ne va [N'allez] pas, un jour.
D'un tendre retour, d'un tendre retour
Payer son amour! 

BÉATRICE
Je me moque, chère cousine.
De tous ces paladins à la mine assassine,
Ne crains pas que, pour eux, 
je faiblisse à mon tour!
Non, non, le plus vaillant 
m'eût rendu les armes.
Je rirais de ses larmes,
Et d'un tendre retour
On ne me verrait pas 
payer son fol amour. 

URSULE
(animez un peu) 
Dans le mariage, 
hélas! l'habitude,
Spectre à l'oeil il éteint,
Où l'ennui se peint,
Amène trop souvent d'égouts et lassitude,
Et tardifs remords! 

HÉRO
(un poco agitato) 
Et bientôt après, c'est la jalousie, 
Ce monstre aux yeux verts,
Vomi des enfers, 

HÉRO, URSULE
Qui vient empoisonner 
une innocente vie
Par d'affreux transports! 

HÉRO
(animez encore) 
ah! si Claudio... ciel! un tel outrage! 
devant, pour moi, se refroidir! 

BÉATRICE
Ah! j'en mourrais de rage!

HÉRO
Pour une autre me fuir!


BÉATRICE
J'en perdrais la raison...

HÉRO
Etre par lui trompée!

BÉATRICE
Ah! ah! le fer! le poison!

HÉRO
Délaissée!

Escena 4

HERO
(entra por la izquierda)
¿Qué te sucede Beatriz?
¿Por qué esa agitación?
¡Nunca te había visto así!

BEATRIZ
¿A mí?... ¡Nada!

HERO
Habrás visto a Benedicto, supongo.
No puedes encontrártelo 
sin dejarte llevar por la cólera que, 
perdona mi franqueza,
parece poco digna de ti.

ÚRSULA
¡Y que él no merece!

HERO
¡Úrsula tiene razón!
Benedicto ha cambiado de carácter.
No habla ahora mas que de ti con
expresiones asombrosamente fuertes..
Pero tú lo has colocado en su sitio...

BEATRIZ
¡Basta, prima!

HERO
Él es un valeroso y encantador
gentilhombre.

ÚRSULA
Da más lástima que reprobación.

BEATRIZ
Si continuáis así, yo os dejo.

HERO
¡Vamos, callémosnos!
Pero me gustaría que te comportaras
de una manera más humana. 
Yo soy tan feliz...

Nº 11 - Trío

HERO
Yo quiero de un corazón amante
ser la alegría y felicidad supremas:
mi querido Claudio me ama,
y mi esposo será mi amante...
y mi esposo será mi amante,
será mi amante.

HERO, ÚRSULA
Yo quiero de un corazón amante
ser la alegría y felicidad supremas:
Su querido Claudio la ama,
y su esposo será su amante...
y su esposo será su amante,
será su amante.

BEATRIZ
(con ternura)
Tú quieres de un corazón amante
ser la alegría y felicidad supremas:
tu querido Claudio te ama...
Y tu esposo será tu amante...

HERO, ÚRSULA
(a parte y mirando a Beatriz)
¡Qué dulzura!
¡Qué cambio!

ÚRSULA
(con vivacidad)
¿Y eso? Señora, ¿un solo momento
a esos dos corazones 
no podríais envidiar?
Y la libertad, encanto de vuestra vida,
¿no la podríais sacrificar 
por un esposo amante?

BEATRIZ
(con vivacidad)
¿Un amante? ¿un esposo? ¿para mí?
¿Y llevar la cadena de la esclavitud?
Antes preferiría ver marchitar en un
convento la flor de mi bella edad
bajo el cilicio y los negros hábitos.

HERO
¡Cierto, bella prima, para tu orgulloso
corazón el himeneo seria fatal!...
¿Pero y si un caballero, 
por tu figura divina,
tus bellos rasgos, tu espíritu sin igual,
se rindiera a ti 
y sus ojos fundiera en lágrimas?

HERO, ÚRSULA
¿No será ni por un día,
con un tierno cambio,
pagado su amor?

BEATRIZ
Me burlo, querida prima.
Todos esos paladines 
tienen cara de asesinos.
No pienses que por ellos 
yo ceda ni por un momento.
No, no, el más valiente 
puede rendirme sus armas,
y yo me reiré de sus lágrimas,
y no me verá nunca
pagar su loco amor.

ÚRSULA
(vivamente)
En el matrimonio, 
¡fíjate! la costumbre,
espectro con mirada apagada,
donde el enojo se pinta,
¡gusta muy a menudo de disgustos,
y tardíos remordimientos!

HERO
(agitada)
Y, a pesar de todo, son los celos,
ese monstruo de ojos verdes,
nacido del infierno...

HERO, ÚRSULA
...quienes vienen a emponzoñar 
un inocente camino
entre espantosos arrebatos.

HERO
(animada)
¡Ah! Si Claudio...¡Cielos, qué pienso!
Si su amor por mí se enfriara...

BEATRIZ
¡Ah, me moriría de rabia!

HERO
...¡y huyera de mí con otra!

BEATRIZ
Perdería la razón.

HERO
Ser por él engañada...

BEATRIZ
¡Ah!

HERO
¡Abandonada!

HÉRO, URSULE
(Eclatant de rire) 
Ha! ha! ha! ha! ha! ha!

HÉRO
Ha! ha! ha!
Lionne en furie!
Quoi! la jalousie
Aurait sur tes sens
Un pareil empire?
Mais, j'ai voulu rire.
Non, non, non, je le sens, 
non, je le sens. 
Je vais, d'un coeur aimant.
Etre la joie et le bonheur suprême, etc

BÉATRICE URSULE
Héro, d'un coeur aimant,
Sera la joie et le bonheur suprême.
Son cher Claudio l'aime, etc.

Scène 5

HÉRO
On nous attend, chère Ursule! 
nous avons à peine le temps 
d'achever ma parure. 
Viens-tu, Béatrice? 

BÉATRICE
Je vous suis.

(Elle tombe sur un banc, absorbée par 
ses pensées. Elle écoute le choeur suivant
avec une émotion croissante.) 

Scène 6

No. 12. Choeur 
(Lointain)

LA CHORISTE 
(sans bassi)
Viens, viens, de l'hyménée
Victime fortunée!
Viens charmer tous les yeux,
Viens parer tes cheveux
De la fleur virginale!
La pompe nuptiale la pompe nuptiale
Se préparer, l'époux attend;
Le sourire des cieux descend.
Viens, viens, l'heureux époux attend.
Viens, viens, l'heureux époux attend, 
Viens, viens, l'heureux époux attend.
Viens, viens, l'heureux époux attends,
Viens, viens, l'heureux époux attends. 

(A la fin du choeur, Béatrice, qui avait 
le visage caché dans ses mains, se lève 
par un mouvement brusque et, se dirigeant
vivement vers une des coulisses de gauche,
y rencontre Bénédict qui en sort.) 

Scène 7

BÉATRICE
(apercevant Bénédict) 
Ciel!

BÉNÉDICT
(apercevant Béatrice) 
Ah!

(Ils restent un instant interdits.) 

Madame!

BÉATRICE
Seigneur!

BÉNÉDICT
On vous cherche...

BÉATRICE
Vous me cherchiez?

BÉNÉDICT
Je n'ai pas dit cela...
les convives du gouverneur 
s'étonnent de votre absence. 

BÉATRICE
Je pense bien qu'ils s'étonnent peu 
de la vôtre. 
On sait que vous êtes toujours 
où vous ne devriez pas être. 

BÉNÉDICT
Où je ne devrais pas être?...
Mais pourquoi ne serais-je pas ici? 

BÉATRICE
Pourquoi y êtes-vous? 
Que me voulez-vous? 
Je ne puis faire un pas sans vous rencontrer.
Vous êtes mon ombre. Vous me poursuivez.
Vous m'obsédez! 

BÉNÉDICT
Que ne puis-je être plus que votre ombre, 
et ne pas vous quitter davantage!...
je vous jure...

BÉATRICE
Je vous jure que votre raillerie 
est tout à fait déplacée et fort inutile, 
car je comprends, 
je devine le vrai sens de toutes vos paroles...
Vous royez... 
me rendre ridicule, 
et faire croire... 
aux gens...
que je vous crois...
mais n'en croyez rien. 

(à part) 

Ah! mon Dieu! 
je ne sais plus ce que je dis. 

(haut) 

Le ridicule est à moi, 
oui, je m'en sers pour fustiger 
les gens qui me déplaisent. 

BÉNÉDICT
(à part) 
Qu'elle est belle!

BÉATRICE
Et vous êtes de ceux-là.

(à part) 

Je suis brutale.

BÉNÉDICT
Madame!

BÉATRICE
Je vous déteste. 

(à part) 

Pauvre malheureux!

BÉNÉDICT
Calmez-vous, madame!

BÉATRICE
Je vous exècre.

HERO, ÚRSULA
(se echan a reír)
¡Ja, ja, ja, ja, ja, ja!

HERO
¡Ja, ja, ja! 
¡Leona furiosa!
¿Cómo? ¿los celos
tienen en tu seno
tal imperio?
Pero yo querría reírme.
No, lo siento...
Lo siento.
Quiero de un corazón amante
ser la alegría y bondad supremas, etc.

BEATRIZ, ÚRSULA
Hero, con un corazón amante,
será la alegría y bondad supremas.
Su querido Claudio la ama, etc.

Escena 5

HERO
¡Nos esperan, querida Úrsula!
Apenas tenemos tiempo 
de preparar mis aderezos.
¿Vienes, Beatriz?

BEATRIZ
Os sigo.

(se sienta sobre un banco, 
pensativa. Escucha el coro que 
sigue con emoción creciente)

Escena 6

Nº 12 - Coro
(fuera de escena)

CORO
(sin bajos)
¡Ven! ¡Ven!
¡Del himeneo
víctima afortunada!
¡Ven a deleitar todos los ojos,
ven a adornar tus cabellos
con la flor virginal!
La pompa nupcial se prepara...
el esposo te espera.
La sonrisa de los cielos desciende.
¡Ven! ¡ven! 
¡El alegre esposo te espera!
¡Ven! ¡ven! 
¡El alegre esposo te espera!

(cuando el coro termina, Beatriz 
que tenía la cara entre las manos, 
se levanta con un brusco movimiento
y se dirige hacia la izquierda
encontrándose con Benedicto)

Escena 7

BEATRIZ
(viendo a Benedicto)
¡Cielos!

BENEDICTO
(viendo a Beatriz)
¡Ah!...

(quedan frente a frente)

¡Señora!...

BEATRIZ
¡Señor!...

BENEDICTO
Os buscaba...

BEATRIZ
¿Me buscabais?

BENEDICTO
Os quería decir que...
¡Que los invitados del gobernador 
se extrañan de vuestra ausencia!

BEATRIZ
Pienso que más bien se extrañarán 
de la vuestra.
Se dice que vos siempre estáis
donde no debíais estar.

BENEDICTO
¿Dónde no debo estar?
Pero... ¿Por qué no debería estar aquí?

BEATRIZ
¿Y por qué no allí?
¿Qué deseáis?
¡No puedo dar un paso sin vos!
¡Sois mi sombra! ¡Me perseguís!
¡Os detesto!

BENEDICTO
¿Qué soy vuestra sombra?...
¿Qué os persigo?...
Yo os juro que...

BEATRIZ
Pues yo os juro que toda esta broma
es deplorable y del todo inútil.
Os he comprendido,
he adivinado el verdadero sentido 
de todas vuestras palabras...
Os habéis reído... 
me dejáis en ridículo...
y habéis hecho creer a la gente...
que yo os he creído...
¡Pero no me he creído nada!

(a parte)

¡Dios mío,
no sé lo que estoy diciendo!

(en voz alta)

He hecho el ridículo, sí,
pero me he valido de ello para poder
fustigar a la gente que aborrezco.

BENEDICTO
(para sí)
¡Qué bella es!

BEATRIZ
¿Qué hacéis aquí?

(para sí)

Soy brutal.

BENEDICTO
¡Señora!

BEATRIZ
¡Os detesto!

(para sí)

¡Pobre desgraciado!

BENEDICTO
¡Calmaos, señora!

BEATRIZ
¡Os odio!

BÉNÉDICT
Je ne puis dire...

BÉATRICE
(éclatant en sanglots) 
Mais que me voulez-vous?

BÉNÉDICT
(très ému) 
Je... ne... puis... dire que...
je vous aie jamais aimée...

BÉATRICE
(riant aux éclats) 
Ah! ah! ah! Je l'espère bien.

BÉNÉDICT
Mais si...

BÉATRICE
Quoi?

BÉNÉDICT
Si... je pouvais trouver en vous 
quelque indulgence...
jamais un coeur...

BÉATRICE
Allez!... Allez donc! 
La rime est: constance. 
Décochez-moi! un madrigal! 
Vous en êtes capable, 
vous êtes poète Ah! ah! ah! 

BÉNÉDICT
(attendri) 
Si je ne suis pas poète, 
je veux tâcher de le devenir 
pour mériter au moins vos railleries; 
je souffre trop de vous voir injuste. 

BÉATRICE
(à part) 
Comme il m'aime

(haut) 

A la bonne heure! 
Mais, par grâce, laissez-moi enfin! 
Je... je...

BÉNÉDICT
Je me retire...
pardonnez si j'ai troublé votre solitude. 

(à part) 

Quel amour! 
Son âme est bouleversée!
Adorable femme! 

BÉATRICE
(contenant à peine un 
nouvel accès de larmes) 
Mais, partez donc! Allons! 
voici les fiancés maintenant! 
Le gouverneur, le Général, 
tous les invités!
Où me cacher? 

(Elle s'essuie les yeux et veut se 
sauver vers le fond. Léonato l'arrête.) 

Scène 8

LÉONATO
(ramenant Béatrice) 
Restez, ma chère nièce! 
et vous, Bénédict, 
pouvez-vous quitter ma fille 
en un pareil moment? 

No. 13. Marche Nuptiale 

TOUS
Dieu qui guidas nos bras 
pour chasser l'infidèle,
Préside à cet heureux moment!
Ange du chaste hymen, 
viens prendre sous ton aile
Ce couple amoureux et charmant!
Il réunit beauté, jeunesse [tendresse],
Comble de tes faveurs
Ces deux nobles coeurs, 

HÉRO, CLAUDIO
Dieu qui guidas nos bras, etc

TOUS
Dieu! qui guidas nos bras, etc

LES FEMMES
Il réunit beauté, jeunesse.

HÉRO
Dieu de l'amour, de la jeunesse,

LES HOMMES
Il réunit beauté, jeunesse [tendresse], 

CLAUDIO
Dieu de l'amour, de la jeunesse,

BÉATRICE, URSULE
Comble de tes faveurs 
ces deux nobles coeurs,
Dieu qui guidas nos bras 
pour chasser l'infidèle!
Ange du chaste hymen, 
viens prendre sous ton aile
Ce couple amoureux 
ce couple amoureux et charmant! 
ce couple amoureux et charmant! 

HÉRO
Comble de tes faveurs 
deux fidèles coeurs,
Un couple amoureux 
un couple amoureux et constant! 
Viens, viens! 

BÉNÉDICT, DON PEDRO
Comble de tes faveurs 
ces deux nobles coeurs,
Dieu qui guidas, 
qui guidas nos bras pour chasser l'infidèle, 
Ange de chaste hymen, 
viens prendre sous ton aile
Ce couple amoureux 
ce couple amoureux et charmant! 
ce couple amoureux et charmant! 

CLAUDIO
Deux fidèles coeurs,
Ce couple amoureux 
ce couple amoureux et constant, 
viens, viens! 

LES CHORISTES
Comble de tes faveurs
Ces deux nobles coeurs,
Dieu qui guidas nos bras 
pour chasser l'infidèle
Ange du chaste hymen, 
viens prendre sous ton aile
Ce couple amoureux 
ce couple amoureux et charmant! 
viens, viens! 

BENEDICTO
Os quisiera decir...

BEATRIZ
(sollozando)
¿Pero qué queréis decirme?

BENEDICTO
(emocionado)
Yo... no... os quiero decir que...
¡Que nunca os he amado!...

BEATRIZ
(riendo)
¡Ja, ja, ja! ¡Lo esperaba!

BENEDICTO
Pero si...

BEATRIZ
¿Qué?

BENEDICTO
Si... yo pudiera encontrar en vos
alguna compasión...
Nunca un corazón...

BEATRIZ
¡Vamos! ¡Vamos pues!
¡La rima es perfecta!
¡Recitadme un madrigal!
¡Vos sois capaz de ello,
sois un poeta ¡Ja, ja, ja!...

BENEDICTO
(enternecido)
Si no soy un poeta,
trataré de serlo en el futuro para
merecer, al menos, vuestra burla.
Me duele demasiado vuestra injusticia.

BEATRIZ
(para sí)
¡Cómo me ama!

(en voz alta)

¡A buenas horas!
Pero, por favor, ¡dejadme!
Yo... yo...

BENEDICTO
Me voy... Perdonadme 
si he interrumpido vuestra soledad.

(para sí)

¡Cuánto amor!
¡Su alma está conmovida!
¡Mujer adorable!

BEATRIZ
(conteniendo un nuevo 
acceso de lágrimas)
¡Marcharos! Pero...
¡Aquí llegan los esposos!
¡El gobernador, el general, 
los invitados!
¿Dónde me escondo?

(se seca los ojos y quiere irse 
hacia el fondo. Leonato la detiene)

Escena 8

LEONATO
(trayendo de nuevo a Beatriz)
¡Quedaos, querida sobrina!
Y vos, Benedicto,
¿podéis dejar a mi hija 
en un momento así?

Nº 13 - Marcha Nupcial

TODOS
¡Dios que guiaste nuestro brazo 
para capturar al infiel,
preside este alegre momento!
¡Ángel del casto himeneo, 
ven a tomar bajo tus alas
a esta pareja amorosa y encantadora!
¡Derrama belleza y juventud,
colma con tus favores
a dos fieles corazones!

HERO, CLAUDIO
¡Dios que guiaste nuestro brazo, etc

TODOS
¡Dios que guiaste nuestro brazo, etc

DAMAS
¡Derrama belleza y juventud!

HERO
¡Dios del amor y de la juventud!

HOMBRES
¡Derrama belleza y juventud!

CLAUDIO
¡Dios del amor y de la juventud!

BEATRIZ, ÚRSULA
Colma con tus favores
a estos dos nobles corazones.
¡Dios que guiaste nuestros brazos
para capturar al infiel!
¡Ángel del casto himeneo, 
ven a tomar bajo tus alas
a esta pareja amorosa
a esta pareja amorosa y encantadora!
¡Amorosa y encantadora!

HERO
Colma con tus favores
a estos dos nobles corazones.
Una pareja amorosa
¡una pareja amorosa y encantadora!
¡Ven, ven!

BENEDICTO , DON PEDRO
Colma con tus favores
a estos dos nobles corazones.
¡Dios que guiaste nuestros brazos
para capturar al infiel!
¡Ángel del casto himeneo, 
ven a tomar bajo tus alas
a esta pareja amorosa
a esta pareja amorosa y encantadora!
¡Amorosa y encantadora!

CLAUDIO
Dos nobles corazones.
¡Una pareja amorosa
un pareja amorosa y encantadora!
¡Ven, ven!

CORO
Colma con tus favores
a estos dos nobles corazones.
¡Dios que guiaste nuestros brazos
para capturar al infiel!
¡Ángel del casto himeneo, 
ven a tomar bajo tus alas
a esta pareja amorosa
a esta pareja amorosa y encantadora!
¡Ven, ven!

 LÉONATO
(au tabellion) 
Tout est-il prêt?

LE TABELLION
Oui, monseigneur. 
Cet acte est en bonne forme, 
il n'y manque plus que la signature. 

DON PEDRO
Approchez, Claudio!

(Claudio signe) 

A vous, charmante Héro!

(Héro signe à son tour.) 

(Prenant la plume et la passant 
ensuite aux seigneurs siciliens.) 

A nous maintenant, 
à nous les joyeux témoins! 

LE TABELLION
(tirant un autre papier de son portefeuille) 
Voici le second contrat. 
Où sont les fiancés? 

LÉONATO
(avec une feinte surprise) 
Le second?

DON PEDRO
(de même) 
Qui encore se marie donc ici?

LE TABELLION
Oui. J'ai été requis pour préparer 
un deuxième contrat; 
le voici. 

LÉONATO
Ah çà! il faut pourtant 
trouver les fiancés! 

(à l'assistance) 

Qui se sentirait ici la fantaisie de me marier? 

(Bénédict fait un mouvement, 
Léonato l'arrêtant) 

Oh! je ne parle pas pour vous, on sait bien...

BÉNÉDICT
(s'élançant vers Béatrice) 
M'aimez-vous?

BÉATRICE
Non, pas plus que de raison.

BÉNÉDICT
Il faut alors que votre oncle, 
le Général et Claudio 
aient été induits en erreur, 
car ils m'ont juré que vous m'aimez. 

BÉATRICE
M'aimez-vous?

BÉNÉDICT
Non, pas plus que de raison.

BÉATRICE
Il faut alors que ma cousine et Ursule
se soient étrangement trompées, car 
elles m'ont juré que vous m'aimez. 

BÉNÉDICT
Ils juraient que vous m'aimiez 
à en perdre la tête. 

BÉATRICE
Elles juraient que vous 
mouriez d'amour pour moi. 

BÉNÉDICT
Il n'en était rien. 
Vous ne m'aimez donc pas? 

BÉATRICE
Non, vraiment, 
je ne vous aime que d'amitié. 

LÉONATO
Allons, ma nièce, j'ai la certitude que vous
l'aimerez. 

CLAUDIO
(tirant un papier de sa poche) 
Et moi, je ferais le serment 
qu'il est amoureux d'elle, 
car voici un papier écrit 
au crayon de sa main; 
je l'ai trouvé tout à l'heure 
sur un banc du jardin. 
C'est le commencement d'un sonnet 
sorti de son cerveau 
et destiné à Béatrice. 

HÉRO
(en tirant un autre) 
Et en voici un autre tombé, 
ce matin, de la poche de ma cousine; 
il est de son écriture et contient 
des réflexions sur Bénédict, 
qui prouvent qu'elle était au moins 
fort préoccupée 
de ce gentilhomme. 

BÉNÉDICT
Miracle! 
Voilà nos mains qui déposent 
contre nos coeurs! 

(à Béatrice) 

Allons, je veux bien que vous prends, 
c'est par compassion. 

BÉATRICE
(tendant la main à Bénédict) 
Je ne veux pas vous refuser; 
mais je vous jure que c'est bien malgré moi. 
Ce que j'en fais n'est que 
pour vous sauver la vie, 
car on m'a dit que vous étiez 
sur le point de rouir de consomption. 

BÉNÉDICT
Silence je vous coupe la parole.

(Il l'embrasse.) 

DON PEDRO
Eh bien, Bénédict?

BÉNÉDICT
(l'interrompant) 
Voulez-vous que je vous dise?...
Un collège tout entier 
de faiseurs d'épigrammes 
ne me ferait pas changer d'idée; 
croyez-vous que je me soucie 
d'une satire ou d'un sarcasme? 
Non, celui qui s'inquiète des propos 
d'autrui n'osera jamais rien faire 
qui ait le sens commun; bref, 
j'ai résolu de me marier, 
et tout ce qu'on peut dire à l'encontre 
m'est parfaitement indifférent; 
vous auriez donc tort 
de rétorquer contre moi 
mon propre langage, 
car l'homme est une créature changeante, 
et c'est par là que je conclus. 

(Il va signer le contrat. Béatrice 
et les témoins signent ensuite.) 

DON PEDRO
Bravo, l'orateur!

TOUS
Bravo! Bravo!

CLAUDIO
(à la cantonade) 
Entrez, vous autres!

 LEONATO
(al escribano)
¿Está todo preparado?

ESCRIBANO
Sí, monseñor. 
El contrato está preparado,
sólo faltan las firmas.

DON PEDRO
¡Acercaos, Claudio!

(Claudio firma)

Ahora vos, querida Hero.

(Hero firma)

(pasan la pluma a los 
testigos sicilianos)

¡Ahora que firmen 
los testigos!

ESCRIBANO
(mostrando otro papel)
Aquí está el segundo contrato.
¿Dónde están los prometidos?

LEONATO
(con sorpresa)
¿El segundo?

DON PEDRO
(con sorpresa)
¿Quién más se casa?...

ESCRIBANO
Sí. Me han contratado 
para celebrar un segundo matrimonio.
¡Aquí está!

LEONATO
¡Ah, será necesario, por tanto,
encontrar unos nuevos prometidos!

(a los asistentes)

¿Quién de vosotros querría casarse?

(Benedicto hace ademán de un gesto, 
Leonato lo detiene)

¡Oh, yo no lo digo por ti, lo sé bien!

BENEDICTO
(acercándose a Beatriz)
¿Me amáis? 

BEATRIZ
No, no veo ninguna razón.

BENEDICTO
Es posible, quizás, que vuestro tío,
el general y Claudio,
hayan caído en un error pues,
me han jurado que vos me amabais.

BEATRIZ
¿Vos me amáis?

BENEDICTO
No veo ninguna razón.

BEATRIZ
Es posible que mi prima y Úrsula
hayan caído en un error, pues ellas
me han jurado que vos me amabais.

BENEDICTO
Ellos juraron que vos 
perdíais la cabeza por mí.

BEATRIZ
Ellas juraron que vos 
estabais loco de amor por mí.

BENEDICTO
No tiene importancia.
¿Entonces vos no me amáis?

BEATRIZ
Desde luego que no, 
sólo os tengo afecto.

LEONATO
Entonces, sobrina, estoy seguro 
de que llegarás a amarle.

CLAUDIO
(sacando un papel de su bolsillo)
Yo puedo jurar que él 
está enamorado de ella,
he aquí un papel 
escrito por su propia mano;
lo he encontrado 
sobre un banco del jardín.
Es el comienzo de un soneto
nacido de su corazón 
y destinado a Beatriz

HERO
(Sacando otro papel)
Y aquí tenéis otro, tomado 
esta mañana del bolsillo de mi prima,
y que contiene sus reflexiones
sobre Benedicto...
Lo que demuestra que, al menos ella,
se preocupa mucho 
por este gentilhombre.

BENEDICTO
¡Milagro!
¡Nuestras manos se revelan 
contra nuestros corazones!

(a Beatriz)

Quisiera que me aceptarais
aunque fuera por compasión.

BEATRIZ
(tendiéndole la mano)
No os quiero rechazar;
pero oso juro que lo hago a pesar mío.
Si os acepto es 
por salvaros la vida,
pues me han dicho que estabais 
a punto de morir de consunción.

BENEDICTO
¡Os tomo la palabra!

(la abraza)

DON PEDRO
¿Y bien?...

BENEDICTO
(interrumpiéndolo)
¿Y qué queréis que os diga?...
Una colección completa 
de epigramas falsos,
no me harían cambiar de idea.
¿Creéis que me preocupan
las burlas y los sarcasmos?...
No, aunque todos estén en contra.
Sólo haré lo que me dicta 
mi sentido común, 
en una palabra: casarme.
Todo lo que se pueda decir en contra,
me es completamente indiferente.
Os equivocaríais 
si volvierais contra mí
mis propias palabras,
pues el hombre es un ser cambiante...
¡Y eso es todo lo que tengo que decir!

(firma el contrato. Beatriz y los
testigos lo hacen a continuación)

DON PEDRO
¡Bien dicho!

TODOS
¡Bravo, bravo!

CLAUDIO
(al coro)
¡Adelante!

Scène 9

(Somarone entre, suivi de ses musiciens et
de quatre choristes portant chacun au bout
d'un bâton un écriteau retourné. Les quatre
porteurs d'écriteaux se rangent à côté les
uns des autres, vers le milieu du théâtre.
Somarone fait signe aux musiciens de
commencer.) 

No. 14. Enseigne 

HÉRO, URSULE, DON PEDRO
CLAUDIO, CHOEUR
Ici... l'on voit... Bénédict...
L'homme marié, l'homme marié! 

BÉNÉDICT
Oui, oui, oui, oui, l'homme marié, 
et très heureux de l'être. 

No. 15. - Duettino 

BÉNÉDICT
L'amour est un flambeau,

BÉATRICE
L'amour est une flamme,

BÉNÉDICT
Un feu follet qui vient 
on ne sait d'où, 

BÉATRICE, BÉNÉDICT
Qui brille et disparaît,

BÉATRICE
... pour égarer notre âme,

BÉNÉDICT
Attire à lui le sot 
et le rend fou.

BÉATRICE,BÉNÉDICT
Folie, après tout, 
vaut mieux que sottise 
Adorons-nous donc, 
adorons-nous donc et quoiqu'on endise, 
Un instant soyons fous, 
un instant soyons fous!
Aimons-nous!
Je sens, à ce malheur, ma fierté résignée; 
Sûrs de nous haïr, 
donnons-nous la main...
Oui, pour aujourd'hui, oui, 
pour aujourd'hui la trêve est signée:
Nous rediviendrons ennemis demain...
nous redeviendrons ennemis demain! 

HÉRO, URSULE, CLAUDIO
DON PEDRO, CHOEUR
Demain! Demain!




Escena 9

(Somarone entra seguido de sus
músicos y de cuatro ayudantes 
que llevan, cada uno, un palo con 
un letrero vuelto. Los cuatro se
detienen, uno al lado de otro, en 
el centro de la escena. Somarone
ordena comenzar)

Nº 14 - Moraleja

HERO, ÚRSULA, DON PEDRO
CLAUDIO, CORO
¡Aquí está Benedicto, 
el hombre casado!

BENEDICTO
¡Sí, sí, sí, el hombre casado 
y bien dichoso por serlo!

Nº 15 - Dúo

BENEDICTO
El amor es una antorcha... 

BEATRIZ
El amor es una llama...

BENEDICTO
Un fuego alegre que viene 
no se sabe de dónde...

BEATRIZ, BENEDICTO
Que brilla y desaparece...

BEATRIZ
...para extraviar nuestra alma...

BENEDICTO
...atrayendo hacia él a los bobos 
y volviéndolos locos.

BEATRIZ, BENEDICTO
La locura, después de todo, 
es mejor que la tontería.
¡Adorémonos pues, 
y, como todos dicen,
por un instante seamos locos!
¡Amémonos!
Siento ante este infortunio,
mi orgullo resignado.
¡seguros de nuestro odio, 
démonos la mano!
Sí, al menos por hoy,
la tregua está firmada;
¡ya volveremos a ser enemigos
mañana!

HERO, ÚRSULA, CLAUDIO
DON PEDRO, CORO
¡Mañana, mañana!



Escaneado y Traducido por:
Josep Francesc Pertusa 2000